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Le martyre d'Hirzel Lévy


Dimanche, 04-Fév-2018
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trefle
 

Un fait divers cruel qui rappelle l'affaire Calas a endeuillé l'Alsace sous Louis XV, cette histoire montre l'ambiance de l'époque, et la lutte des lumières contre les ténèbres. Après le martyre d'Hirzel Lévy, assassiné par la un petit juge antisémite, la justice du Roi finira, mais un peu tard par réagir... le juge assassin fut condamné à un blâme   !   

Le siècle des lumières n'avait pas attendu 1789 pour s'imposer, dans les milieux judiciaires royaux, qui vivaient à des années lumières des sinistres juges locaux.

L'avancée de la justice et du droit a été possible grâce à un pouvoir central et à une autorité souhaitant imposer les grands principes du droit. Il ne faut jamais laisser les plein pouvoirs à des baronies locales.

 

         Le 31 décembre 1754 expirait sur l' échafaud, à Colmar (Alsace), un juif de Wedelsheim, nommé Hirtzel Lévi, victime innocente d'une erreur judiciaire où l'intolérance religieuse a la plus grande part.

Il y a prés de Colmar un petit village du nom de Hauzen (aujourd'hui Houssen), qui faisait alors partie, du bailliage de Ribeaupierre aujourd'hui Ribeauvillé) 

Le lundi 25 kaslev (nuit du 9 au 10 décembre 1754) un attentat y fut commis, dans la maison de la veuve d'un ancien prévôt de cet endroit, nommée Madeleine Kafin (Kaufin). 

Cette veuve prétendit qu'entre onze  heures et minuit des malfaiteurs avaient pénétré dans sa maison, et lui avaient volé  «douze louis dans la chambre d'en bas, et en haut cinquante louis, avec un louis d'Espagne et argent blanc, le tout montant à environ 3,000 livres, sans compter le métal et autres effets. », comme du porc fumé suspendu dans la cheminée de la Cuisine suivant la méthode alsacienne fumer les viandes.

Il n'y avait dans la maison qu'une servante, Catherine Strutmann. Au bruit qu'elle fit, tout le village se réveilla et le fils de Madeleine, qui remplissait les fonctions de prévôt, envoya des paysans dans toutes les directions, mais ils ne trouvèrent absolument aucune trace des coupables.

L'émotion fut grande, parmi la population chrétienne  d'Alsace, lorsqu'elle apprit ce crime et qu'elle sut qu'on en accusait les Juifs. On en trouve la trace dans les  chroniques du temps  La nouvelle du crime se répandit dans les villages, et pendant les veillées du mois de Décembre, il s'en faisait des récits accompagnés de  toutes sortes de circonstances étranges. 

On racontait que la veuve du prévôt, interrogée le lendemain par son fils, disait que les malfaiteurs étaient au nombre  de quatre, qu'ils avaient eu la figure masquée ou bar bouillée de couleurs, et qu'ils l'avaient cruellement torturée, même brûlée entre les jambes avec un fer rouge pour lui faire dire où elle cachait son argent. Dans tous les cas la veuve accusait des Juifs  d'avoir commis le crime. Elle disait (ou on disait)' que les malfaiteurs avaient parlé entre eux le jargon judéo - allemand usité en Alsace et que, de plus, l'un d'eux tenait à la main un de ces grands couteaux qui servent. selon les rites juifs, à l'abattage du bétail.

Dès le lendemain, le dix décembre, sur la réquisition du fils de la veuve, le bailli de Ribeaupierre, et le procureur fiscal se rendirent à Hauzen, pour examiner l'affaire sur les lieux. On reproche au bailli d'avoir logé et mangé chez le fils de la plaignante...

Il résulte du procès-verbal du cavalier de la maréchausée que Madeleine accusait du crime les trois juifs suivants : Hirzel Lévi de Vedelsheilm, Meueliek Lévy de Wedelsheim, Moyse Lang de Ribeauvillé.

  Lorsque le mardi 26 Kislev (10 décembre) on vint arrêter Hirtzel, on ne le trava point, et on se borna à mettre les scellés sur ses effets...   Hirzel était à ce moment à Sierentz près de Bâle, ne se doutant pas de la terrible accusation qui pesait sur lui.  Il s'y était rendu pour voir sa soeur quiy demeurait, et lui apporter ses condoléances à l'occasion de la perte d'une fille mariée.

Il avait choisi cette époque parce que c'était la fête de Hanouca, fête qui dure huit jours et où les Juifs se donnaient quelques vacances. «Mais cette joie fut changée en deuil»  ...   Un exprès fut envoyé à Sierentz par les amis de Hirzel, quoi que personne ne pût croire qu'il courut un danger sérieux tant sa renommée était bonne. Il aurait pu s'enfuir en Suisse, il y aurait été en deux heures, ouà la frontière du Rhin distante d'une demie  heure, mais il avait la conscience en repos, et ilsemble, en outre qu'à un grand sentiment de sa dignité, il joignit celui de sa responsabilité envors ses co-accusés et envers le judaïsme tout entier.

..Fort de son innocence, il se rendit à Wedelsheim le premier jour de Roch Hodesh Tébeth (dimanche 15 décembre), en compagnie de son beau frère, Isaac Dreyfuss, et le soir même il se présenta devant le prévôt de cet endroit...

Suite... ici   

Juif de Rosheim en 1755

 

Pour se rendre à la Cour, solliciter la révision du procès contre Hirzel Lévy, Menkeh Lévy et Moyse Lang, le Préposé Général Lehmann Netter de Rosheim a revêtu l'habit de cour. 
Dans le Shul'han Aroukh il est admis qu'un juif est autorisé à s'habiller comme les non-juifs et à porter une perruque, lorsqu'il se trouve en présence du souverain.

 

 
 

L'auteur :  Isidore Loeb

Isidore Loeb était le fils du rabbin Seligmann Loeb de Sultzmatt (Haut Rhin) où il est né le premier novembre 1839, il est mort à Paris le 3 juin 1892.

Il fut élève au collège de Rouffach et au Lycée de Colmar, comme moi même, mais il l'ignora toute sa vie. 
Était-il  mon parent ?     Il possèdait le même nom et prénom que  mon arrière grand père, qui était son contemporain (1848-1908), mais il n'était pas quincaillier. 

Il  enseignait l'histoire la littérature juive à l'école rabbinique, et fut fondateur de la bibliothèque de l'Alliance Israélite

Il a écrit de nombreux articles et a publié des livres, en particulier sur l'histoire des juifs d'Espagne  ou la controverse sur le Talmud sous Saint Louis, sur la littérature des pauvres dans la bible etc..