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A Paris, Barak et Arafat se sont enfin rencontrés

Source : AFP repris sur le Nouvel Observateur
5 octobre 2000

Madeleine Albright, Ehud Barak et Yasser Arafat ont entamé une réunion tripartite ce mercredi en fin d'après-midi à Paris pour tenter de mettre fin à l'engrenage de la violence qui sévit depuis jeudi dernier à Jérusalemen et dans les territoires palestiniens, et, par là, de faire avancer le processus de paix entre les deux peuples.

Chassés-croisés

Auparavant, la journée avait été marquée par une série de chassés-croisés entre Yasser Arafat et Ehud Barak qui, initialement devaient se renconter à Paris. Ainsi, le président de l'Autorité palestinienne s'est-il entretenu ce mercredi matin à l'Elysée avec Jacques Chirac sur la flambée de violence dans les territoires palestiniens. Il rencontrait ensuite Madeleine Albright à la résidence de l'ambassadeur américain à Paris vers 12h30, succédant à Ehoud Barak, qui a passé 90 mn ce matin avec la secrétaire d'Etat américaine. Le premier ministre israélien a également été reçu par Jacques Chirac au Palais de l'Elysée. A l'issue de l'entretien, Ehoud Barak a estimé que l'"Autorité palestinienne est responsable du déclenchement des violences". "Nous sommes prêts à y mettre fin. Dès le moment où les Palestiniens cesseront le feu, cela équivaudra immédiatement à la fin de la violence", a-t-il expliqué(Lire l'intégralité des déclarations d'Ehoud Barak à la fin de l'article).

Rencontre tripartite?

Selon le porte-parole d'Etat américain, Madeleine Albright devait réunir aux alentours de 15h Ehoud Barak et Yasser Arafat.
A 14h30, seul Ehoud Barak avait accepté une telle réunion, sans pour autant vouloir satisfaire trois conditions posées par Arafat.

Pour sa part, Ehoud Barak a proposé une concertation entre responsables militaires israéliens et palestiniens, auxquels se joindraient ensuite des représentants américains". (voir à la fin de l'article). Les deux dirigeants devaient ensuite rencontrer séparément le secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, à l'hôtel Bristol à Paris.

Et finalement, en milieu d'après-midi, selon des sources israéliennes, un nouvel entretien ne réunissait que le Premier ministre israélien et Madeleine Albright dans la résidence de l'ambassadeur des Etats-Unis à Paris. Avant un second entretien entre Albright et Arafat.

La réunion tripartite ne semblait donc pas en bonne voie. Ce matin, Yasser Arafat avait indiqué que sa rencontre avec le Premier ministre israélien (et Madeleine Albright) dépendrait des trois conditions décrites plus haut.

Arafat remercie la France

Par ailleurs, le président de l'Autorité palestinienne a exprimé à Jacques Chirac, "au gouvernement français et au peuple de France" sa "reconnaissance pour les grands efforts qu'ils déploient afin d'arrêter le dangereux massacre qui est en train d'être perpétré contre le peuple palestinien". Il a également souligné " l'importance du rôle français, exercé avec les Etats-Unis, avec l'Egypte, dans le but d'arrêter ces virulentes attaques dont notre peuple est l'objet".
A l'issue des entretiens Chirac-Arafat et Chirac-Barak, la France a appelé mercredi les "dirigeants palestiniens à prendre aujourd'hui des décisions difficiles, courageuses, mais nécessaires".
Par ailleurs, une réunion quadripartite regroupera jeudi à Charm el-Cheikh le président égyptien Hosni Moubarak, Yasser Arafat, Ehoud Barak et Madeleine Albright.

67 morts

C'est dans un contexte explosif que Ehoud Barak Yasser Arafat sont venus à Paris. La trêve observée par les deux camps mardi matin n'a en effet duré hier que quelques heures, cédant la place à de nouveaux affrontements sanglants.

Ce mercredi, les incidents se faisaient cependant plus rares en Cisjordanie et dans la bande de Gaza. A Zeitun, où quelque 1.500 personnes ont assisté aux funérailles d'un jeune Palestinien tué mardi, des rafales ont été tirées en l'air, accompagnées de slogans: "Barak, un tombeau t'attend", "Vengeance, vengeance".
Mercredi, un membre du comité exécutif de l'OLP a accusé sur la radio Voix de la Palestine les forces israéliennes de se comporter en "nazis" en recourant à une brutalité sans précédent pour réprimer les manifestations anti-israéliennes."
Les dernières victimes en date sont deux Palestiniens armés tués ce mercredi à l'aube lors d'échanges de tirs avec l'armée israélienne à l'ouest de Ramallah, un enfant palestinien âgé d'une dizaine d'années tué par des tirs israéliens lors d'un affrontement près de la colonie juive de Netzarim, dans la bande de Gaza et, enfin, un jeune Palestinien de 24 ans, près Ramallah.
Neuf autres Palestiniens ont été blessés.
Le bilan des violences déclenchées jeudi dernier après la visite du chef du Likoud (droite) Ariel Sharon sur l'Esplanade des Mosquées, troisème lieu saint de l'islma, situé à Jérusalem-Est, s'élève désormais à 66 morts, des Palestiniens pour la plupart.
Enfin, le Hamas (Mouvement de la résistance islamique) a durement critiqué mercredi la venue à Paris de Yasser Arafat et appelle au soulvement général. (Cliquer à droite, dans la rubrique "Le journal perm@nent", pour lire l'article).

Les déclarations de Barak

En termes très durs, M. Barak, qui venait de s'entretenir avec le président français Jacques Chirac, a tenu "Yasser Arafat et l'Autorité palestinienne pour responsables du déclenchement de la vague de violence".(...) "Nous sommes prêts à y mettre fin dès lors que les Palestiniens cesseront de tirer. Tout ce dont on a besoin c'est un ordre clair donné par Yasser Arafat à ses milices et à ses policiers de cesser de tirer et tout redeviendra calme immédiatement", a t-il déclaré. "Les dirigeants palestiniens doivent se décider: soit ils tentent de parvenir à un accord de paix (...), soit ils conduisent la région dans une impasse dont le résultat serait la dégradation, et même la confrontation". (...) "Nous préférons clairement la première solution. Nous sommes prêts à mettre un terme (à la violence)", a ajouté M. Barak.
(...) "Chaque matin, a-t-il poursuivi, des jeunes venus de Naplouse (Cisjordanie) viennent avec des policiers (palestiniens) et des bandes appelés 'Tanzim', une organisation qui dépend du Fatah, pour tirer sur nous, lançant des cocktails Molotov et tirant sur des positions israéliennes isolées. Nous ne faisons que de l'autodéfense".
"J'espère qu'il y aura une rencontre trilatérale. Nous sommes prêts. J'espère qu'Arafat l'est".

Interrogé sur la commission d'enquête concernant les violences déclenchées jeudi dernier à Jérusalem, M. Barak n'a pas paru accepter l'idée d'une commission internationale, présidée par les Etats-unis: "Nous avons accepté les propositions américaines que chacune des parties (israélienne et palestinienne) procède à l'examen de ses agissements, que nos responsables en matière de sécurité discutent ensemble pour clarifier ce qui c'est passé", a dit M. Barak. "Ensuite, a-t-il poursuivi, nous nous assiérons avec nos partenaires américains pour assurer une meilleure coordination à l'avenir afin d'empêcher de tels évènements de se répéter".