Mivy décoiffe, car il est fait par un chauve

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10/03/2004

Rencontre Ayalon Nusseibeh
Conférence au Cercle Bernard Lazare à Paris en 2004


Pour que le diable gagne, il suffit que les gens ne fassent rien, 
nos dirigeants n’ont ni le courage ni la force de nous guider, nous devons convaincre l'opinion qui les guidera. (Ayalon)

Il faut chasser le rêve arabe d'un retour irréaliste dans le passé, et le remplacer par le rêve d'un état palestinien démocratique, qui sera notre paradis. (Nusseibeh)

En Avril 2004, les amis de La Paix Maintenant recevront six gamins de Gaza, et six gamins de Tel-Aviv, ils commenceront leur visite par Créteil, et termineront au Stade de France

  

Les trois projets d'accord de paix israélo-arabes

  Il existe un triptyque d’accords pour résoudre la crise du Proche Orient. Mivy vous en avait proposé deux :

- La « feuille de route » ou « carte routière » selon les traduction . Ce projet est porté par un quartette, l’ONU, la Russie, l’Union Européenne, et les États-unis. Ce projet présentait un aspect presque « hiérarchique » , soutenu par les États unis, Israël et la Palestine ont du faire semblant de l’accepter… Cette feuille précise surtout la première étape et reste floue pour la suite.


Les accords de Genève, signés par des opposants aux gouvernements en place et soutenu par des chancelleries européennes, ce projet va dans les détails mais il reste un flou gênant  sur la question du retour des réfugiés.


Voici le troisième (mais le plus ancien) :
Le protocole Ayalon-Nusseibeh, ce sont leurs promoteurs qui sont venus en personne pour nous les présenter. Les accords tiennent sur une page, ils fixent le but à atteindre, et parlent haut et clair. Cette page a été signée sous forme de pétition par 300 000 habitants d’Israël et de Palestine, leurs initiateurs croient qu’en dernier ressort c’est le peuple qui commande, et que les dirigeants suivront l’opinion, ils veulent convaincre indirectement les gouvernants d’agir. 


Cliquez ici pour lire le protocole

La conférence

Michel Charzat est le maire socialiste du XX ième arrondissement, dont Jean Michel Rosenfeld est membre du conseil municipal. Jean Michel est aussi un des responsables du cercle Bernard Lazare. Rien d’étonnant à ce que la Mairie offre généreusement ses locaux à Messieurs Ayalon et Nusseibeh afin qu’ils puissent avoir une tribune parisienne.

La salle toute en longueur était pleine, avec le public habituel pour ce genre de manifestations, public de gauche a forte proportion juive. Mais, comme d'habitude, les musulmans n'étaient pas pas présents dans la salle, quand on lit "Oumma.com", on se rend compte que beaucoup d'entre eux ne sont ni prêts, ni demandeur.

« Longue est la nuit qui n’en finit pas de préparer le jour» commença le maire, en citant Shakespeare (Mac Beth, les perspectives de paix s’éloignent à cause des terroristes et des attaques contre les terroristes. Les dirigeants des deux peuples semblent incapables de forger le chemin vers la paix, pour cela 300 000 citoyens des deux peuples ont soutenu cet accord.

David Chemla, président des amis de « La paix maintenant » pris la parole ensuite brièvement pour apporter le soutient entre autre du maire de paris, de Pierre Mauroy qui précise que ceux qui préconisent l’échange sont des visionnaires, d’Alain Finkelkraut, d’Anne Hidalgo, et d’Yves Cantassot président des Verts qui appuie sans réserve ce projet pour que les deux peuples puissent goûter à la paix.
Mais dans l’assistance, il y avait le professeur Cohen Tanudji, prix Nobel, et de nombreuses personnalités dont une sénatrice militant pour une réception à l’assemblée nationale, ainsi que des représentant des association partenaires des efforts de paix, les musulmans laïques, Ni pute ni soumise, le Cercle Bernard Lazare etc

Ami Ayalon a fait trente deux dans l’armée d’Israël, commando de marine, il a terminé amiral, puis a été nommé par les travaillistes directeur du « Chin Beth », les services secrets. Il a occupé ce poste quatre ans, et a découvert la problématique palestinienne ce qui explique son engagement.


Sari Nusseibeh est professeur de philosophie et président de l’université Al Quds à Jérusalem est, il a été ministre de l’OLP pendant plusieurs année spécialement chargé des questions de Jérusalem.
Tous deux ont dit ce qu’il fallait faire pour que les deux peuples se parlent.

Ami Ayalon prit la parole en premier, « Je ne vais pas dire ce que nous faisons, mais pourquoi nous le faisons », cela a commencé il y a deux ans, je suis resté pendant trois jours à Londres. Ayant le temps, j’ai visité le musée de la guerre  impériale, dont le troisième étage est réservé à la Shoa. C’est un musée britannique, la description n’est pas émotionnelle, mais il y avait plein de sous entendus. Sur une plaque il y avait écrit, « Pour que le diable gagne, il suffit que les gens ne fassent rien ».
Mes parents sont venus en Israël dans les années 30, et tous ceux qui ne sont pas venus sont morts.

Pendant l’année qui a précédée l’intifada, nous n'avons perdu qu'une seule personne en raison du Terrorisme, ce n’était pas par ce que le « chine beth » était meilleur, et je suis bien placé pour le savoir, aujourd'hui, ils sont plus efficace, mais tout simplement par ce que les palestiniens avaient de l’espoir.

Quand on me demande ce qu’il faut faire contre le terrorisme, je répond « nous devons donner de l’espoir aux palestiniens » nous en avons la preuve grâce aux sondages. Si la rue palestinienne est pour le terrorisme, le Hamas agira, sinon il ne bougera pas. Comme il y avait de l’espoir avant l’intifada, l’OLP pouvait agir contre le terrorisme sans passer pour traître.

A l’époque je cherchais avec l’OLP les meilleurs moyens de luter contre le terrorisme, ils me répondaient qu’ils n’étaient pas mes collaborateurs, et qu’ils lutteraient contre le terrorisme s’ils pendaient que cela ferait avancer leur cause. Il était clair pour nous, que sans espoir du côté Palestinien, nous n’aurions pas de sécurité.

Si nous sommes venu en Palestine, c’est pour y créer un état juste et démocratique, peut-être que nous ne l’aurons pas, mais ni nous voulons rester démocratique, nous devons nous retirer des territoires. Si nous le faisons, nous aurons aussi une solution à nos problèmes économiques, et si nous ne le faisons pas, nous perdons notre identité en tant que démocratie, et en tant qu’état juif.

Notre soucis, c’est nos peuples.

A Oslo, nous n’avions pas touché au futur, l’idée de base était une ambiguïté sur laquelle nous ne pouvions pas construire. Aujourd'hui, avec notre accord, nous voulons toucher aux points les plus sensibles pour les deux communautés, si nous n’y touchons pas, ce sera la fin de la confiance et le début des complots.
Nous devons nous demander quel sera le prix douloureux pour notre futur, et nous comprenons que nos dirigeants n’ont ni le courage ni la force pour nous guider. Ils nous regardent et disent, « que voulez vous que je fasse ? » Les dirigeants nous demandent ce que nous devons faire, c’est donc nous qui avons le pouvoir, et bien nous en usons. Aujourd’hui plus de 300 000 personnes ont signé notre accord.

C’est très clair pour nous en Israël, nous devons ramener les colons à l’intérieur, Jérusalem sera la capitale de deux pays, nous savons que 70 % des israéliens sont prêts à payer ce prix, mais la plupart des palestiniens aussi. Nous devons abandonner nos rêves. « We shall overcome ». Le peuple comprend qu’il ne doit pas se faire gouverner par le diable.


Sari Nesseibeh>

Après quelques politesses, Sari Nusseibeh expliqua que les Palestiniens ont un défi majeur, soit regarder l’avenir, soit se retourner vers le passé, et c’est ce même défi qui domine dans l’univers arabo-musulman .
La création d’Israël a été ressenti comme une catastrophe majeure et depuis 1948 le regard s’est bloqué sur le moment d’avant l’événement, période qui est devenue paradisiaque. Depuis ce jour, le point de focalisation est 1947, période de bonheur absolu sur terre dans cet endroit.

J’ai grandi dans une maison où cette ambiance était présente. Ma famille ne voulait que retourner dans le temps et dans l’espace. Les récits qui ont bercé mon enfance ne tiennent pas compte de la réalité. On ne peut pas voyager dans le temps, et il est immoral de la part des dirigeants de pousser cette idée. Que dois-je dire à ma mère ? dois-je lui enlever ses rêves ? Au lieu de lui dire qu’il ne faut pas rêver, je l’ai orienté vers un nouveau rêve. Tourne toi vers l’avenir, et ce message, il ne faut pas seulement l’adresser à ma mère, il faut le généraliser à tous les arabos-musulmans.

L’avenir n’est pas nécessairement pavé de roses, mais ce n’est pas impossible qu’il le soit. Le paradis sur terre, il est possible de le créer ici même, le rêve d’avenir doit remplacer la nostalgie du passé.
Pour cela il faut deux condition : regarder la réalité telle qu’elle est, et ne pas s’imager que nous contrôlons tous.
Pour nous un état palestinien n’est pas suffisant, peut-être cela peut satisfaire Ayalon, mais pas moi. Je ne pourrai pas m’épanouir dans un état qui ne serait pas démocratique. Si la Palestine doit etre une dictature corrompue, je ne veux pas de cet état.

La question n’est pas d’être optimiste, c’est la question de ceux qui ne font rien contre le mal ; la question est « Avez-vous la foi pour créer cet avenir ? » S’il y a assez de gens ayant cette foi, le paradis pourra voir le jour.
Si un million d’Israéliens et de palestiniens s’engagent, cela aura plus de poids que toutes les résolutions de l’ONU.

Make peace hear ! faites la paix ici !

 

Les questions ont apporté une suite intéressante de position :

M Nusseibeh que pensez vous des accords de Genève ?

Les accords de Genève sont une bonne chose, il est bon de voir les officiels apporter leur soutien, mais je sens que nous avons les avons encouragé à le faire. Du côté palestinien, le mouvement que nous avons crée s’adresse à la base, à la société civile pour que chacun ose émettre une voix. Au final nous espérons que les officiels suivront.

M Ayalon, que pensez vous du projet de retrait de Gaza ?

Tout est prédéterminé, mais le choix reste possible, la question n’est pas de savoir si c’est bien ou si c’est mal, mais dans les circonstance actuelles Sharon fait un cadeau au Hamas. Le Fatah est un mouvement national, c’est un partenaire, le Hamas n’en est pas un, il n’y a rien à discuter avec eux.

Le problème est qu’Israël veut quitter ces territoires sans les confier au Hamas, il ne faut donc pas isoler ce retrait du reste. Ce retrait ne doit être que la première étape, nous devons impliquer la communauté internationale afin qu’elle aide pour assurer une meilleur démocratie, et un développement économique. C’est à Sharon de demander l’aide internationale pour Gaza après le départ israélien.

M Nusseibeh, pourquoi avez-vous accepté un état démilitarisé ?

Une armée est un outil pour conquérir ou pour se défendre, si j’obtiens la paix je n’aurai pas besoin de conquérir ni de défendre, mais quelque soit la somme dépensée, je ne pourrais pas ni conquérir, ni me défendre face a des pays beaucoup trop puissants pour moi. Ce serait gaspiller les fonds très utiles les trafiquants d’armes et pour ceux qui cousent des uniformes, mais je préfère réserver cet argent aux services à rendre aux gens qui vivront dans le paradis que je veux créer.

M Nusseibeh, pourquoi ne souhaitez vous pas un état bi-national ?

- Ce serait l’idéal dans un monde idéal, mais nous ne vivons pas dans un monde idéal. Chacun doit avoir son état, Il est plus censé de lutter pour un monde plus réel.

M Ayalon, êtes vous optimiste ?


- Je suis optimiste, en mer, il est difficile de voir dans quelle direction va le bateau, mais quand on se retourne, on voit qu’il a viré, grâce aux traces sur la mer.
J’écoute mon premier ministre, et je compare avec ce qu’il disait il y a un an, et je vois qu’il a changé d’avis. Je n’aurais jamais cru entendre de tels propos de la part du Likoud, il a confirmé qu’Israël devait être une démocratie pour les 80 % de juifs, et pour les 20 % qui ne le sont pas. Il a compris que pour être élu, il devait dire cela ! Ce sont des groupes comme les nôtres qui ont crée cette situation

M Nusseibeh, que pensez vous des islamistes ?

- L’État que j’envisage sera démocratique et basé sur des valeurs laïques et séculières qui respectent les religions. La religion doit aussi respecter les valeurs humaines.

M Ayalon que pensez vous du « mur » « barrière » de séparation ?

- J’ai passé vingt ans de ma vie a apprendre a enfoncer les murs ! et un mur n’a jamais permis d’arrêter celui qui veut vraiment le franchir. Par contre, il donne un sentiment d’enfermement aux palestiniens, et il détruit l’espérance.
Les palestiniens ne peuvent pas croire qu’on leur veut du bien, si on commence par les enfermer comme des fauves derrière des barbelés. Psychologiquement, cela va à long terme contre la paix. Son tracé, qui pourrait être une frontière anticipe sur des négociations qui n’ont pas encore commencé.

M Nusseibeh, et les réfugiés ?

- Les réfugiés sont très malheureux, ils vivent en croyant aux promesses sur le passé. Il faut cesser de leur mentir et les aider à s’intégrer partout où ils vivent, mais il faut aussi leur donner une vision d’avenir et nous aider à créer ce nouvel état de Palestine.

 

Pour conclure, Mohamed Abdi, secrétaire général du mouvement « Ni pute, ni soumise »,  Vous êtes tous les deux en train de nous libérer dit-il, ceux qui militent pour la cause des autres creusent un fossé, bien pire qu’un mur de béton, c’est un fossé de haine.

    En France, beaucoup à gauche sont structurés par la conflit du Proche Orient, et partout, je dois dire que je suis un ami de la cause palestinienne, et d’Israël. Vous nous libérez de la haine.
    La Palestine et Israël vivant en paix côte à côte, sera l’image de la paix et de la justice, cette initiative porte l’espoir , c’est un vecteur de démocratie et de développement économique pour tous les pays arabes qui vivent aujourd’hui le despotisme, la misère et l’humiliation.

En Avril, conclut David Chemla, nous recevrons six gamins de Gaza, et six gamins de Tel-Aviv, ils commenceront leur visite par Créteil, et termineront au Stade de France.

 

Réactions à cet article

Miracle on a réagit !

J'ai recu une réponse des socialistes pour la paix au Proche Orient, je vous la confie toute chaude, avec ma réponse....

De : socpo socpo
Date : 03/12/04 14:41:44
A : Michel "Lévy
Sujet : Re: Tr : On fait la paix sur Mivy... 


Dans la mesure où l'Initiative de Genève est plus aboutie que l'initiative Ayalon/Nusseibeh" je ne vois pas pourquoi il faudrait promouvoir cette dernière.

Ah, mais si ! Suis-je bête : cette dernière n'envisage ABSOLUMENT aucun retour de Palestiniens dans l'Etat d'Israël, et c'est je pense ce qui doit vous séduire ainsi que les Amis de Shalom Aschav.

Le problème c'est que notre parti, le Parti Socialiste, est en faveur de l'Initiative de Genève, et surtout, s'est prononcé CONTRE le mur dans son principe.
Or, nous sommes très profondément socialistes, sans être pour autant sectaire. Mais nous n'apprécions pas la promotion que font les sites de propapange "pro-Sharon" comme le vôtre ou ceux dont vous faites la promotion sur votre site tel que "Proche-Orient Info" en "niant" le droit des Palestiniens au retour. Que ce droit au retour soit "négocié" est une chose, qu'il soit "nié" en revanche en est une autre, que nous ne pouvons que réprouver dans le sens où ce négationnisme ne peut pas engendrer la paix mais perpétuer la haine entre les deux peuples, Israélien
et Palestinien.

Il est inutile de nous écrire : vos informations ne nous sont d'aucune utilité, ni votre propagande. Pour notre part, nous lisons quotidiennement la presse israélienne, palestinienne, américaine, britannique et arabe ... et cela nous suffit amplement. De plus nous recevons énormément d'informations d'Israël via notre réseau de correspondants israéliens.

Bien cordialement
Les Socialistes pour une Paix juste et durable au
Proche-Orient

Et voici ma réponse

Les accords de Genève, ont pour but de séparer deux peuples, et de donner à chacun d'entre eux un état pour s'exprimer. S'il reconnaît un droit à indemnité pour les réfugiés, il refuse absolument le "droit" au retour des arabes qui ont fuit la guerre.
      Si les arabes avaient le droit d'envahir, même pacifiquement, l'état juif, il n'y aurait plus d'état juif ce qui est l'opposé du principe «deux peuples pour deux états. »
       Vos amis islamistes ont d'ailleurs la même lecture que moi : (Muloud26)
http://oumma.com/forum/showthread.php?t=136063 (lien périmé)
       Plus sérieusement, vous avez ici les points de vue officiel des opposants aux accords de Genève qui tiennent votre raisonnement.
http://www.mivy.fr/linfo/312_beilin/geneve_suites.htm (lien maintenu)

Croyez vous que les polonais accepteraient le droit au retour des allemands qu'ils ont chassé en 1945 ?

Lorsque vous étiez au gouvernement, vous avez été complice de la monté de l'antisémitisme en libérant la parole des islamistes, en leur laissant occuper le terrain des cités, en fermant les yeux sur une télévision qui déversait son flot de haine avec des des propos ignobles (du genre "un bébé colon a été abattu"), et des explications tronquées (Conséquences décrites, causes oubliées).
Vous favorisiez aussi malgré vous le sionisme en incitant les juifs a chercher refuge sous des cieux moins inquiétants que les vôtres.

      Vous avez surtout favorisé la montée de M Le Pen et de la droite et participé ainsi activement à la défaite de M Jospin.
     Comme vous n'avez rien compris, vous pouvez compter sur moi pour publier et diffuser votre lettre le plus largement possible.

Merci de m'avoir éclairé,

Cette lettre a été envoyée sous le coup de la déception, l'article ci dessus n'était pas agressif, et son intérêt résidait surtout dans sa philosophie, et je n'avais pas étudié ni analysé les détails des deux plans, d'où ma surprise et ma réaction violente à la critique.

Ma réaction était un peu injuste, Les socialistes pour la paix ne sont pas les amis des islamistes et réciproquement, même si les uns manipulent les autres. J'ai relu les accords de Genève, et effectivement ils prévoient le retour d'un certain nombre de réfugiés limité et acceptés individuellement par le gouvernement d'Israël, cette clause est un compromis qui générerait beaucoup de frustration.

Mais l'injustice n'est pas que de mon côté, je ne vois pas en quoi j'aurais soutenu (ou enfoncé) M Sharon et sa politique.

    J'ai transmis le tout aux Amis de Chalom Archav et à Proche Orient Info qui sont mis en cause également, et voici la réponse des amis de La Paix Maintenant :

 

Merci, 

C'est Frédérique Sprang et ses amis, qui ont foutu le b... au PS. Beaucoup (dont Rocard) ont signé leur texte (sans l'avoir lu!) en croyant qu'ils signaient pour Genève.

On sait ce qu'ils pensent de nous.

Gérard

Autre réaction ....

J'ai moi-même eu un échange assez virulent avec Frédérique Sprang, que vous pouvez consulter à cette adresse http://mmlf.webdynamit.net/spip/phpBB2/viewtopic.php?t=33

Nous avons décidé de laisser passer les élections avant de solliciter le PS. Si le PS veut se reconstruire, il doit se débarrasser des nuisibles comme Frédérique Sprang.

Kebir Jbil (Président du Mouvement des Maghrebins Laïques)

 

Rappel officiel de la position du parti socialiste :

Le Parti Socialiste souhaite l’application de la feuille de route, empêchée par le manque de volonté des parties, tout en rappelant les principes qu’il a énoncés dans un texte de référence sur l’ensemble de la région , tient à préciser ses positions sur les derniers développements :

- Il apporte son soutien déterminé à l’Accord de Genève et salue l'action courageuse de ses promoteurs israéliens et palestiniens. Ce texte témoigne que la possibilité d'un accord de paix négocié entre les deux peuples existe toujours. Il est d’autant plus important qu’il est le résultat équilibré d’une longue négociation au cours de laquelle chacune des parties a fait les concessions nécessaires pour proposer une solution aux problèmes les plus difficiles. Il répond à la question de Jérusalem, destinée à devenir la capitale des deux Etats, et à celle des réfugiés pour qui il reconnaît le droit à des indemnités et le choix du lieu de résidence permanent, soit en Palestine, soit en Israël après accord des autorités israéliennes.

- Le Parti socialiste rappelle qu'une paix réelle entre les deux peuples suppose l'égale prise en compte des légitimes aspirations des deux peuples à la paix et à la sécurité. Il comprend le profond et légitime besoin de sécurité de la population israélienne, et condamne avec force les attentats terroristes, qui visent la population civile israélienne. Il soutient également l'aspiration non moins légitime du peuple palestinien à vivre dans la dignité dans son Etat.

-- Attaché aux termes de référence d'une paix juste, souvent résumés par la formule de « la terre contre la paix », le Parti socialiste appelle les autorités israéliennes à mettre fin aux mesures unilatérales compromettant la recherche de la paix et dénonce en particulier la construction du « mur » de séparation qui aggrave les conditions de vie des palestiniens et compromet toute possibilité de construire un Etat palestinien viable. Il dénonce vigoureusement les incursions meurtrières et ciblées menées par le gouvernement d’Ariel Sharon, ainsi que la paupérisation et les humiliations qui découlent de l'occupation militaire au quotidien. Il soutient les revendications du camp de la paix israélien, et notamment de « La Paix maintenant » qui, dans la continuité de l’action d’Itzak Rabin, demande au gouvernement israélien de « mettre fin à l’occupation, d’évacuer les colonies et de reconnaître la légitimité de l’Etat palestinien sur l'ensemble des territoires aujourd'hui occupés, moyennant éventuellement des ajustements de frontière mineurs et réciproques. »

-- Le Parti socialiste est aussi convaincu que les progrès démocratiques seront un puissant facteur de paix. C'est pourquoi il demande que les institutions de l'Autorité palestinienne puissent fonctionner sans entraves et que les élections législatives prévues puissent avoir lieu. Il demande également que l’Autorité palestinienne et Yasser Arafat aient la volonté et les moyens d’agir efficacement dans le domaine de la sécurité intérieure, afin que soit mis fin aux actes terroristes. Il souligne la nécessité et l'importance des réformes attendues de l'administration palestinienne et soutient les revendications pour plus de transparence.

-- Le Parti socialiste souligne enfin que la paix au Proche-Orient, qui est l'une des conditions de la sécurité internationale, est l'affaire de la communauté internationale toute entière. C'est pourquoi l'Union Européenne, les Etats-Unis, la Russie ainsi que les pays membres de la Ligue Arabe, qui ont adopté un plan de paix global, doivent redoubler leurs efforts. Ils doivent notamment œuvrer pour que les Nations Unies ratifient l’Accord de Genève, comme cela est prévu dans ce texte, et mettent en place la « force multinationale » qui, selon l’Accord, doit en garantir l’application.

-- Nous demandons au Parti Socialiste Européen, à l'Internationale Socialiste et à tous leurs partis membres d’apporter leur plein soutien à cet accord et à le défendre activement dans toutes les instances internationales. Dès à présent, les groupes socialistes à l'Assemblée nationale et au Sénat demandent à l'Union Internationale des Parlementaires, qui tient son Assemblée générale annuelle à Mexico le 17 avril prochain, d'inviter les principaux signataires à y présenter l’Accord.

-- Le Parti socialiste prendra lui-même des initiatives pour soutenir cet accord, notamment les 7 et 8 mai à l’occasion d’une manifestation du Parti socialiste européen sur la Méditerranée et lors d’une visite d’une délégation conduite par le Premier secrétaire dans la région.  

 

 

Ayalon :
l’élimination de Yassine bouleverse la donne du conflit

Pour l’ancien chef du Shin Beth, Ami Ayalon, l’élimination du cheikh Yassine a modifié la donne dans le conflit israélo-palestinien.

Il est en effet convaincu que la liquidation du chef terroriste va déboucher sur une nouvelle réalité sur le terrain particulièrement dure. "Sans compter, dit-il, qu’un retrait de Gaza des forces de Tsahal s’interpréterait pour les terroristes comme un reddition au terrorisme".

Selon lui, l’élimination de ce chef du Hamas a été une erreur de la part du gouvernement israélien, dans la mesure où elle n’a pas été accompagnée d’un processus de discussions politiques avec les Palestiniens.

Il pense que la liquidation de Yassine n’aurait dû être décidée que dans un contexte d’avancée politique car, en l’état, explique-t-il, elle n’a pas généré d’espoir ou d’alternative politique.

"Je ne suis pas contre les éliminations ciblées, affirme-t-il. Pendant des années, j’en ai décidé plus d’une et je fais partie de ceux qui ont mis en place, à l’origine, cette politique. Mais à l’époque, jamais nous n’avons cru qu’éliminer un leader terroriste revenait à vaincre une idéologie"

Selon l’analyse d’Ayalon, une élimination doit permettre la mise en place d’une nouvelle alternative.

La plus grande crainte du Hamas étant l’existence de pourparlers politiques entre Israël et l’Autorité palestinienne et l’obtention d’un accord, il aurait fallu éliminer Yassine dans ce contexte politique.

Pour cet ancien du Shin Beth, la liquidation du cheikh a d’une certaine façon bouleversé "les règles du jeu". Sa principale répercussion sera, d’après lui, une islamisation du conflit. Elle va donner lieu à l’infiltration d’un tas de groupuscules islamistes qui, jusqu’à présent, se tenaient à l’écart. "Je pense bien sûr à Al Qaïda", précise Ayalon, qui voit dans l’ambition du Hamas d’atteindre des cibles israéliennes à l’étranger et dans celle de s’en prendre à des personnalités politiques israéliennes une nouvelle dimension stratégique du Hamas, s’appuyant sur l’organisation de Ben Laden.

Source Aroutz Cheva 24/3/04