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Dernière mise à jour
12-Jan-2026
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Le Vénézuéla fut un pays très riche grâce au pétrole, ses réserves seraient les plus importantes au monde suivi de peu par l'Arabie Saoudite. (300 md de barils, et 267 md pour l'Arabie) contre 36 pour les États Unis.
Le pays est en crise depuis de années. En 2013, au décès d'Hugo Chavez, le prédécesseur, de Nicolás Maduro, j'avais résumé sur Mivy son bilan très mitigé, qui hélas n'a fait que s'aggraver.
Source : Grand Continent
Depuis plus de deux décennies, le Venezuela s’enfonce dans une crise multidimensionnelle mêlant effondrement économique, autoritarisme politique et criminalisation progressive de l’État.
L'économie a tenu le choc sous Hugo Chavez, qui n'a pas été prévoyant. Le pétrole représentait jusqu'à 90 % des recettes de l'état, et rien n'avait été fait pour la diversification.
Le pays s'était fortement endetté vis à vis de la Russie et surtout de la Chine, en signant des contrats pétrole contre prêts. La Chine a acheté 80 % de la production du Vénézuéla. Le Vénézuéla est donc dépendant de la Chine son principal créancier. Il a du mal à payer ses dettes, ce qui accentue sa fragilité.
La production de pétrole a chuté des deux tiers en raison des sanctions internationales, et de la corruption. Le Vénézuéla est assis sur la plus grande réserve mondiale de pétrole. Mais il est extra lourd, donc, il sert plus pour la chimie que comme carburant. De qualité moindre il est difficile à extraire. Pour tout arranger, le pétrole du Vénézuéla contient plein en soufre (jusqu’à 3-5 %) ce qui le classe comme "acide", avec pour conséquence la dégradation des infrastructures d'exploitation, si elles ne sont pas entretenues. Et elles l’ont très peu été ces dernières années.
La misère, le manque d'espoir ont fait fuir énormément de Vénézuéliens. L'office des Migrations de l'ONU estime actuellement à près de 7,9 millions le nombre de Vénézuéliens vivant à l’étranger, dont 85 % sont répartis dans 17 pays d’Amérique latine et des Caraïbes, contre seulement 700 000 en 2015.
Donald Trump a été très violent dans ses accusations contre Nicolás Maduro

Le Vénézuéla n'est pas un pays producteur de drogues. Ces dernières sont cultivées surtout en Colombie, et souvent transformer au Vénézuéla pour être exportées surtout vers l'Europe mais aussi vers les USA.
L'Armée de libération nationale colombienne (ELN), active depuis les années 1960, s'est alliée à des membres corrompus des forces armées vénézuéliennes dans plusieurs États frontaliers, selon Francisco Daza et Jorge Mantilla.
Aujourd'hui, l'ELN est devenue la principale force armée dans de vastes zones le long de la frontière, disputant le contrôle d'un corridor stratégique pour la drogue et d'autres activités illicites, comme l'exploitation minière illégale, avec des dissidents des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) et, selon certains rapports, avec le plus puissant groupe criminel colombien, le Clan del Golfo. Depuis 2020, Nicolas Maduro était accusé par les autorités américaines, d'être à la tête du "Cartel de los Soles", qui qui organiserait le trafic international de drogue avec l’appui de responsables de l’État vénézuélien. Mais cette accusation a été abandonnée.. Contrairement aux grands cartels colombiens ou mexicains, le "Cartel de los Soles" n’a jamais été identifié comme une organisation structurée, dotée d’un chef unique ou d’une hiérarchie clairement établie.
La crise américano-vénézuélienne de 2025-2026 débute par le déploiement naval des États-Unis dans les Caraïbes en 2025. Il survient à partir de la fin du mois d' août 2025 lorsque les États-Unis entament un renforcement naval dans le sud des Caraïbes dans le but déclaré de lutter contre le trafic de drogue. Début septembre 2025, les forces armées américaines affirment avoir frappé un "bateau transportant de la drogue" qui venait de quitter le Venezuela, tuant 11 "narcoterroristes", selon Donald Trump. Les nombreuses attaques contre des bateaux supposés appartenir aux cartels de la drogue ont fait près de 120 victimes au large du Vénézuéla ou du pacifique près de la Colombie.
La dirigeante de l'opposition vénézuélienne María Corina Machado, qui vit dans la clandestinité, estime pour sa part qu'il "reste peu de temps avant que le Venezuela soit libre... Chaque jour qui passe renforce l'étau que les démocrates occidentaux ont imposé au cartel narcoterroriste qui continue d'occuper le siège du gouvernement vénézuélien"
Samedi 3 janvier 2026, les États-Unis affirment avoir capturé et exfiltré le président vénézuélien Nicolas Maduro, après avoir visé la capitale. Les relations diplomatiques sont rompues depuis 2019 entre Washington et Caracas : les États-Unis ne reconnaissent plus Nicolas Maduro comme dirigeant légitime et n'hésitent pas à sanctionner économiquement le pays.
Ce fut une opération militaire préparée longtemps à l'avance, et exécutée efficacement, Nicola Maduro était protégé par des centaines de gardes du corps, dont beaucoup de cubains lourdement armés, et lui-même résidait dans une forteresse. Sans perdre un seul homme les soldats US ont quasiment éliminé tous ceux qui lui résistaient, et on a emmené le président et son épouse aux USA afin de les juger.
Selon le New-York Post, les États-Unis ont utilisé une arme mystérieuse lors du raid visant à capturer Nicolás Maduro, laissant des soldats vénézuéliens ensanglantés et pris de vomissements, « Nous avons tous commencé à saigner du nez. Certains vomissaient du sang. Nous sommes tombés à terre, incapables de bouger. Nous ne pouvions même plus nous relever après l'utilisation de cette arme sonique, ou quoi que ce soit d'autre ». Il s'agirait d'armes soniques, des sons insupportables, mettant hors de combat les ennemis sans qu'une balle ne soit tirée.
La légalité de l'intervention
Le Président Nicolas Maduro a pris le pouvoir illégalement en truquant les élections. Il cause des dégâts considérables à sa population qu'il pousse à l'exil. Il cause des dommages à ses voisins en les surchargeant de réfugiés, et participe à empoisonner le monde en ayant des relations troubles avec le trafic de drogue.
Donald Trump pense qu'il a la force de rétablir l'ordre. Il se permet de violer la souveraineté du Vénézuéla. Qui a nommé Trump juge ou policier ? Pourquoi pas laisser Poutine ou Xi Jinping ?
La gauche fustige cette intervention, alors qu'elle milite pour des actions contre le gouvernement israélien actuel, élu démocratiquement, mais dont les actions vont à l'encontre du droit international. Elle souhaite la violation de la souveraineté des uns et condamne celle des autres.
Existe-t-il un droit international ? Une morale, certainement, mais le droit suppose en plus des sanctions contre ceux qui contreviennent. Les rivalités internationales empêchent toute justice neutre, et toute efficacité. C'est toujours le plus fort qui impose sa loi, et aujourd'hui, c'est Trump le plus fort.

Rétablir la démocratie au Vénézuéla
Les États Unis ne reconnaissent pas la légalité de l'élection de Nicolas Maduro, donc logiquement, ils auraient dû trouver une formule de transition, le temps d'organiser des élections libres, en plaçant au pouvoir une équipe neutre comprenant les membres de l'opposition, en particulier María Carolina Machado, et Edmundo González Urrutia. (*)
Or Trump a laissé au pouvoir Delcy Rodriguez, la vice-présidente de Nicolas Maduro, elle a donc autorité sur tout le dispositif répressif, et reste anti américaine et antisémite. L’arrestation du président Nicolás Maduro portait, selon elle, « la marque des sionistes ». Les opposants restent en exil, la démocratie aussi.
Je pense qu'il agit ainsi d'une part, car il déteste la démocratie qu'il combat tous les jours aux États Unis. D'autre part, riche de l'expérience de l'Irak, il a compris qu'avoir démantelé les services de sécurités de Saddam Hussein, avait conduit à la création de Daesh. Il pense que le maintien de l'ordre est indispensable pour pouvoir contrôler le pays. De toute façon, il a prouvé lors de la capture de Maduro, qu'il a les moyens de se faire obéir.
Récupérer le pétrole du Vénézuéla
Dès la capture de Maduro, Donald Trump a annoncé, que les majors du pétrole américaines, en particulier Chevron et Exxon Mobil vont réparer les outils d'exploitation du pétrole, et que la manne pétrolière ruissellera sur le peuple vénézuélien. Toutefois, les engagements des compagnie pétrolières sont âprement discutées à Washington, ce pétrole coûte cher à exploiter, et peu rentables à court terme. Elles se font tirer les oreilles, mais relèvent le gant jusqu'à une certaine limite, on parle de 50 % de hausse de production en deux ans.
Le pétrole ne semble pas être le motif principal de l'intervention.
Combattre les narco trafiquants
La capture de Maduro pour combattre les narco-trafiquants semble être utiliser un marteau-pilon pour écraser une mouche. Le trafic prospère, car les paysans de Colombie n'ont pas d'autres moyens pour vivre que de cultiver des "herbes", et aussi longtemps qu'ils n'auront pas mieux, ils continueront à prendre des risques pour cultiver.
La consommation de drogue est une calamité mondiale, et je ne vois pas en quoi l'inculpation de Maduro va modifier quoi que ce soit. Qui peut croire que l'argument ici utilisé - la lutte contre la drogue - soit un argument plus crédible lorsqu'il est prononcé par un président qui vient de gracier Juan Orlando Hernandez, l'ancien président du Honduras qui purgeait une peine de 45 ans aux Etats-Unis pour trafic de drogue?
Maduro n'est qu'un chef d'État corruptible, il n'est pas à l'origine du trafic, ni de la consommation, son arrestation ne changera rien.
Les influences étrangères en Amérique Latine
James Monroe, président des États Unis a déclaré le décembre 1823 : "Les Amériques ne sont plus ouvertes à la colonisation. Toute intervention européenne dans les affaires des Amériques sera perçue comme une menace pour la sécurité et la paix. Les États Unis en contre partie n'interviendront pas dans les affaires européennes. "
Cette déclaration est le début d'une mainmise des USA sur le continent, et on reproche à l'Oncle Sam d'avoir favoriser d'innombrables coups d'état dans un peu tous les pays. Il s'en est suivi un violent sentiment d'hostilité envers les États Unis dans quasiment tous les pays d'Amérique du Sud.
Or un vent de révolte souffle, et des idéologies très violentes secouent le continent. Il y a une alliance Bolivarienne avec entre autres Cuba, la Colombie, le Vénézuéla, la Bolivie crée en 2005. Ayant pour but une entraide dans les domaines de la santé, et de l'économie cette alliance a soutenu tous les ennemis des États Unis, Assad en Syrie, le Hamas en Palestine, Poutine en Russie, Xi Jinping en Chine.
La Chine est le principal client du pétrole Vénézuélien. Le Vénézuéla est très endetté si bien que la Chine tient le pays. La prise en main par les USA mettra des entreprise chinoises en grandes difficultés, car les dettes risquent de ne pas être honorées.

Les liens du Vénézuéla avec le Hezbollah, et l'appui des régimes islamistes comme l'Iran n'ont pas joué en faveur du Président Maduro.
Il faut penser que le kidnapping de Nicolas Maduro, est avant tout un acte de souveraineté nord-américaine. Trump ne veut pas voir son concurrent Chinois s'approprier le pétrole américain, et contrôler des pays entiers en Amérique du Sud. Nous sommes entrés dans une période où les impérialismes se révèlent, Poutine le premier en Ukraine, Xi Jinping à Taïwan, Erdogan en Syrie, alors Trump assure son pré carré, et veut rester maître en Amérique.
