Mivy décoiffe, car il est fait par un chauve

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Derière mise à jour 31-Aoû-2020
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Violence et racisme

Des violence policières meurtrières ont scandalisé l'opinion, les soupçons de racisme ont jeté dans la rue des foules aux États Unis, en France et ailleurs, jetant la lumière sur la difficile situation des noirs, en mal de reconnaissance et d'histoire, et victimes de préjugés, tandis que les policiers ballotés entre l'exigence des contraires ont du mal à contenir leur rancoeur.

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Revue de presse

Il existe aux États Unis comme en France, une population stigmatisée, dont certains membres agissent souvent en marge de la légalité, et dont la police se méfie. Aux États Unis ils sont souvent noirs, métis, ou latinos, en France africains, du Nord ou du Sud. Les prisons en sont pleines. Il existe des cercles vicieux de  délinquance, c'est par ce que je me sens exclu, stigmatisé que je déteste ceux que je considère comme dominants, et je ne respecte pas leurs lois. Pour cela, la police se méfie des gens comme moi, se montre méfiante, et me traite à priori, sans me connaître, comme une personne mauvaise et dangereuse. Ce qui augmente mon sentiment d'injustice et ma défiance.

Aux Etats Unis, la mort de Georges Floyds met le feu aux poudres

Georges Floyd, était un noir américain, déjà connu des services de polices, âgé de 26 ans, en  2009, il avait plaidé coupable pour "vol à main armée" et avait été condamné à cinq ans de prison. Lors d'un cambriolage en bande, commis en 2007, l'enquête judiciaire a déterminé qu'il avait pointé un pistolet sur la victime.  Il n'avait pas de métier, et  étudiait pour devenir chauffeur routier. Il était un "doux géant", un basketteur de talent qui aurait pu faire une brillante carrière professionnelle. Il aimait la musique, était rappeur.

Pour gagner sa vie, il était aussi videur dans une boîte de nuit, il a travaillé dansl e même bar de Derek Chauvin, le policier qui l'a tué. Mais ils ne se sont pas connus. Il était en chômage, à cause du Covid-19, le bar a du fermer.

Était-il si bien rentré dans l'ordre social ?   peut être pas, car le 25 mai, il achète des cigarettes avec un faux billet de 20 $, et quand les employés s'en rendent compte, il courent à la voiture où Georges Floyd s'est enfermé, ils lui demandent de rendre les cigarettes, mais il refuse, et a l'air absent, et bien alcoolisé. Alors ils appellent la police, une voiture arrive, puis deux, puis trois, Georges Floyd refuse de monter dans le véhicule de police se disant claustrophobe, il fini par être immobilisé sur le sol, par un policier qui l'immobilise en l'étranglant littéralement...  devant les caméras, au bout de six minutes, les policiers se rendent compte que Georges ne va pas bien, ils appellent une ambulance, mais Derek Chauvin malgré les appels de détresse, et les supplications des témoins refusent de lâcher son emprise. Georges Floyd meurt; Derek Chauvin est inculpé d'homicide involontaire, et suite aux émeutes provoquées par l'émotion, il sera jugé pour homicide volontaire.

En France, l'onde de choc rappelle la mort d'Adama Traoré

En France les comités Adama profitent de l'émotion populaire et manifestent à mêlant Adama Traoré et Georges Floyd

Adama Traoré est un petit délinquant, il est mort en 2016, il n'avait que24 ans. Il était connu de la police pour « recel, violences, violences volontaires sur agent de la force publique ». Mais aussi « extorsion avec violences, menaces de mort, outrage, conduite sans permis, usage de stupéfiants, vol à la roulotte, vol de véhicule avec violences ». Soit 17 inscriptions au fichier de traitement des antécédents judiciaires (TAJ), ce qui lui a valu deux séjours en prison. Lors de son second séjour, de décembre 2015 à mai 2016, il est même accusé de viol par son codétenu… qui sera en représailles passé à tabac par le frère d’Adama, Yacouba Traoré.

Assa Traoré, la sœur d'Adama, est la passionaria qui défend la mémoire de son frère  de toute la force de sa conviction. Selon elle, le 19 juillet 2016, c'était l'anniversaire d'Adama. « Il a envie de faire un tour de vélo… Il met une chemise à fleurs, un bermuda, un bob, et il va se balader. Quand il arrive dans le centre-ville de Beaumont, il voit Bagui, mon petit frère, se faire interpeller par la police sur une terrasse de café. Malheureusement, ce jour-là, Adama n’a pas son bouclier, son gilet pare-balles, ce qui aurait pu lui sauver la vie : une pièce d'identité. » (Bagui était recherché par la police il sera condamné en avril 2018 à 30 mois ferme de prison pour extorsion de fonds contre une femme vulnérable)

Adama prend peur, et se sauve, interpellé après une course poursuite, il fait semblant de chercher ses papiers et se sauve  !   à nouveau rattrapé, il est menotté, c'est alors qu'un individu intervient, violente le militaire qui se retrouve à terre, Adama en profite pour se sauver à nouveau, il est retrouvé  « enroulé dans un drap, par terre à côté d’un canapé ». Les gendarmes se jettent sur lui et s'aperçoivent qu'il n'est plus menotté. À trois, ils le maîtrisent en effectuant un plaquage ventral. Ils sont trois à la manoeuvre, trois sur Adama, dans des positions qui font litige, toujours est-il qu'il est emmené à la gendarmerie de Persan, il est allongé par terre, et ne réagit plus, on appellera les secours, qui tenteront de le ranimer en vain, trop tard, Adama Traoré est mort.

De quoi est-il mort exactement ?  Des expertises contradictoires ont eu lieu, mais juste après la mort d’Adama Traore dans la cour de la Gendarmerie, les enquêteurs découvrent un début d’explication à sa fuite. Il porte sur lui 1300 euros et un sachet de cannabis.  Tous les rapports commandés par la justice montrent que les policiers sont innocents, et tous les rapports commandés par Assa Traoré montrent qu'Adama est mort étouffé par la police. Un rapport d’autopsie révèlera qu’Adama était sous l’emprise du cannabis lorsqu’il est mort.

En Israël une autre affaire a mis en cause la violence policière

Iyad Hallak était un jeune homme de 32 ans, sans histoire, il souffrait d'autisme, il rendait dans son centre spécialisé, à Jérusalem Est, près de la porte des Lions accompagné par son éducatrice. La porte est régulièrement gardée, car des nationalises arabes y commettent de temps en temps des attentats.  Un garde frontière a demandé à Iyad de s'arrêter, étant autiste, il ne s'est même pas rendu compte de ce qui se passait, et a continué son chemin, la garde a eu peur et a tiré, Iyad est mort sur le coup.

Les manifestations de protestation aux Etats Unis

La mort de Georges Floyd a duré huit minutes et a été intégralement filmée, puis diffusée à travers tous les réseaux sociaux du monde. Ce fut une onde de choc très violente. La colère s'est enflammé, lorsqu'on a appris que les policiers responsables de la mort de Georges Floyd ne seraient inculpés que d'homicide involontaire.

Des manifestations et des pillages ont eu lieu un peu partout aux États Unis, avec le slogan "Black Lives Matter" => Les vies noires comptent dénoncer le racisme et lesviolences policières.  Les premières manifestations contre les violences policières furent elles même violentes, accompagnées de pillages et d'incendies, y compris de synagogues.

Devant la colère populaire, la justice a inculpé les policiers d'homicide volontaire.

Alors aux États Unis, les manifestations se sont policées, et la société civile a fait de gros efforts pour montrer aux noirs qu'ils n'étaient pas seuls. Mis en cause pour leur violence et leur racisme après la mort de George Floyd à Minneapolis, des policiers de plusieurs villes des Etats-Unis ont apporté leur soutien aux manifestants en posant un genou à terre. Le geste, initié en 2016 par le footballeur américain Colin Kaepernick, est devenu un symbole de la protestation contre les violences policières envers les Noirs.

 

Sur Youtube, un film de France24, on voit la fraternisation aux États Unis entre les policiers et les manifestants noirs. J'ai sur les commentaires sur le film, ils sont plus de cinq cent. Ceux qui ont jugé utile de s'exprimer étaient surtout des noirs, qui donnaient leur sentiment, devant l'attitude de regret des forces de l'ordre. Beaucoup apprécient le geste des policiers et y voient un signe d'espoir, une preuve d'humanité, d'autres aussi nombreux pensent que ce n'est que de la com', une  fois les photos finies, les violences policières recommenceront, mais quelques uns, heureusement, ultra minoritaires vont beaucoup plus loin, aussi je vous laisse déguster cette profession de foi, sans en changer l'orthographe :

" ... la démocratie ses un système hiérarchique , tout les humain sont égaux! on doit détruire ce système , on peut vivre sans être esclave, on serait beaucoup plus en sécurité sans mafia dans les parage, ses pas comme si la police avait vraiment une utilité ! ses même un crime d’être policier ! car vouloir dominé et être supérieur au autre est une mauvaise valeur qui peut devenir un crime si réalisé ! je crois que cette guerre est la plus justifié depuis moise qui a séparé la mer en 2 pour libéré le peuple de l'esclavage des pharaon il y a 4000 ans, ses même la seul depuis 4000 ans qui a vraiment une raison d’être! ... tout les humain n'en sont pas conscient on peut pas tout remettre en question et se posé des question sur tout mais normalement un humain sa remet sa vie en question en permanence ... les policier on eu assez de temps pour remettre leur vie en question. et donc ils ne peuvent pas jouer l’innocence , tout les policier mérite d’être mis a mort, pour crime et trahison envers l'humanité! vous avez beau mettre un genou a terre si vous démissionné pas sa veut rien dire ! tout ce que sa pourrait vouloir dire ses que vous nous menacer de nous étouffée avec un genou "

A Paris aussi on a manifesté.

A l'appel du collectif "La vérité pour Adama" , une grande manifestation a réuni à Paris une foule contre le racisme et la violence policière. La France a un rapport ambiguë avec sa police, conspuée par les gilets jaunes, applaudie quand elle protège contre le terrorisme. Après des années d’un militantisme souvent confiné à la banlieue, le collectif Adama s’est imposé comme le fer de lance de la lutte contre les violences policières. Son discours s’est politisé et élargi, de la dénonciation de violences policières à celle d’un « racisme systémique », trouvant un écho puissant après la mort de George Floyd, qui a suscité une vague d’indignation planétaire.

"Le Monde" décrit la manifestation "Dans la foule, de nombreux jeunes étaient vêtus d’un tee-shirt noir floqué de la demande portée depuis quatre ans par la famille Traoré : « Justice pour Adama ». Des pancartes proclamaient : « Criminalisez les racistes, pas les jeunes » ; « We can change the world and make it a better place (N. Mandela) » (« on peut changer le monde et le rendre meilleur ») ; « Le racisme s’apprend, l’antiracisme aussi » ; « Je ne veux plus avoir peur » ; « L’homme noir n’est pas un animal » ; « Stop au permis de tuer »…

Il faut dire que pendant le confinement du au COVID, les noirs et les nord- africains, auraient eu parait-il vingt fois plus de chance de se faire contrôler par la police que les autres résidents.

Un soupçon d'antisémitisme ?

Parmi les manifestants, il y avait les inévitables antisionistes, ils défilaient avec le drapeau palestinien, et avaient comme slogan, que les policiers assassins étaient formés par Israël, laissant sous entendre que la violence policière aux USA, en France, contre les noirs ou les gilets jaunes était une initiative israélienne qui aurait enseigné la méthode violente. On y a vu un adhésion aux théories du complot sioniste, successeur du complot juif dont Hitler s'est servi pour justifier ses crimes. D'autres manifestants on également condamné la mort d'Iyad Hallak, un  jeune autiste palestinien, victime d'un garde frontière israélien à la gachette trop facile. Etait-ce un crime raciste ?  en tout cas, il est bien victime d'une police, qui comme les autres utilise parfois la force de façon disproportionnée.

Des militants «identitaires» ont hissé une grande pancarte en haut d'un immeuble pour dénoncer le racisme anti blanc des noirs, et des manifestants les ont insulté en les traitant de « sales juifs ! »


Les organisateurs n'avaient pas prévu ce slogan  !  et l'ont soit nié, soit condamné, alors que la police a porté plainte contre les anti racistes pour injure raciale.

En fait, c'était moins ou plus grave, dans certaines banlieues, juif est devenu une insulte générique, comme PD. On va insulter une personne qu'on aime pas en la traitant de "sale PD ! ", ou de "sale juif ! "  sans que pour autant on soit vraiment ni homophobe, ni antisémite.

Vers une purification de l'histoire

Les militants de la communauté noire, aux États Unis comme en France se sont emparé de la mort dramatique de Georges Floyd et d'Adama Traoré pour mettre en avant les discriminations dont ils se sentent victimes.

Ils trouvent scandaleux qu'on érige des statues pour des personnages racistes voir esclavagistes. On a demandé à retirer la statue de marchands d'esclaves notoires en France ou en Grande Bretagne. Aux États Unison s'est attaqué à Georges Washington, lui même escalvagiste, mais aussi à Abraham Lincoln qui pourtant avait combattu pour supprimer l'esclavage.

Les tagueurs et iconoclastes s'en sont pris aussi au Général de Gaulle qui fut peint en jaune, à Wiston Churchill coloré en rouge, et à Colbert, le grand ministre de Louis XIV, car il avait commandé le "code noir" qui régissait l'esclavage. (Ce code était aussi antisémite, vu qu'il interdisait la présence juive aux colonies).

En Martinique, Des manifestants anti-héritage colonial ont fait tomber  des sculptures Victor Schœlcher l'homme qui a décrété l’abolition de l’esclavage. Relayée sur les réseaux sociaux, la vidéo de la chute de ces statues, réalisée par les activistes eux-mêmes, qui se présentent comme antibéké et anti-héritage colonial, a provoqué une vague d’indignation. Des militants veulent interdire des films cultes comme "Autant en Emporte le vent", car ce film, plein de bons sentiments montre les sudistes et l'esclavage sous un jour bienveillant.

Tous ces événements et ces réactions mettent en évidence le grand malaise de deux populations, d'une part la police qui est chargée de maintenir l'ordre, et qui se trouve régulièrement agressée, insultée par des voyous comme la famille Traoré par exemple. Ils ont l'interdiction d'agir et de ne pas agir, il n'y a rien de plus stressant, et le nombre de suicide dans la profession est important. A un tel point qu'un manifestant a osé afficher ce slogan "Suicidez vous ! " . Face à leur exaspération, à la mise à l'honneur de repris de justice, au fait que les voyous se concentrent dans les quartiers sensibles, là où vivent les immigrés et les noirs, les idées racistes pénètrent dans ces milieux. On dit que si des élections se présentaient demain, la moitié des policiers voteraient "Rassemblement National".

D'un autre côté, les populations noires souffrent d'une très mauvaise image, parmi eux, on ne met à l'honneur que des sportifs, et quelques rares acteurs ou musiciens. Les téléfilms récents mettent bien quelques noirs dans des fonctions enviables comme juge, professeur, mais la réalité n'est pas là. Les noirs sont plus souvent vigiles dans les super marché que professeurs de médecine. L'incapacité des pays africains à décoller économiquement est ressenti comme un affront supplémentaire. Le racisme est la chose la mieux partagée du monde, et certains noirs trouvent dans le repli communautaire et dans le rejet de tout ce qui est blanc un moyen d'exorciser leur mal être. L'attaque iconoclaste contre Shoelsher en est le plus bel exemple, certaines personnes ne peuvent accepter qu'un blanc se soit battu pour leur libération, pour eux la fin de l'esclavage n'est due qu'au combat des esclaves, il n'y a de statue en l'honneur de Romain, l'esclave qui  a battu le tambour de la révolte.

J'ai l'impression que les dirigeants l'ont bien compris, mais que leur tâche est immense, en attendant, la police doit être réconfortée, rassurée, aimée c'est indispensable si on veut éviter les tentations de défoulement. Les noirs doivent combattre le racisme qui nait au sein de leur communauté, tout en continuant le combat pour améliorer leur image.

Notre société doit être fraternelle, nous sommes tous différents, et nous avons tous besoin les uns des autres. Combattre le racisme, n'est pas nier les différences, c'est les accepter et les aimer, c'est aussi ne pas juger son prochain sans le connaître.

En un mot, il y a du pain sur la planche.

Michel Lévy