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Dernière mise à jour
02-Aoû-2026
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Plus personne ne doute du dérèglement climatique. Cette année 2026 a pulvérisé tous les records.
Cet hiver, comme l'an passé, il n'a presque pas gelé. Je possède un balcon à ciel ouvert, et je protège mes géraniums en les rentrant chaque fois qu'une gelée de quelques jours se précise. Dans mon enfance, à Colmar, on arrachait ces fleurs qu'on rangeait dans des papiers journaux à la cave, dès la fin novembre, pour les ressortir en avril. A Dijon, il y a vingt ans, je descendais les pots de fleurs à la cave. Mais depuis quelques années les gelées sont si rares et si courtes, que je les laisse dans l'escalier malgré l'interdiction du syndic. Ils n'y sont pas resté quinze jours, et j'aurais pu les ressortir plus tôt.

Météo France précise : « Les sols sont très humides sur la quasi-totalité du pays. Au total, la France aura connu 49 jours en Vigilance crue de niveau orange ou rouge sur l’hiver, soit plus de deux fois la moyenne historique des 20 années d’existence du service de la Vigilance aux crues... Décembre 2025 a été très doux (+1,5 °C), janvier 2026 proche de la normale (+0,3 °C), et février 2026 très anormalement chaud (+3,5 °C). En février, il n’y a eu aucun jour sous la normale.»
J'ai eu l'impression en février que le soleil avait disparu, nous avons profité d'un ciel si gris, qu'un canard se serait pendu comme le chantait Jacques Brel.
Toutefois, à partir de mars, le sec s'est progressivement installé, et les températures maximum ont toujours été très au dessus de la moyenne :

À Prée-d’Anjou, les premières récoltes de blé ont démarré mardi 23 juin 2026 à 22 h, sous une chaleur encore étouffante de 32 °C. Une récolte lancée avec près d’une semaine d’avance sur le calendrier 2025, conséquence d’un printemps sec et d’une canicule exceptionnelle qui bouleversent le rythme des campagnes.
Toutefois, la récolte de blé 2026 sera inférieure de 4 % par rapport à celle de l'an passé. Les producteurs ne vont pas se plaindre, ils ont échappé au pire.
Ceux qui ont misé sur le Maïs sont catastrophés, il n'y a plus d'eau pour arroser. Faut-il rappeler les campagnes ahurissantes contre les "bassines" à Sainte Soline ?
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Les éleveurs, tout heureux d'avoir pu récolter très tôt de la bonne herbe, font maintenant grise mine, les prés sont asséchés et les vaches doivent être nourries comme en hiver. Le stock d'herbe va être insuffisant, et ils regardent le ciel avec angoisse.
Mi juillet, c'est la forêt de Fontainebleau en Seine et Marne, qui est attaquée, plus de 2000 ha, soit 10 % du massif forestier, un des plus vaste de France.
Un tel désastre a été possible, car les pluies de février, et la douceur de la fin de l'hiver avait profité à la végétation qui avaient connu une croissance exceptionnelle. L'absence de pluie et la chaleur qui a suivi a desséché la végétation provoquant un vaste lit de matière inflammable dans les sous bois.
« C’est toute une mosaïque de milieux remarquables qui ont été touchés. Selon l’ONF, 400 hectares de réserves biologiques dirigées ou intégrales — permettant à la nature de s’exprimer librement sans, ou avec peu d’interventions humaines — sont partis en fumée, auxquels s’ajoutent 125 hectares de landes, ainsi que 74 mares traversées par le feu. Ce sont « des continuités écologiques brisées » et un ensemble d’écosystèmes « qui ont pris un gros coup » (*) »
Fin juillet, c'est la forêt landaise qui est en feu.

Cet incendie spectaculaire a conduit à l'évacuation de plus de deux cent milles personnes, dont beaucoup ont été hébergés provisoirement au Parc de Expositions de Bordeaux.
Sous Napoléon III, la côte aquitaine et landaise était une zone de landes humides, inculte, où les bergers faisaient paître leurs troupeaux montés sur des échasses pour ne pas s'enfoncer dans les sables et la tourbe. L'empereur a décidé d'assainir la région, et d'y planter des millions de pins maritimes afin de fixer les lunes, combattre le paludisme, produire de la résine pour faire de la térébenthine et réparer les bateaux, ainsi que pour récolter du bois en abondance.
Seulement, cette forêt était une boîte d'allumette avec la sécheresse que nous avons connu cette année. Il y a eu de gigantesques incendies dans les Landes, mais le pire fut en Gironde. 222 000 personnes ont été évacuées. 42000 ha dévastés, soit vingt fois l'incendie de la forêt de Fontainebleau.
La crainte était que la banlieue de Bordeaux soit touchée, car là il y a des usines d'armement, et de produits chimiques, dont la destruction aurait provoqué de véritables cataclysmes.
Le Porge, village fantôme au milieu d’un paysage de cendres et de fumerons, ravagé de part et d’autre par l’incendie. Ses 3 465 habitants à l’année, sains et saufs, et autant de touristes ont tous été évacués aux premiers et deuxièmes jours du sinistre, mais 183 maisons ont brûlé, soit une propriété sur cinq. Au terrible bilan matériel s’ajoute un sentiment d’abandon qui enfle, alimenté en continu sur les réseaux sociaux : la commune aurait été « sacrifiée » au profit de la presqu’île du Cap Ferret où, dans la nuit du jeudi 23 au vendredi 24 juillet, le feu s’est engouffré, mobilisant des renforts de pompiers. (Sudouest.fr). Les habitants pensent souvent que leur village a été sacrifié pour sauver le nord de la presqu'île où on trouve de superbes villas appartenant à des vedettes des arts et des affaires;
Ces incendies sont très durs à éteindre, car le sol est souvent tourbeux, c'est à dire qu'il est lui-même inflamable. Les racines brûlent alors que des feuilles sont encore vertes. La tourbe peut brûler pendant des semaines, et si des vents s'y mettent, le feu peu reprendre là où on ne l'attendait plus.
Les pompiers sont épuisés, et la solidarité s'est manifesté partout, hélas, cela n'empêche pas le désastre de se prolonger, et la situation restera dramatique pendant de nombreuses années.
Dans le monde entier des incendies dantesques ont ravagé des forêts parfois primaires, en provoquant à la nature des dommages irréversibles. Détruisant tout, l'habitat d'un nombre impressionnants d'animaux et d'espèces rares.

Nous avons été impressionnés par les immenses incendies en Espagne, qui ont fait une vingtaine de morts, et aussi par ceux près de Dijon à Couchey et Marsannay-la-Côte, dont l'importance est encore plus forte... car ils sont tout près de chez moi. Nous ressentons la gravité des événements car ils nous touchent, et plus l'événement est proche, plus nous le remarquons. Mais avons-nous raison d'ignorer les drames de l'Afrique et de l'Amérique Australe ?
Face à ces désastres, les spécialistes concluent tous qu'il va falloir tenir compte des changements climatiques. Dans une première étape, il faudra laisser le temps à la forêt de se reconstruire toute seule. On ignore à ce jour quels arbres sont morts ou blessés, et il y a de nombreuses graines par terre qui pourront germer. D'ici trois ou quatre ans, il faudra penser à replanter des arbres, et alors on évitera l'uniformité. Il faudra augmenter le pourcentage de feuillus, et penser à davantage d'arbres méditerranéens qui supportent mieux la sécheresse, la chaleur, et qui sont plus résistants aux feux.
Bien entendu, il faudra continuer et amplifier les coupures dans les massifs, afin que si une parcelle brûle, le feu trouve des obstacles sur son chemin. On sait que certains écologistes s'étaient opposés à ces coupes qui n'étaient guère esthétiques, mais hélas elles sont indispensables.
En règle générale, l'aménagement du territoire a été complètement négligé par les élus depuis des années, et nous en supportons les conséquences. Le Premier ministre a annoncé la suppression de plusieurs délégations ministérielles et interministérielles, dont une dédiée à la forêt et au bois. Septembre 2025 Suppression de 475 postes à l' Office national des forêts.
La France va continuer à augmenter sa flotte de "canadair", ces avions pompiers, mais ils sont tous produits au Canada qui a du mal à suivre la demande mondiale. Au nom de la souveraineté, certains réclament qu'on en fabrique en France. Dans ce sens sous-traitant des géants de l'aéronautique Airbus et Boeing, la société Latécoère s'est associée à Hynaero pour le développement de son programme Fregate-F100, un avion bombardier d'eau amphibie pour lutter contre les feux de forêt, qui devrait être en service dès 2030.
Toutefois, il ne faut pas être en retard d'une guerre, aujourd'hui les batailles se gagnent grâce aux drones, ils ont été l'atout de l'Azerbaïdjan dans sa guerre contre l'Arménie, et le conflit Russie-Ukraine sera gagné par eux.
Israël a réalisé avec succès le premier essai d'un système de détection précoce des incendies reposant sur un drone autonome et l'intelligence artificielle. L'objectif est de repérer un départ de feu quelques minutes seulement après son apparition afin de permettre une intervention rapide des secours avant que les flammes ne se propagent.qui permettrait d'informer en temps réel les pompiers et de rendre leurs actions plus efficaces et moins dangereuses.
Plus prometteur, la start-up française Daidelos propose de construire des drones pompiers, En alignant 40 drones de 1 200 litres pour le prix d’un seul Canadair, la France disposerait ainsi de huit fois plus d’eau au-dessus d’un même feu. Les décideurs favoriseront-ils l'innovation ? l'enjeu sera politique et la lutte féroce !

Michel Lévy