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La Turquie à la conquête du Kurdistan Syrien
Revue de Presse

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Syrie – Les Turcs attaquent Afrin, les Américains se plantent, les Kurdes sont encore dans le mauvais camp

Par Moon of Alabama 
Arrêt sur info — 22 janvier 2018
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https://arretsurinfo.ch/    Par Moon of Alabama 

Publié le 21 janvier 2018 sous le titre Syria – Turks Attack Afrin, U.S. Strategy Fails, Kurds Again Chose The Losing Side

Après l'échec des négociations entre la Russie/Syrie et les Kurdes d'Afrin, la partie russe a conclu un accord avec la Turquie. Maintenant la Turquie attaque Afrin pendant que tout le monde regarde ailleurs. La principale raison de ce développement est la décision des Etats-Unis d'occuper le nord-est de la Syrie avec l'aide du YPG/PKK kurde. La stratégie d'occupation s'avère déjà être un échec. Les Kurdes ont fait le mauvais choix. Ils sortiront perdants du jeu.

Nous nous sommes trompés en prédisant que les menaces turques d'attaquer la zone nord-ouest d'Afrin contrôlée par les Kurdes étaient des menaces creuses:

«La menace n'est pas sérieuse :

– Afrin est sous la protection formelle des forces russes et syriennes.

–  Le vrai danger pour la Turquie n'est pas Afrin, mais le protectorat kurde beaucoup plus large que les États-Unis ont officiellement annoncé dans le nord-est de la Syrie.

Les menaces turques et le bruit de l'artillerie ont couvert les protestations de la Syrie et les conseils plus discrets de la Russie. Le gouvernement syrien veut montrer qu'il est le protecteur de tous les citoyens syriens, qu'ils soient d'origine arabe ou kurde. La Russie est fière de jouer le rôle de l'adulte qui apaise tous les camps.

La Turquie attaque maintenant le canton d'Afrin en force.
Sous l'inspiration d'un certain George Orwell, l'opération a été baptisée « Rameau d'olivier ».

L'opération turque à Afrin a été déclenchée par deux événements. Le plus important a été l'annonce par les États-Unis d'une occupation permanente du nord-est de la Syrie avec l'aide d'une « force de protection des frontières » composée de 30 000 hommes des Forces démocratiques syriennes (FDS) principalement des Kurdes et des Arabes qui avaient combattu sous les ordres de l'EI. Nous avions noté à ce moment-là:

Les Etats-Unis n'ont pas consulté les Turcs avant d'annoncer leur décision et les Turcs ne trouvent évidemment pas drôle du tout qu'une « bande de terroristes », entraînée et armée par les États-Unis, contrôle un long tronçon de leur frontière méridionale. N'importe quel gouvernement turc serait obligé de prendre des mesures drastiques pour protéger le pays d'une telle menace stratégique.

Les Etats-Unis ont fait preuve d'amateurisme. Ils ont ignoré les besoins de sécurité de la Turquie, leur alliée dans l'OTAN, et lui ont préféré une occupation illégale qui ne pourra pas durer du nord-est de la Syrie. Le secrétaire d'État Tillerson a tenté de calmer les Turcs en affirmant que la « force de protection des frontières » n'était pas destinée à protéger la frontière. Les rapports émanant du terrain où ces forces sont entraînées prouvent que c'est un mensonge:

« Cette force sera une force fondamentale pour protéger les frontières du nord de la Syrie », a déclaré la personne qui présidait la cérémonie qui couronnait la formation.

La seconde raison de l'opération turque est le succès remporté par l'armée syrienne à Idlib-Est où « l'armée syrienne libre » et les Takfiris d'Al-Qaïda soutenus par la Turquie ont été éliminés par l'armée syrienne.

L'opération turque en cours a été précédée de plusieurs séries de négociations.

Le gouvernement syrien et ses alliés russes ont offert aux Kurdes d'Afrin de les protéger contre les attaques turques :

Il y a près d'une semaine, il y a eu une réunion entre des responsables russes et des dirigeants kurdes. Moscou a suggéré que l'État syrien devienne l'unique entité responsable de la frontière nord. Les Kurdes ont refusé. Immédiatement après les généraux turcs ont été invités à Moscou. Donner à l'État syrien le contrôle de sa frontière nord n'était pas la seule exigence russe. L'autre était que les Kurdes rendent les champs pétrolifères de Deir al Zor. Les Kurdes ont refusé en laissant entendre que les États-Unis ne le permettraient pas de toute façon. La réunion n'a pas vraiment été un succès.

Ce témoignage a été confirmé par les négociateurs kurdes:

Aldar Xelil (@Xelilaldar), membre de la Société Libre Démocratique Tev-Dem: « Au cours d'une réunion, la Russie a dit à l'administration d'Afrin que si Afrin était gouvernée par le régime syrien, la Turquie ne l'attaquerait pas. L'administration du canton d'Afrin a refusé cette proposition. »

Les Kurdes ont fait une contre-offre. Ils proposaient de mettre des drapeaux syriens et de rendre la base aérienne de Menagh (presque entièrement détruite), mais ils ne voulaient pas renoncer au contrôle des frontières:

La traduction d'un extrait du journal Diken:

Amberin Zaman s'est entretenu avec des officiels de Rojava, Nobahar Mustafa et Sinam Mohammed. Ils ont dit :

–  La Russie veut affaiblir le YPG et rendre Afrin au « régime ».

–  Nous négocions toujours avec la Russie. Ils nous ont dit que si on rendait Afrin au régime, ce dernier nous protégerait. Nous avons refusé. Nous avons proposé de rendre la base aérienne de Menagh et d'autres points de contrôle, mais ils ont refusé.

–  Il se peut que nous nous retirions de la conférence de Sotchi

–  Nous allons former une nouvelle alliance avec l'Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et l'Égypte.

–  Le commandant des forces de Rojava, le général Mazlum et Ilham Ahmed ont rencontré Brett McGurk pour demander aux Etats-Unis de mettre fin aux attaques turques. C'est un test de la fiabilité des Etats-Unis en tant qu'allié.

Après l'échec des négociations avec les Kurdes, la Syrie et la Russie qui en était le médiateur ont conclu un accord avec la Turquie. La Turquie avait accepté la création d'une zone de désescalade à Idleb, mais elle n'avait jamais procédé à la mise en place des postes d'observation promis dans la zone gouvernée par Al-Qaïda. La Turquie a soutenu Al-Qaïda. Combattre directement le groupe terroriste est contraire aux intérêts turcs. De nombreux combattants d'Al-Qaïda ont de la famille et des amis en Turquie et cela la rend vulnérable.

Le nouvel accord donnera à la Syrie le contrôle de la plus grande partie d'Idlib en échange du contrôle turc sur Afrin (si les Turcs parviennent à prendre la région). Au début de l'opération turque, l'armée syrienne a pris la base aérienne d'Abu Duhur à l'est-Idleb. Elle va éliminer tout ce qui reste d'Al-Qaïda et de l'EI dans le chaudron maintenant scellé. Elle poursuivra ensuite son avancée dans le gouvernorat d'Idlib.

Pour agrandir

Ce ne serait pas bon pour la Syrie que la Turquie prenne le contrôle d'Afrin. Le gouvernement syrien n'aime pas du tout l'accord que les Russes ont conclu en son nom, d'autant qu'un accord avec l'instable président turc Erdogan ne tiendra probablement pas longtemps. Mais voir les Kurdes s'allier aux États-Unis dans une occupation permanente du nord-est est encore pire pour la Syrie.

Le gouvernement syrien a rejeté les allégations turques selon lesquelles la Turquie l'aurait  informé de l'attaque et a officiellement condamné la décision turque. Mais il ne peut pas faire grand-chose. Son armée est épuisée et engagée ailleurs. Ni la Russie, ni l'Iran, ne verraient d'un bon œil un conflit ouvert avec la Turquie.

Les médias turcs sont en mode guerre totale :

Les journaux turcs de ce matin:

–  Hurriyet: Nos avions ont touché #Afrin. Le cœur de la Turquie bat comme un seul homme

–  Sabah: Nous les frappons dans leur tanière

–  Haberturk: La poigne de fer pour le terrorisme, le rameau d'olivier pour les civils

–  Sozcu: Nous avons dit que nous allions frapper malgré les Etats-Unis et la Russie. Nous avons frappé les traîtres

L'opération  de la Turquie contre Afrin est assez importante. Ses forces aériennes bombardent la région. Elle envoie maintenant ses chars les plus modernes. L' « Armée syrienne libre » d'Al-Qaïda soutenue et contrôlée par la Turquie, sera au front sur le terrain et c'est elle qui va certainement perdre le plus de sang. Afrin est dans la montagne et ce sera un combat difficile. Deux chars turcs ont déjà été détruits. Les Kurdes sont bien préparés et bien armés. Les deux camps auront beaucoup de pertes.

Pendant ce temps, l'armée syrienne et ses alliés auront le temps de s'emparer d'Idlib.

Les États-Unis sont en plein marasme. Leur stratégie pour la Syrie, qui date seulement d'une petite semaine, est déjà en train de s'effondrer. Leur Commandement Central refuse de prendre la responsabilité des Kurdes d'Afrin tout en s'alliant avec les Kurdes de l'Est. Ce sont pourtant les mêmes. Le commandant militaire kurde d'Afrin se battait auparavant à Kobane. En ce moment, les avions turcs décollent de la base aérienne américaine d'Incerlik pour aller bombarder les Kurdes dans l'ouest de la Syrie, tandis que les avions-citernes américains décollent d'Incirlik pour aller soutenir l'alliance des États-Unis avec les Kurdes de l'est.

Le groupe arabe Jaysh al Thuwar était une des feuilles de vigne arabes qui dissimulait le commandement kurde des Forces démocratiques syriennes (FDS) soutenues par les États-Unis à l'est. Il a maintenant changé de camp page et est de retour sous la tutelle turque. (MISE À JOUR: Cela a maintenant été réfuté. /fin de la mise à jour). D'autres éléments des FSD vont changer de camp. Nous pouvons nous attendre à des « attaques de l'intérieur » contre les forces américaines qui les entraînent.

Le commandement kurde blâme la Russie pour l'attaque turque contre Afrin. C'est ridicule. La Syrie et les Russes ont soutenu les Kurdes tout au long de la guerre. Ils ont été les premiers à livrer des armes et des munitions aux Kurdes pour se battre contre les Takfiris. Ce sont les Kurdes qui ont changé de camp et encouragé l'occupation américaine. Ce sont les Kurdes qui ont annoncé qu'ils demanderaient le soutien des Saoudiens.

Il y a quelques mois à peine, le projet kurde en Irak s'est lamentablement effondré. Le gouvernement irakien a repris tous ce que les Kurdes avaient gagné en une décennie, et les Etats-Unis n'ont rien fait pour aider leurs « alliés » kurdes. Comment les Kurdes de Syrie peuvent-ils s'imaginer que cette nouvelle entreprise démesurée aura un sort différent?


 

Les Kurdes de Syrie longtemps marginalisés

29/01/18 à 13:43 - Mise à jour à 13:43

Source: Afp

Les Kurdes de Syrie, dont l'enclave d'Afrine est bombardée depuis une semaine par la Turquie, ont bénéficié du chaos du conflit syrien pour établir une autonomie de facto dans les territoires qu'ils contrôlent dans le nord et le nord-est du pays. Ils ont adopté une position de "neutralité" envers le pouvoir et la rébellion au début de la guerre.       

© Reuters

- Discrimination -

Installés surtout dans le nord de la Syrie, les Kurdes, essentiellement sunnites avec des minorités non musulmanes et des formations politiques souvent laïques, représentent 15% de la population syrienne selon les estimations. Ils ont souffert de décennies de marginalisation et d'oppression de la part du régime du parti Baas au pouvoir, et n'ont cessé de réclamer la reconnaissance de leurs droits culturels et politiques.

- Neutralité et autonomie -

Dès le début du conflit déclenché en 2011 par la répression sanglante d'une révolte pacifique par les troupes du président Bachar al-Assad, le régime fait un geste envers les Kurdes. M. Assad naturalise 300.000 Kurdes "apatrides" après un demi-siècle d'attente et de protestations. Ces Kurdes de Syrie s'étaient vus retirer leur nationalité à la suite d'un recensement controversé en 1962.

Les Kurdes vont ensuite tenter de rester à l'écart du conflit. Ils adoptent une position "neutre" envers le pouvoir et la rébellion, essayant d'empêcher les rebelles de pénétrer dans leurs régions pour éviter des représailles du régime.

A la mi-2012, les forces gouvernementales quittent des positions dans le nord et l'est, qui sont reprises par les Kurdes. Ce retrait est perçu comme destiné essentiellement à encourager les Kurdes à ne pas s'allier aux rebelles.

- 'Région fédérale' -

En novembre 2013, le Parti de l'union démocratique (PYD), dont les Unités de protection du peuple (YPG) sont le bras armé, proclame une semi-autonomie.

En mars 2016, les territoires semi-autonomes annoncent la création d'une "région fédérale", composée de trois cantons, Afrine --dans la province d'Alep (nord)--, Jaziré --qui correspond à la province de Hassaké (nord-est)--, et l'Euphrate --sur une partie des provinces d'Alep et de Raqa.

Cette initiative s'apparente à une autonomie de facto et les Kurdes vont s'attirer l'inimitié des forces de l'opposition, en plus de l'hostilité de la Turquie voisine.

En décembre 2016, ils se dotent d'un "contrat social", une Constitution pour la "région fédérale".

En 2017, les habitants des régions kurdes élisent leurs conseils municipaux.

- Antijihadistes -

Dès 2014, la branche armée du PYD a été l'une des principales forces combattant le groupe Etat islamique (EI) avec l'appui aérien de la coalition conduite par les Etats-Unis.

Début 2015, les forces kurdes soutenues par les frappes de la coalition chassent l'EI de Kobané, à la frontière turque, après plus de quatre mois de violents combats.

En octobre 2017, les Forces démocratiques syriennes (FDS), une alliance de combattants kurdes et arabes, chassent l'EI de son fief de Raqa après des mois de combats.

- Offensive turque -

Le 14 janvier 2018, la coalition annonce oeuvrer à la création d'une "force" frontalière de 30.000 hommes dans le nord de la Syrie, notamment constituée de membres des FDS, dominées par les YPG.

Or, la Turquie considère les YPG comme l'extension en Syrie du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), une organisation kurde qui livre une guérilla contre Ankara depuis 1984.

La Turquie avait déjà lancé une offensive dans le nord de la Syrie en août 2016 pour repousser à la fois l'EI et l'expansion territoriale des milices kurdes.

Le 20 janvier, la Turquie lance une offensive terrestre et aérienne baptisée "Rameau d'olivier" contre les YPG dans la région d'Afrine.

Le 25, le canton kurde d'Afrine exhorte Damas à intervenir contre l'aviation turque.

Le lendemain, Ankara promet d'élargir l'offensive et de lancer ses forces contre la ville de Minbej.

 

La ville syrienne de Manbij fait l'objet d'un bras de fer entre la Turquie et les États-Unis

Posté dans Moyen-Orient, Opérations par Laurent Lagneau Le 29-01-2018


image: http://www.opex360.com/wp-content/uploads/manbij-20170306.jpg

En janvier 2014, la localité syrienne de Manbij, située sur la rive droite de l'Euphrate, à environ 80 km au nord-est d'Alep, devint l'un des premiers bastions de l'État islamique (EI ou Daesh) et donc l'un des principaux carrefours des axes empruntés par les recrues jihadistes venus de Turquie.

Aussi, avec le soutien de la coalition dirigée par les États-Unis, les Forces démocratiques syriennes (FDS) lancèrent une offensive en direction de ce point stratégique en juin 2016. Deux mois plus tard, à l'issue de combats acharnées, elles prirent le contrôle de Manbij.

Ce qui motiva en partie le lancement de l'opération turque « Bouclier de l'Euphrate », Ankara voulant éviter que les milices kurdes syriennes (YPG, Unités de protection du peuple), proches du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), un mouvement indépendantiste turc à l'origine d'une sanglante rébellion, puissent disposer d'une continuité territoriale le long de sa frontière avec la Syrie.

Après avoir chassé l'EI de Jarabulus et d'Al-Bab (non sans difficultés), la Turquie annonça, en mars 2017, son intention de faire porter l'effort de ses forces (appuyées par des groupes rebelles syriens) en direction de Manbij. Aussi, la coalition anti-jihadiste y renforça ses troupes (principalement américaines) afin de, selon le Pentagone, « rassurer les forces partenaires et de dissuader toute agression, afin que toutes les parties restent concentrées sur la défaite de notre ennemi commun, l'EI. » Et les choses en restèrent là.

Pour autant, les autorités turques n'ont pas fait une croix sur Manbij. Bien au contraire. Ainsi, elles ne cessent de dire que l'opération « Rameau d'olivier », qu'elles ont lancée le 20 janvier pour chasser les milices kurdes syriennes de la région d'Afrin, pourrait « s'étendre » à d'autres territoires.

Depuis qu'elles ont lancé, le 20 janvier, l'opération « Rameau d'olivier » pour chasser les milices kurdes syriennes de la région de Manbij, probablement avec un accord de la Russie, elles ne cessent de dire que l'offensive en cours pourrait « s'étendre » à d'autres régions frontalières.

C'est en effet ce qu'a affirmé Mevlüt Cavusoglu, le ministre turc des Affaires étrangères, à France24, le 24 janvier. Selon lui, l'opération « Rameau d'olivier » pourrait ainsi aller « jusqu'à Manbij » (soit à une centaine de kilomètres d'Afrin), « voire à l'est de l'Euphrate » car « aucun pays ne peut tolérer une organisation terroriste à sa frontière. »

Alors que les États-Unis ont appelé la Turquie à « la retenue » tout en lui reconnaissant le droit à prendre les mesures nécessaires à sa sécurité, le président turc, Recep Tayyip Erdogan a durci le ton. « Peu importe le nom de l'organisation terroriste, qu'il s'agisse de Daesh, du PKK ou des YPG. Avec l'aide de Dieu, nous les écraserons comme un rouleau compresseur », a-t-il ainsi assuré dans un discours prononcé le 27 janvier à Istanbul.

La veille, M. Erdogan avait affirmé que les forces turques et leurs supplétifs poursuivraient le combat « jusqu'à ne plus laisser aucun terroriste jusqu'à la frontière irakienne. » Et d'ajouter, à propos des appels à la retenue de certaines chancelleries occidentales : « Certains nous demandent avec insistance de faire en sorte que cette opération soit courte (…) Attendez, ça ne fait que sept jours. Combien de temps a duré l'Afghanistan? Combien de temps a duré l'Irak? »

Puis, M. Cavusoglu est revenu à la charge, le 27 janvier. « Il faut qu'ils (les Etats-Unis) se retirent immédiatement de Manbij », a-t-il dit à des journalistes, lors d'un déplacement à Antalya (sud de la Turquie). Et, dans une tribune publiée par le New York Times, il a reproché aux États-Unis « d'armer une organisation terroriste qui attaque » la Turquie, en l'occurrence les YPG, dont le rôle a pourtant été déterminant la défaite militaire infligé à l'EI en Syrie.

Plus tôt, lors d'un entretien téléphonique avec son homologue turc, le président Trump avait « exhorté la Turquie à faire preuve de prudence et à éviter toute action qui risquerait de créer un conflit entre les forces turques et américaines. » Une version démentie par Ankara.

« Les États-Unis sont engagés avec le gouvernement turc à tous les niveaux pour développer une solution qui réponde aux préoccupations sécuritaires de la Turquie et assure que la pression sur l'EI ne diminue pas », fit ensuite valoir le Pentagone. « Nous ne discutons pas des actions ou des plans militaires futurs, nous demandons à la Turquie de désamorcer, de faire preuve de prudence et d'éviter toute action qui risquerait de créer un conflit entre les forces turques et américaines », avait-il précisé.

« Je vous dirais que partout où les troupes américaines se trouvent, elles vont pouvoir se défendre, et nous nous coordonnons très étroitement avec les Turcs à ce sujet », avait en outre affirmé un porte-parole du Pentagone à CNN. « Ils [les Turcs] savent où sont nos forces. »

Quoi qu'il en soit, il n'est pas question pour les troupes américaines présentes à Manbij (une centaine de soldats environ) de plier le paquetage. « Un retrait n'est pas quelque chose que nous examinons », a en effet déclaré le général Joseph Votel, le chef de l'US Centcom, le commandement militaire américain pour le Moyent-Orient et l'Asie centrale.

Depuis sa prise, la défense de Manbij est assurée par le Conseil militaire de Manbij (MMC), une force majoritairement arabe faisant partie des FDS qui est conseillée, formée et équipée par la coalition. Pour cette dernière, il est important qu'il y ait un maintien de la stabilité dans cette ville, ce qui est la condition première pour « prévenir le retour éventuel de l'EI ».


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