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Jérusalem en question


Lundi, 07-Aoû-2017
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Revue de Presse
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La volonté de dominer les lieux et les gens empêchent les religieux d'atteindre la spiritualité, et obscurcit l'esprit des dirigeants politiques dont la mission première devrait être d'assurer la paix et la prospérité de leurs administrés.
Les derniers crimes dans la ville trois fois sainte et les menaces de crimes encore plus grands n'annoncent rien de bon quand on sait que les dirigeants semblent n'avoir qu'un but : rester au pouvoir le plus longtemps possible. 
L'espoir vient des femmes, sauront-elles imposer la vie ?

 

 

Vendredi 14 juillet 2017, des gardes frontières israéliens étaient en fraction à la Porte des Lions, à l'entrée du quartier musulman de la vieille ville. Trois hommes armés de pistolets automatiques de fabrication artisanale ont ouvert le feu sur eux, deux jeunes gardes ont été tué sur le coup et le troisième blessé. 

Les assaillants ont été ensuite poursuivis dans les ruelles et tués à leur tour alors qu'ils se trouvaient sur l'esplanade des mosquées.

Cet attentat est particulièrement grave et symbolique, en raison de la personnalité des victimes et des assassins, ainsi que des lieux concernés.

Les victimes sont deux jeunes druzes, dont un des deux est le fils d'un ancien député travailliste.

Les assassins sont des arabes «israéliens » de la ville d'Um El Fahm, dans la banlieue de Jenine, en territoire palestinien. La ville est contaminée par cheikh Raed Sallah, l'ancien maire, un islamiste virulent, mais les élections montrent que les citoyens de la ville ne votent pas pour les partis "sionistes" de droite ou de gauche, la majorité appuie les islamistes. Aucun juif n'a jamais réussis à habiter durablement dans la ville.

Deuil chez les israéliens

Tout Israël a porté le deuil des deux garde frontières Druzes. Des milliers de personnes dont des ministres ont accompagné à leur dernière demeure le sergent-major Hail Stawi âgé de 30 ans, qui a été enterré dans la ville de Marar, dans le nord d'Israël, majoritairement druze et arabe, et dans l'après-midi de vendredi l'adjudant Kaamil Shanan, 22 ans, dans le village druze de Hurfeish, également dans le nord d'Israël, son père a été député travailliste, il était fiancé et devait se marier la semaine suivante.  Lors des funérailles de Shanan, l'ancien député a pleuré la disparition de son fils et prié pour "qu'il soit la dernière victime du terrorisme, pour que les gens comprennent que trop, c'est trop".

Les Druzes sont en colère, et en représailles, certains d'entre eux ont mis le feu à deux mosquées de haute Galilée.

Deuil chez les arabes

Quelque 3000 personnes se sont rassemblées mercredi à Umm al-Fahm pour l'enterrement des trois Arabes-Israéliens qui ont abattu le 14 juillet des agents de police druzes israéliens. Les trois assassins étaient membre de la famille Jabarin, totalement inconnue des services de police, Muhammad Ahmed Muhammad, 29 ans, Muhammad Hamad Abdel Latif , 19 ans, et Muhammad Ahmed Mafdal, 19 ans. Ils ont été enterrés à Um El Fahm, où ils habitaient. Lors de leurs funérailles, de nombreux drapeaux de l'OLP flottaient, la foule scandait des slogans à la gloire des trois « shahids » et appelaient à « libérer Al-Aqsa par le feu et par le sang », des feux d'artifice se sont poursuivis durant toute la nuit.

Dans un sermon du vendredi prononcé à Oum El-Fahm après l'attentat du 14 juillet , Cheikh Raed Salah, le chef de la branche nord du Mouvement islamique en Israël, a prié Allah d'accueillir les martyrs – « ces fils d'Oum El-Fahm » – au Paradis et  de « les unir aux prophètes, aux justes, aux martyrs et aux purs ».


Photo d'Um El Fahem

En réaction Nethanyahu installe des portiques détecteurs de métaux à l'entrée de l'esplanade des mosquées. Ceci déclenche fureur et manifestations.

Cette mesure s'explique, car les caméras de surveillance ont montré qu'ils avaient introduits la veille des armes sur l'esplanade, elle déchaîne des violences extrêmes. Le premier jours, trois manifestants arabes sont tués par la police, le second deux autres meurent car les cocktails molotov qu'ils voulaient lancer contre la police leur ont explosé dans les mains.

Pour exiger le retrait des portiques, l'autorité Palestinienne déclare qu'elle suspend toute coopération sécuritaire avec Israël. Le Grand muphti a déclaré que toute prière faite par une personne passant par les portiques ne serait pas exaucée. Il a ordonné aux fidèles de prier dans la rue.

En même temps la Jordanie menace de rompre toutes relations avec Israël. Les propos échangés sont très durs. En Turquie, également Erdogan encourage les manifestations qui sont curieusement absentes des rues du Caire.
Les grandes puissance appelent comme d'habitude les belligérants à la retenue, et convoquent d'urgence une réunion à l'ONU sur ces portiques de sécurité et la répression israélienne.

Pourquoi les portiques posent-ils problème ?

Ces portiques ne devaient pas poser de problème, il s'agit uniquement de vérifier qu'aucune arme n'entre sur l'esplanade sacrée. Les juifs sont soumis à la même contrainte pour accéder au mur occidental, et les musulmans les supportent sans broncher sur les principaux lieus saints de l'Islam à la Mecque et à Médine.

Pour les arabes, ces portiques sont inutiles, il n'y a pas d'armes cachées dans les mosquées. D'ailleurs une perquisition musclée de la police israélienne n'a rien donnée.
Mais surtout, la sécurité d'un bâtiment est assurée par son propriétaire.
Si Israël assumait la sécurité de l'Haram Al Sharif, cela voudrait dire qu'il est chez lui dans le lieu saint islamique dont la responsabilité a été confiée au Roi de Jordanie et au Wafq depuis 1948 et confirmé en 1967.

Les arabes considèrent que ces portiques sont atteinte à la souveraineté musulmane sur l'esplanade des mosquées.

Drame à l'ambassade d' Israël à Amman

Le 24 juillet, alors que la foule gronde autour de l'ambassade d'Israël à Amman, un drame s'est déroulé à l'intérieur. Le responsable adjoint à la sécurité de l'ambassade, a commandé des meubles, et un menuisier est venu pour les installer. Profitant que le fonctionnaire israélien avait le dos tourné, il l'a poignardé dans le dos à l'aide d'un tournevis. Aussitôt, la victime réagit et a tiré en blessant mortellement son agresseur mais aussi accidentellement la personne qui l'accompagnait .

La Jordanie exige qu'on lui livre le responsable afin qu'il soit jugé et Israël demande l'immunité diplomatique et le rapatriement de ses ressortissants.

Le ton monte, si bien qu'on pourrait craindre un clash définitif. On sait que le Royaume est habité majoritairement par palestiniens solidaires de leurs frères, et que l'islam politique antisémite et violent a contaminé de larges couches de la population. Le parlement d'Amman exige la rupture des relations diplomatiques entre la Jordanie et Israël.

Une solution diplomatique vient au secours du roi Abdallah et de Nethanyahu

Mais ce serait mal connaître les réalités géo-stratégiques de la région. Sans la protection israélienne, le régime de Mahmoud Abbas s'effondrerait très rapidement, et le régime du Roi Abdallah ne tiendrait pas trois mois. Les économies jordaniennes et israéliennes sont liées par de nombreux accords sur l'eau, le gaz, les usines délocalisées etc... et les services secrets des deux pays collaborent pour empêcher les attentats, et les tentatives de coup d'état.

Le directeur du shin beth, (le contre espionnage israélien) est allé négocier une sortie de crise avec les autorités jordaniennes :  La Jordanie a accepté d'exfiltrer le diplomate israélien, et Israël s'est engagé à démonter les portiques.

Tout le monde y gagne, les arabes peuvent crier Victoire, les portiques sont enlevés. Le Haram El Sharif reste sous contôle musulman et Nethanyahu peut se vanter d'avoir pu ramener sain et sauf ses diplomates. Pour faire bonne figure, il expulse la chaine Al Djezeera d'Israël, contrôlée par le Qatar, faisant ainsi plaisir au Roi d'Arabie qui est l'autre parrain du roi de Jordanie.
Israël s'engage de plus en plus dans le camp sunnite et devient un allié stratégique pour l'Égypte et l'Arabie. .

Les assassinats nationalistes se multiplient et l'opinion Israélienne perd patience.

 

Le même jour, dans les territoires un tueur pénètre dans la maison de la famille Salomon, à Halamish en Cisjordanie qui fêtait la naissance de leur premier petit fils, il y avait dix personnes, les femmes se sont sauvé avec les enfants à l'étage pour les protéger et ont appelé la police, mais le grand père et deux personnes ont été poignardés à mort. Un voisin est accouru l'a blessé et l'a remis à la police. La photo de ce jeune homme de dix neuf ans, souriant sur son lit d'hôpital a révulsé l'opinion israélienne.

Quelques jours plus tard, un autre jeune homme est entré dans un super marché à Yavné (à l'intérieur de la ligne verte) et a très grièvement poignardé un employé qui remplissait les rayons. Les services de sécurité du super marché l'ont arrêté et livré à la police, malgré la foule qui voulait le lyncher.

Face à ces actes, l'opinion israélienne est de plus en plus favorable à la peine de mort, voir les photos des assassins sourire sur leur lit d'hôpital, très fier de leur forfait, alors que des familles en deuil pleurent le décès d'innocent passe très mal auprès de l'opinion, et Nethanyahu sait très bien qu'il séduira son électorat avec de tel propos : "La peine de mort pour les terroristes : il est temps de l'appliquer dans les cas les plus graves" . Il a aussitôt ordonné de détruire la maison des terroristes.

Les problèmes soulevés par ces troubles :

1) Nethanyahu a eu tort d'installer des portiques de sécurité sans l'accord du Roi de Jordanie et du Wafq. En les retirant il a perdu la face, il ne devait donc pas les placer.
Ce qui est en cause est le caractère unilatéral de la décision, Nethanyahu n'aurait jamais du la prendre sans l'aval du Roi de Jordanie et du Wafq. Était-ce une erreur ou une tentative de tester les réactions arabes en procédant à un contrôle progressif des lieux  ?

2) La tromperie et la ruse ne remplacent pas une politique claire. Nethanyahu affirme que le mont du temple est le coeur du judaïsme, sa complaisance avec les nationalistes religieux qui rêvent de reconstruire un troisième temple, fait peur aux arabes qui y voient une manoeuvre pour les évincer, Comme Nethanyahu prétend en même temps respecter le statut quo, une majorité d'arabes le prend pour un menteur.
Les dirigeants palestiniens se déclarent en guerre contre le terrorisme, qu'ils finançent, et glorifie dans les écoles. Ils transforment en héros les assassins les plus ignobles aussi la plupart des israéliens les considèrent comme des gens de mauvaise foi.

3) On sait que l'ignorance plus la peur provoque la haine, les dirigeants des deux pays favorisent l'ignorance, voir le mensonge, et les terroristes s'escriment à développer la peur. Cette peur et cette haine empêchent toute solution rationnelle.

4) La loyauté des arabes israéliens est mise sérieusement en doute, certains arabes parlent d'une  nouvelle "intifada", une révolte généralisée certains israéliens répondent qu'il s'agirait d'une nouvelle "naqba", une catastrophe, car la majorité juive ne pourra plus les supporter. Um El Fahm risque de passer avec ses habitants en Palestine, et le sort des arabes déloyaux à l'État risque de ne pas être enviable.

5) Plus que jamais, accepter l'autre comme il est et chercher rationnellement à résoudre les vrais problèmes est indispensable. Des collectifs de femmes israéliennes et palestiniennes travaillent ensemble, se réunissent. Elles manifestent contre la peur et l'ignorance, et l'immobilisme des dirigeants. Elles nouent parfois de véritables amitiés. Les hommes semblent incapables de faire la paix, celles qui portent la vie ont aussi leur mot à dire.

Et si pour une fois les dirigeants écoutaient les femmes ?

Michel Lévy

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