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La Présidence Macron est en marche


Mardi, 11-Jul-2017
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trefle
  Un trimestre électoral, et le paysage politique est recomposé, nous avons un grand parti de centre droit qui vampirise la droite du parti socialiste et la gauche du parti "Les Républicains".
Des têtes nouvelles, et d'autres qui font semblant de l'être, une fidélité à la politique conduite  par les gouvernements précédents de droite ou de gauche, mais une méthode plus dynamique et plus réactive. La jeunesse et le style du nouveau président pourrait provoquer l'étincelle qui permettrait à notre économie de repartir, il a tous les leviers politiques entre ses mains.
Mais s'il décevait, la contestation ne pourrait s'exprimer que dans la rue, et c'est là le danger.
       

Quelle campagne électorale  !    enfin, les choses se sont mises en place, et nous pouvons à froid observer le nouveau paysage politique. En réalité, il n'est pas si nouveau que cela, et je dirais que le séisme décrit correspond à l'ajustement institutionnel aux aspirations de la majorité des français.

La campagne présidentielle

Au premier tour de l'élection présidentielle, le favori déclaré, François Fillon, candidat du mouvement de la droite libérale "Les Républicains", s'est trouvé emmêlé dans un faisceaux d'attaques personnelles, sa campagne a été plombée, car malgré un talent évident d'orateur, il n'a pu se donner une image d'honnête homme. En outre, il a commis des maladresses, par exemple à des infirmières qui se plaignaient du surmenage, il a répondu sans réfléchir qu'on allait baisser les effectifs pour faire des économies  !   ses attaques contre la sécurité sociale jugée trop lourdes ont également fait peur. Il s'est retrouvé troisième donc exclu du second tour.

Les socialistes ont eu un mal de chien à se trouver un candidat, Manuel Valls, premier ministre était le candidat naturel une fois que François Hollande eut décidé de ne pas se présenter. Mais on a organisé des primaire, et c'est Benoît Hamon qui a gagné. Avec des idées généreuses il a été systématiquement contré par les dirigeants du partis partisans d'une politique plus "libérale", proche de celle que Manuel Valls avait mené. Très mal à l'aise pour défendre une "révolution" tout en s'affichant "le" candidat du parti qui venait de gouverner avec des idées contraires aux siennes, il n'a jamais pu parler haut et clair, et en désespoir de cause, il a défendu une ligne écologique... et a obtenu un score d'écologiste, c'est à dire lamentable.

Le tonitruant Jean Luc Mélenchon, a été un orateur hors paire, très convainquant sur le plan social. Partisan d'une sixième république, il a fondé le parti des "Insoumis" . Dénonçant sans état d'âme la politique au service du patronat de Manuel Valls, laïque, sympathisan de la "révolution bolivarienne", et a réussi à capter une grande partie de l'électorat traditionnel du parti communiste, qui malgré ses dirigeants, a été obligé de le soutenir. Ses relations ambiguës avec les dictateurs Russes ou arabes ont fait peur. Avec beaucoup d'amis et beaucoup d'ennemis, il s'est hissé à une place  honorable mais n'a pu atteindre le second tour.

Le Front National était représenté par Marine Le Pen. Sa campagne a mis en sourdine les sujets qui fâchent. Elle a défendu avant tout le protectionnisme, elle s'est engagée à défendre la France et les français contre les envahisseurs. Elle a expliqué que grâce aux frontières ouvertes les marchandises et les gens entreraient en France comme dans un moulin, en cassant l'industrie, l'emploi et le modèle social. La France serait envahie par l'islam. Elle a préconisé une laïcité intransigeante se rapprochant de l'intolérance religieuse. Elle a remis en cause l'édhésion à l'Euro, et dénoncé les partisans d'une Europe confédérale qui voudraient la disparition de la France. Elle a obtenu un succès éclatant parmi les français qui souffrent, dans les zones rurales abandonnées, et les bassins industriels en friche. Présente au second tour, elle a donné une très mauvaise image d'elle même lors du débat télévisé contre Emmanuel Macron.

Emmanuel Macron est jeune et beau, il parle bien, et bénéficie d'une aura remarquable, si bien qu'on l'a comparé à Jésus ou à Jupiter. Son mouvement s'est nommé "En Marche"  !  avant de s'appeler  «la France en Marche» programme économique correspond très bien aux souhaits du patronat, en particulier, il a promis d'alléger les charges des entreprises, de réduire la dépense publique, et d'alléger les contraintes juridiques, en particulier en simplifiant le code du travail. Il est résolument pour l'union Européenne qu'il souhaite forte. Car il avait été proche de François Hollande et comme il refuse l'extrémisme sécuritaire il plait aussi à gauche. Sa façon de gérer ses erreurs pendant la campagne, ont montré son caractère réactif et sa capacité à manœuvrer rapidement. Face à lui, Marine Le Pen n'avait pas sa chance, aussi a-t-il gagné d'autant plus facilement que son programme économique libéral était celui que les français attendait et que Fillon n'a pu proposer.

Les français ont choisi, comme la bible le leur conseil, ils ont choisi la vie. 

 

Le gouvernement et les législatives.

Emmanuel Macron a choisi Edouard Philippe comme premier ministre. Cet homme jeune a deux caractéristiques importantes : Il est barbu, preuve qu'il sait être à la mode, et membre des Républicains, comme le ministre des finances Bruno Lemaire, ce qui devrait séduire le monde des affaires.  Les autres ministres sont issus du parti socialistes comme le maire de Lyon Gérard Collomb, ministre de l'intérieur apportant un caution de gauche aux délicates questions de sécurité et d'immigration. François Bayrou a été récompensé par un poste de ministre de la justice, qu'il a du abandonner très vite, son parti étant impliqué dans des financements illégaux. D'autres ministres sont sans appartenance politique reconnue, en particulier Jean Michel Blanquer le ministre de l'éducation qui devra réconcilier son ministère avec les enseignants, très en colères contre la politique menée par Najat Vallaud Belkacem dans le gouvernement précédant.

Les élections législatives se jouent en trois tours, le premier, le plus dur, consiste à obtenir l'investiture du bon parti. Vu le score lamentable de Benoît Hamon, l'étiquette socialiste n'était plus porteuse, on a logiquement assisté à une ruée des candidats à la candidature pour obtenir le label "La République en Marche". Il y a eu beaucoup d'appelés, et peu d'élus.

Parfois le prince a été bon. Il a refusé l'investiture "République en Marche" à Manuel Valls (l'ancien premier ministre), pour marquer la rupture avec l'équipe Hollande, mais il l'a autorisé à se présenter sous l'étiquette "majorité présidentielle" et n'a présenté personne contre lui. Sa réélection a été épique. Face à Farida Amrani candidate "Les insoumis". Il n'a gagné que de 132 voix. Combat entre un européen laïque ami de la communauté juive contre une «insoumise» appuyée entre autre par l'extrème gauche, la communauté musulmane et l'ex comique Dieudonné

 Les Républicains se voyaient bien leaders de la nouvelle opposition, mais pour cela, ils devaient se démarquer clairement du Président, or le premier ministre lui même est membre du mouvement, et une grande partie des anciens députés de droite au fond n'ont rien contre le programme d'Emmanuel Macron. Pour serrer les boulons, le comité "Les Républicains" a exclu du mouvement ceux qui se rapprochent trop du mouvement "La République en Marche".
En gros, mis à part les insoumis de Mélenchon, les amis de Benoît Hamon et les nationalistes du Front National, ou de l'aile droite des "Républicains", tous les autres députés sont Macron compatibles.

. On s'attendait à un raz de marée en faveur de "La République en Marche", le second tour a corrigé le premier, et Emmanuel Macron peut être satisfait, il a la majorité absolue, et n'a pas besoin de son encombrant associé Bayrou pour gouverner.

Le mode de scrutin a rendu marginaux des partis qui n'ont que très peu d'élus, avec beaucoup de voix, un suffrage proportionnel, leur en aurait donné cent ou cent cinquante. Le nouveau président s'est engagé d'une part à réduire le nombre de députés, et d'autre part à introduire un part de proportionnelle.

Inquiétante est l'arrivée de députés régionalistes Corse et antillais, le mot régionaliste est un terme poli pour désigner des autonomistes, voir des indépendantistes. Les Autonomistes Corse ont conquis le conseil régional, et tous les fauteuils de députés de l'île. Combien de temps la Corse restera-t-elle française ?

La véritable opposition politique viendra des Insoumis et du Front National, cela sera insuffisant pour le gêner, mal représenté au parlement en raison du mode de scrutin, l'opposition risque de se manifester de façon extra parlementaire.

Edouard Philippe, le premier ministre confirmé à son poste va pouvoir gouverner. 

Des premiers pas assez habiles

La nouvelle  présidence n'a pas proposé de rupture économique avec la précédente, au contraire, elle affirme sa rigueur budgétaire, et un cap libéral affirmé. Pour cela le gouvernement veut réduire les recettes et les dépenses de l'État.

Très diplomatiquement, il donne en même temps des sucettes et des coups de pieds au derrière...   il attaque la fonction publique en promettant une réduction d'effectifs, et en gelant le point d'indice des fonctionnaires. Mais il fait porter les efforts d'économie surtout sur le collectivités locales, ce qui lui évite des coupes sombres dans le budget de la défense qu'il souhaite augmenter, et de l'éducation nationale car il diviser par deux le nombre d'enfants dans le cours préparatoire, il protège aussi la police et la justice. Il sait qu'une montée de la délinquance aurait un impact très négatif sur son image.

En conséquence, c'est probablement le secteur associatif qui va souffrir de cette politique d'économie, les communes ne pourront plus les subventionner, et cela aura un coût social. Les associations locales ont un rôle majeur dans la lutte contre la délinquance, la politique d'austérité risque de coûter très cher.

Côté impôts, il promet de supprimer la taxe d'habitation pour 80 % des ménages, surtout les plus modestes, mais augmentera un autre impôt, la CSG pour les retraités réputés "aisés" c'est à dire gagnant plus de 1200 € par mois  ! 

Par contre les allègements pour les entreprises sont si importants, que les syndicats patronaux sont enthousiastes. La simplification du code du travail sera décidé par ordonnance, et tout est fait pour que les charges des entreprises baissent. Il y a urgence car l'Angleterre est sortie de l'Europe, et certaines entreprises souhaitent quitter la place de Londres. Paris et Frankfort se disputent les financières, et Macron veut que la place de Paris soit la plus attractive.

Le gouvernement tient à simplifier le code du travail, et il le fera par ordonnances après avoir écouté les syndicats, il veut aller vite persuadé que cet avancée sera bonne pour l'emploi. Les sondages auprès du patronat montrent que si l'activité économique repartait les employeurs embaucheraient, et que les complexités du code du travail sont loin d'être l'obstacle principal au plein emploi.

Emmanuel Macron est bel homme, bien habillé, il parle bien et peu, dans l'arène international il fait bonne figure, contrairement à François Hollande, il fait plaisir à regarder. Son épouse, bien que plus âgée que lui joue bien son rôle de conseillère, elle est élégante et la France est contente de l'image d'un couple présidentiel jeune et moderne.

Alors, le Président pourra t-il remettre la France en marche ? Emmanuel Macron semble planer au dessus des sondages, marcher sur l'eau...  il va bientôt marcher sur des oeufs, car l'opposition ne sera pas à craindre au parlement, mais dans la rue.

Souhaitons lui, souhaitons nous, bonne chance  !

Michel Lévy

 


 

 

 

 

 

 

 

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