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L’évolution de la population en Palestine

Thèse soutenue à l'université de Lyon * exploitant entre autre les travaux de Nadine Picaudou, les Palestiniens, un siècle d’histoire, Paris, Editions complètes, 1997, de Charles Clermont-Ganneau, et de René Pérennés

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Nous aborderons d’abord la population palestinienne d’un point de vue non confessionnel, aspect qui nécessite une étude plus approfondie et que nous étudierons plus longuement par la suite.

Pour les Européens, les habitants de Palestine sont perçus de manière indistincte comme des Arabes, à mi-chemin entre nomades et sédentaires. Charles Clermont-Ganneau s’interroge sur le sens à donner à cette race arabe : 

« Les paysans de Judée sont des Arabes, dit-on; je le veux bien, en ce sens qu’ils parlent arabe ; mais il faudrait une bonne fois s’entendre sur ce nom vague et décevant d’Arabe qui recouvre tant de races distinctes, tant de débris hétérogènes (…) La race non citadine, aux mœurs sédentaires, aux habitudes originales, au langage même plein de particularités, qui occupe la Judée, notamment la partie montagneuse (…) n’est nullement, comme on l’admet d’ordinaire, celle à laquelle appartiennent les hordes nomades venues de l’Arabie avec les généraux d’Omar» 345 .

Malgré les questions posées, les préjugés existants, ce pèlerin comme les autres a beaucoup de mal à définir cette population aux origines multiples, tout ceci étant bien évidemment doublé d’un regard négatif à l’encontre de ces arabes à forte majorité musulmane. Cela n’empêche pas de succomber aux charmes féminins de ces populations : « Rien de plus délicat pour un Européen que de frayer, en tout bien tout honneur s’entend, avec les femmes fellah de la Judée, qui cependant ne se dérobent pas sous le voile des musulmanes des villes et se bornent tout au plus à se masquer parfois la bouche avec leur longue manche bleue (…) Il faudrait être femme pour approcher ce gibier sauvage, et une européenne qui serait suffisamment préparée pour pénétrer sans intermédiaire, de plain-pied dans le harem obscur de leurs idées et de leurs traditions y ferait au profit de la science, un butin autrement précieux que dans les sérails bien peu intéressants du Caire et de Constantinople» 346 .

Les recensements de la population palestinienne sont très flous, à l’image des statistiques de l’administration ottomane, avec des régions peu visitées par les agents recenseurs comme ce fut le cas pour la Palestine, des groupes ignorés comme le furent les Bédouins et des négligences en particulier vis-à-vis des chrétiens non concernés par le service militaire.

Les statistiques de Roger Pérennés sur l’évolution démographique de la Palestine au XIXe siècle s’avèrent les plus fiables. Le premier constat est que sur l’ensemble du siècle, il y a une évolution positive de la population. On note cependant une stagnation à la fin des années 1850, et plus particulièrement avec l’épidémie de choléra de 1865-1866 qui fait des ravages : « En novembre 1865 le consulat français faisait part de 1059 morts à Jaffa en 32 jours et de 1760 à Naplouse en 18 jours ; 432 furent déclarés décédés à Gaza et 800 à Jérusalem jusqu’en novembre 1865. Les gens s’enfuyaient des villes, y compris le personnel des consulats, mais ils étaient rattrapés par l’épidémie à la campagne. Durant l’hiver, elle fit rage dans le nord de la Palestine. En juin 1866, le consul de France faisait savoir que le choléra subsistait encore à Tibériade »347 .

Après cette épisode dramatique, la population connaît une augmentation constante jusqu’au mandat britannique.

René Pérennés s’appuie sur le recensement ottoman de 1872 qui, d’après lui, présente une certaine fiabilité :

Tableau n°1

D’après le tableau n°1 distinguant les villes et les campagnes pour l’ensemble de la Palestine mandataire (le tableau inclut les Kazas d’Ajuin et de Salt qui sont à l’est du Jourdain), on compte 64580 foyers au total et dans la majorité des cas un nombre supérieur dans les campagnes par rapport aux villes. Pour le kaza de Jérusalem, on dénombre 7320 foyers en campagne (soit 116 villages) et 2393 en ville.

 

Le tableau n°2 établit le chiffre global de la population pour le kaza de Jérusalem à 43 920 habitants d’après le recensement ottoman. Enfin, le tableau n°3 précise le nombre d’habitants dans les villes, avec une démographie galopante pour les villes de Jérusalem qui passe de 9000 en 1800 à 62 500 en 1922 ; il en est de même pour Haïffa qui passe de 1000 habitants en 1800 à 24600 en 1922. L’évolution la plus spectaculaire étant pour Jaffa dont le nombre d’habitants est de 2750 en 1800 et qui passe à 47700 en 1922.

L’augmentation très significative de ces trois villes s’explique par le développement économique de la Palestine, l’importance prise par les deux ports que sont Jaffa et Haïffa et par le rôle de plus en plus central qu’occupe Jérusalem aussi bien du point de vue politique que religieux. La seule ville qui connaît une évolution négative de sa démographie est Acre avec une population qui passe de 8000 habitants en 1800 à 6400 en 1922. La principale explication réside dans le fait qu’Acre était au début du XIXe siècle le centre économique et politique de la région et que progressivement elle s’est vue détrônée par Jérusalem et préférée au niveau portuaire par sa voisine Haïffa.

Nicole Picaudou propose des chiffres globalement similaires sur la population des villes :

Gaza, de 8000 en 1800 à 18 000 en 1880.

Jérusalem, de 10 000 en 1800, à 65 000 en 1922   ».

Pour résumer ces différentes données concernant la population du territoire de Palestine sous le mandat britannique, on estime approximativement le nombre d’habitants à 340 000 en 1850, 462 000 en 1882 et  757 182 en 1922.

La société palestinienne reste avant tout rurale, avec 65% de paysans musulmans dans le premier recensement mandataire en 1922. Ce chiffre peut laisser supposer un nombre bien plus élevé au siècle précédent. Le cœur de la société rurale reste le village et la majorité des Palestiniens est concentrée dans un peu plus d’une centaine de villages de taille et de richesse variables. Après la famille étendue, le village est l’élément le plus important dans la vie du fellah. Ses fonctions ne sont pas seulement sociales et économiques mais, au sens plus large, également politiques. La sécurité étant sujette à caution, l’honnêteté des collecteurs d’impôts également, les villageois unis sont plus à même de se prémunir contre les Bédouins en maraude et les collecteurs d’impôts.

En ce qui concerne les villes, elles ont connu un incroyable accroissement. Le développement des activités commerciales explique en partie l’expansion urbaine qui touche en priorité les villes côtières, où l’immigration d’Européens, religieux, sionistes ou colons est un facteur d’explication supplémentaire.

1948 : l'écrivain Arthur Koestler raconte l'exode des Palestiniens d'Israël


Source : Le Figaro

Arthur Koestler en 1950. Rue des Archives/mention obligatoire©Rene Saint Paul

LES ARCHIVES DU FIGARO - La Nakba, «la catastrophe». Tous les 15 mai, les Palestiniens commémorent l'expulsion de plus de 700.000 d'entre eux, en 1948, à la suite de la création de l'État d'Israël. Ce jour-là, l'écrivain britannique était sur place pour Le Figaro.   Article paru dans Le Figaro du 16 juin 1948

L'auteur du Zéro et l'Infini et de La tour d'Ezra s'est rendu, ainsi que nous l'avons annoncé, dans l'Etat d'Israël, où il compte passer plusieurs mois, à seule fin d'apporter au monde son témoignage sur le drame palestinien.

Le Figaro s'est assuré pour la France l'exclusivité des «notes» du grand écrivain dont nous publions aujourd'hui le premier article.

PREMIERES impressions d'Israël. «Au commencement étaient le chaos et la confusion.» Imprimés sur nos passeports avec un tampon en caoutchouc flambant neuf par les représentants, à Paris, du gouvernement provisoire d'Israël, nos passeports - celui de ma femme et le mien - portaient les numéros cinq et six…

Des écriteaux à l'aéroport d'Haïfa: «Douanes-Police-Passeports», peints tout fraîche, ment en hébreu et en anglais. Nommé de la veille, l'officier d'immigration d'Israël n'a pas encore d'uniforme, pas plus d'ailleurs que l'inspecteur des douanes, ou que l'armée elle-même. En fait, l'uniforme de tous les serviteurs de l'Etat d'Israël, qu'ils soient civils ou militaires, se borne à la vareuse et au short kaki. Les autorités portuaires sont toutes aussi affables, inefficaces et enthousiastes. C'est la bureaucratie dans son état d'innocence virginale, avant qu'elle n'ait eu le temps de se tisser son cocon de règlements.

Haïfa est tombé comme Jéricho

Les quartiers arabes de Haïfa et les souks sont virtuellement désertés, car la plupart de leurs 70.000 habitants arabes sont partis. Ce port-clé de la Méditerranée est tombé aux mains d'Israël après une bataille de rues qui ne dura que six heures et qui coûta la vie à dix-huit Juifs et à une centaine d'Arabes.

Haïfa est tombé parce que la population arabe, bien que légèrement inférieure en nombre et supérieure en armement, a été entièrement démoralisée par la désertion de ses chefs. Les mêmes «effendis», qui se faisaient les apôtres de l'antisionisme pendant qu'ils vendaient leurs terres aux Juifs, se mirent, à prêcher la guerre sainte, mais quittèrent nuitamment la ville avec leur famille et leur mobilier en direction de Beyrouth ou de Chypre.

Proclamation de l'indépendance d'Israël le 14 mai 1948. Rue des Archives/Rue des Archives/Tallandier

Grâce à ses tables d'écoute branchées sur les lignes téléphoniques arabes, la Haganah put annoncer dans ses émissions en langue arabe chacune de ces désertions, y compris celle du commandant en chef Amin Bey Izzed Dins, qui partit pour la Syrie en canot à moteur, sous prétexte d'aller chercher des renforts.

Privée de ses chefs, la population arabe se rendit à la première attaque en force de la Haganah. Haïfa est tombé comme Jéricho, les haut-parleurs automobiles de la Haganah remplaçant les trompettes. A Jaffa et à Tibériade, la même histoire se reproduisit à peu de chose près. L'effondrement complet des forces arabes avant l'invasion des États voisins est dû à deux raisons majeures d'abord à la trahison de la classe des effendis et; ensuite, au fait que les Arabes originaires de Palestinen'ont jamais combattu sérieusement parce qu'ils n'avaient aucune raison de le faire; en effet, ils avaient accepté la présence des Juifs sur le sol palestinien avec tous les avantages économiques que cette présence comportait, et considéraient le partage «de facto» comme un fait accompli.

Amertume et méfiance

Ce que j'ai vu en suivant la route côtière d'Haïfa à Tell-Aviv* m'a encore confirmé dans cette opinion: en plein territoire d'Israël, des fellahs arabes cultivaient leurs terres librement, tranquillement, écoulant leurs produits dans la population juive. La route était sillonnée de cars réquisitionnés et camouflés d'une manière assez primitive avec de la boue. Ils étaient surchargés de soldats de la Haganah qui chantaient à tue-tête. Des camions circulaient avec leurs plaques de blindage «home-made», qui voulaient se donner des allures de tanks, et d'autres simili-engins de guerre.

«L'atmosphère de Tell-Aviv est un mélange unique d'enthousiasme délirant vis-à-vis de l'État encore au berceau, et d'une dose considérable d'amertume additionnée de méfiance.»

Cette atmosphère d'improvisation, de confusion pour les laissez-passer, le manque d'hommes expérimentés dans l'administration de l'État naissant, les erreurs commises à l'égard des étrangers, tout faisait penser à la guerre civile espagnole, avec cette différence, cependant, que dans la guerre d'Espagne les deux côtés recevaient des armes et des hommes de l'étranger, tandis qu'ici il y a un camp qui reçoit des armes et l'autre une sympathie toute platonique.

C'est pourquoi l'atmosphère de Tell-Aviv est un mélange unique d'enthousiasme délirant vis-à-vis de l'État encore au berceau, et d'une dose considérable d'amertume additionnée de méfiance. On peut déplorer qu'il en soit ainsi, mais n'est-ce pas que trop naturel dans cette tragique communauté de trois quarts de million de gens qui luttent pour leur survivance contre les armées de cinq États souverains? J'en ai acquis la conviction profonde au cours d'une visite à un hôpital militaire, quelque part en Israël. Les histoires que racontent les blessés et les mutilés de la Haganah, qui défendirent les colonies juives isolées de Galilée et de la vallée du Jourdain avec des armes légères contre les tanks syriens et irakiens, provoquent chez le visiteur venu des démocraties occidentales ce même sentiment d'humiliation coupable qu'iI éprouvait à la lecture des rapports d'Ethiopie ou d'Espagne, à leur époque.



Bombardements de Jerusalem le 28 mai 1948. Rue des Archives/Rue des Archives/Tallandier

On ne doit pas s'étonner que Tell-Aviv reste sceptique au sujet d'une trêve. Derrière cette méfiance, il y a trente années d'expériences, comportant dix-huit commissions d'enquête, des conférences de La Table Ronde, des médiations et des promesses non tenues. Même les plus modérés doivent faire un effort pour ne pas devenir enragés quand ils entendent de doucereuses paroles de modération, tandis que la Légion de Club Pacha n'est plus qu'à une vingtaine de kilomètres environ de la capitale et que les avions égyptiens mitraillent les files d'attente d'autobus dans la rue.

 

Le fait que, contrairement aux prévisions des conseillers du Foreign Office pour le Moyen-Orient, Israël tienne bon, et même améliore ses positions stratégiques, est non seulement dû au caractère d'opérette des armées d'invasion —exception faite de la Légion Arabe— mais aussi à la ferveur mystique de l'armée improvisée d'Israël. Ces jeunes Tarzans juifs jettent des cocktails Molotov sur les tanks arabes du haut des eucalyptus, ou se lancent sur les tourelles en se faisant eux-mêmes sauter.

Caractéristique de cette atmosphère est l'histoire suivante, racontée par un témoin du combat qui se déroula dans la Vieille Cité de Jérusalem. La légende veut que, lors de la destruction du temple par les armées de Titus, les prêtres jetèrent les clés de Jérusalem vers le ciel, en implorant Dieu: «C'est Toi qui es désormais le Gardien de ces clés! Une main descendit alors-du ciel et prit les clés. Or pendant le siège de la Cité, effectué par la Légion Arabe, la rumeur circulait, parmi les anciens, que Dieu avait rendu les clés.

Cette guerre est certainement la plus extraordinaire de l'histoire moderne. Elle est toute chargée de réminiscences historiques la Guerre Sainte et les Mille et Une Nuits d'un côté; la Bible et les Macchabées de l'autre. Chaque endroit où les hommes font le coup de feu et lancent des bombes confectionnées en Palestine même, a été le témoin soit du geste de Josuah arrêtant le soleil, ou d'un miracle du Christ.

«C'est peut-être ce qui donne une impression de rêve, d'irréalité à tout-ce chaos, jusqu'au moment où le hurlement des sirènes, qui déchire le black-out de Tell-Aviv, vous rappelle à la réalité.»

C'est peut-être ce qui donne une impression de rêve, d'irréalité à tout-ce chaos, jusqu'au moment où le hurlement des sirènes, qui déchire le black-out de Tell-Aviv, vous rappelle à la réalité. On se demande alors si un dernier miracle surviendra ou non: l'intérêt même des démocraties occidentales et la pression de l'opinion publique arriveront-ils à triompher de l'idée fixe d'un seul homme: celui qui est à la tête du Foreign Office?

Arthur KOESTLER

(copyright Le Figaro et Opera Mundi)

* orthographié ainsi en 1948.

 

La "Nakba" ou la "catastrophe" de l'exode des Palestiniens en 1948

© ABBAS MOMANI - AFP

La "Nakba ("catastrophe" en arabe) désigne pour les Palestiniens, qui la commémorent chaque année le 15 mai, la création de l'Etat d'Israël, il y a 70 ans et la tragédie des réfugiés. Plus de 760.000 Palestiniens se sont enfuis ou ont été chassés, et plus de 400 localités rasées par les forces israéliennes.

Traumatisme

Le 14 mai 1948, David Ben Gourion, le dirigeant du mouvement sioniste déclare l'indépendance d'Israël sur une partie de la Palestine mandataire au lendemain du départ des forces britanniques de ce territoire, entrainant l'invasion des forces militaires de plusieurs pays arabes.

Mais la première vague de départs de Palestiniens avait commencé dès le début des combats entre milices juives et palestiniennes fin 1947 après le vote par l'ONU du plan de partage de la Palestine.

Les dirigeants sionistes acceptent le plan, tandis que les pays arabes le refusent.

L'exode s'amplifie considérablement après le massacre commis en avril 1948 de plus d'une centaine de villageois palestiniens à Deir Yassine, près de Jérusalem, par deux groupes paramilitaires juifs.

A partir de mars 1948, les autorités sionistes lancent le "Plan Dalet", destiné à pousser les habitants palestiniens à évacuer les zones attribuées aux juifs dans le plan de partage.

Des centaines de milliers de Palestiniens vont fuir ou être chassés par les militaires notamment dans les localités de Lod et Ramla (centre) ainsi qu'à Tibériade en Galilée (nord).

Droit au retour

Dès décembre 1948, l'Assemblée générale de l'ONU adopte la résolution 194 sur le droit au retour des réfugiés. Elle stipule que "les réfugiés qui désirent rentrer dans leurs foyers et vivre en paix avec leurs voisins devraient y être autorisés le plus vite possible" et que "des dédommagements devraient être versés pour les propriétés de ceux qui ne veulent pas revenir".

Mais Israël rejette catégoriquement un tel droit, faisant valoir qu'autoriser même une fraction d'entre eux à revenir reviendrait à proclamer sa propre fin en tant qu'Etat juif.

De plus, l'Etat hébreu a adopté en 1950 une loi dite des "biens des absents", qui place sous la tutelle de l'Etat toutes les propriétés se trouvant sur le territoire israélien appartenant à des Arabes ayant fui ou installés à l'étranger lors de la création d'Israël.

Israël de son coté rappelle que plus de 850.000 juifs ont été chassés des pays arabes à la suite de la déclaration d'indépendance de mai 1948.

Plus de 12 millions de Palestiniens vivent à travers le monde, dont la moitié en Cisjordanie, à Jérusalem-Est occupés, dans la bande de Gaza et en Israël, selon des chiffres officiels palestiniens. Plus de 5,5 millions sont enregistrés comme réfugiés auprès de l'ONU, les descendants des Palestiniens réfugiés de 1948 ayant obtenu ce statut.

Une clé rouillée

Soixante-dix ans après l'exode, les Palestiniens entretiennent leur rêve du retour.

Le souvenir est aussi entretenu par solidarité par les Arabes israéliens, les descendants des Palestiniens qui sont restés chez eux après 1948 et qui ont la nationalité israélienne.

La grosse clé rouillée d'une maison qui n'existe peut-être plus ou le titre chiffonné de propriété d'une terre sont devenus dans les camps de réfugiés le symbole de cette aspiration au retour entretenu de génération en génération. Et nombreux sont les réfugiés qui ont conservé précieusement cette clé.

Les manifestants palestiniens, qui commémorent tous les ans l'anniversaire de la Nakba, portent aussi une clé surdimensionnée, symbole traditionnel des maisons perdues et dans lesquelles ils espèrent revenir.

****

le massacre de 41 ouvriers juifs à la raffinerie de pétrole de Haïfa le 30 décembre 1947 et la destruction du « convoi des docteurs et infirmières [juifs] » en route pour le mont Scopus à Jérusalem, le 13 avril 1948.    Lapidot oppose Deir Yassin aux « massacres » commis par des Arabes à la raffinerie de pétrole d’Haïfa (en décembre 1947) et au Bloc d’Etzion (en mai 1948) et à ceux dus aux soldats du Palmakh à « Ein Zeitun et Breir en mai 1948 » [52]

Bref, la thèse de Milstein est que : a) des atrocités furent commises à Deir Yassin ; b) ces atrocités furent ensuite exagérées, délibérément, par les Britanniques, les Arabes et certains éléments à l’intérieur du Ychouv, y compris l’IZL lui-même ; et c) des choses semblables se produisirent dans d’autres villages, peut-être nombreux, au cours de la guerre de 1948, et là les atrocités furent le fait de la Haganah et de l’IDF.

Khalidi insiste sur le lien entre le « Plan Dalet » de la Haganah (qu’il a autrefois identifié comme le plan d’ensemble du Ychouv pour expulser les Arabes de Palestine) [77]

 

 

RAMALLAH (TERRITOIRES PALESTINIENS)

L'Unrwa, un intervenant essentiel
auprès de millions de Palestiniens


Par AFP ,publié le 01/09/2018 

Ramallah (Territoires palestiniens) - L'Agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens (Unrwa) est un intervenant essentiel auprès de millions de Palestiniens depuis sa mise en place il y a près de 70 ans, après le conflit ayant suivi la création d'Israël.

Vendredi, les Etats-Unis, de loin ses plus grands contributeurs, ont annoncé qu'ils cessaient leur financement à l'Unrwa, l'accusant de mener des activités "irrémédiablement biaisées". 

- Intervenant essentiel -  

L'Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient est établi en décembre 1949 par l'Assemblée générale de l'ONU après le premier conflit arabo-israélien qui a éclaté au lendemain de la création d'Israël en 1948. 

Il succède à l'Aide des Nations unies aux réfugiés de Palestine (Anurp), créé un an auparavant, avec pour but de répondre plus efficacement aux besoins économiques et sociaux de l'ensemble des réfugiés palestiniens.

Jusqu'au cessez-le-feu en janvier 1949, plus de 760.000 Palestiniens avaient été poussés à l'exode par l'avancée des forces juives ou chassés de chez eux, pour la plupart vers des pays voisins. 

Désormais, l'Unrwa devient le seul garant par défaut du statut international du réfugié palestinien. 

Cet organisme fournit une aide à plus de trois millions de Palestiniens sur les cinq millions enregistrés comme réfugiés, notamment à travers ses écoles et ses centres de santé, dans les territoires palestiniens mais aussi au Liban, en Jordanie et en Syrie. Il existe un total de 58 camps de réfugiés reconnus par l'agence onusienne, dont 19 en Cisjordanie, un territoire palestinien occupé militairement par Israël depuis 50 ans. 

Plus de 520.000 enfants étudient dans les écoles de l'Unrwa (54% de son budget va à l'éducation) qui fournit aussi des soins et une aide sociale. L'agence emploie plus de 20.000 personnes au Proche-Orient, en majorité des Palestiniens. 

- Fin des financements américains - 

Les Etats-Unis étaient les principaux contributeurs de l'Unrwa, avec 350 millions de dollars (300 millions d'euros) versés en 2017. L'Union européenne arrive ensuite avec la moitié de cette somme. 

En janvier 2018, Washington n'a pourtant versé à l'agence que 60 millions de dollars (52 millions d'euros). 

Vendredi, l'administration de Donald Trump "a décidé que les Etats-Unis ne feraient pas de contribution supplémentaire à l'Unrwa". 

Israël, qui a salué la décision américaine, accuse l'organisation de "perpétuer le conflit" israélo-palestinien en entretenant l'idée --à laquelle il s'oppose-- que de nombreux Palestiniens sont des réfugiés dotés du droit au retour sur les terres qu'ils ont fuies ou dont ils ont été chassés lors de la création d'Israël. 

Le directeur de l'Unrwa, Pierre Krähenbühl, a lui rappelé jeudi que l'agence est vitale jusqu'à ce que soit trouvée une solution définitive au conflit israélo-palestinien.  

Les Palestiniens soulignent de leur côté que les Etats-Unis versent plus de trois milliards de dollars d'aide militaire annuelle à Israël. 

Une responsable de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP), Hanane Achraoui, a qualifié de "cruelle et irresponsable" la décision américaine de couper les fonds à l'Agence pour les réfugiés. 

- "Répercussions très graves" - 

Avant même la décision américaine, l'Unrwa se débattait dans une situation financière très difficile. L'Agence est financée quasiment entièrement par des contributions volontaires des Etats membres de l'ONU.  

En 2015, elle avait failli fermer ses écoles. Le déficit de ses comptes se chiffrait à plusieurs dizaines de millions de dollars l'an dernier.  

Le 30 août, la Jordanie a annoncé l'organisation d'une conférence le 27 septembre à New York pour soutenir l'agence, qui a besoin d'au moins 200 millions de dollars (170 millions d'euros) d'ici la fin de l'année. Et Berlin a annoncé une hausse "substantielle" de la contribution allemande à l'agence. 

Mais le directeur des comités populaires en charge des 19 camps de réfugiés en Cisjordanie occupée, accueillant environ 500.000 Palestiniens, a averti des "répercussions très graves" de la décision américaine. 

"Fin septembre, l'Unrwa n'aura plus un sou, y compris pour les écoles et les centres médicaux", a averti fin août le porte-parole de l'Unrwa, Chris Gunness

Réfugiés palestiniens : pourquoi Trump coupe les vivres à l'UNRWA

Par  Pierre Rehov   Publié le 18/01/2018 à 17:51

Pierre Rehov est reporter, écrivain et réalisateur de deux films documentaires sur les réfugiés Juifs de pays arabes et les réfugiés Palestiniens: «Les otages de la haine» et «Les réfugiés du silence».

FIGAROVOX/OPINION - Pour Pierre Rehov, l'Agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens est une administration très dispendieuse qui obéit de surcroît à une logique politique. Selon lui, la baisse annoncée de la participation américaine à son budget permettra une réforme profonde de sa structure et de son fonctionnement.

Dans le cadre de coupes budgétaires annoncées, l'administration américaine va réduire de façon drastique sa participation financière à l'UNRWA, l'Agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens. L'ambassadrice aux Nations unies, Nikki Haley, souhaitait la suppression pure et simple des 364 millions de dollars attribués chaque année à l'agence onusienne, tant qu'elle n'aurait pas mis en œuvre les réformes nécessaires à son bon fonctionnement et à sa transparence, mais le secrétaire d'État aux affaires étrangères Rex Tillerson, s'est contenté pour l'instant de réduire de moitié la première tranche d'aide, originellement fixée à 125 millions.

Au cœur de cette affaire, il y a évidemment la volonté du président Trump d'arrêter de financer toute agence et organisation internationale qui ne contribuerait pas directement aux intérêts américains. Mais il y a surtout le virage à 180 degrés de des USA dans le conflit israélo-arabe depuis que la nouvelle administration s'est engagée à ne pas refaire les mêmes erreurs que les gouvernements précédents.

Créée en décembre 1949 pour un mandat d'un an, la «United Nation Relief and Work Agency for Palestine Refugees in the Near East» ou «Office de secours et d'aide des Réfugiés palestiniens», avait pour but à sa naissance d'aider à s'établir les quelque 600 000 Arabes de Palestine ayant fui la zone de conflit à la renaissance de l'état d'Israël.

Parmi ces réfugiés, selon un article de Tibor Mende dans Le Monde en 1951, «certains ne voulaient pas vivre dans un État juif, d'autres ont fui la bataille et, une fois celle-ci terminée, n'ont pas pu rentrer chez eux. Beaucoup plus nombreux sont ceux qui sont partis parce qu'on leur avait dit que c'était pour quelques jours, quelques semaines au plus, et qu'ils reviendraient avec les armées arabes triomphantes»

On s'étonnera du fait qu'aucun office n'ait été créé en parallèle pour prêter secours aux 870 000 juifs expulsés et spoliés par la majorité des pays arabo-musulmans entre 1948 et 1974, y compris ceux chassés militairement de Judée-Samarie par le royaume Hachémite, qui s'empressa de renommer cette région «Cisjordanie» après l'avoir annexée.

Ces juifs en exode furent accueillis par l'État d'Israël et dans le monde occidental tandis qu'à l'exception de la Jordanie, aucun pays arabe limitrophe de l'État hébreu ne fit le moindre geste pour ses propres victimes du conflit, préférant au contraire, pour des raisons politiques, les laisser croupir dans les pires conditions.

 

Tant que nous compterons sur l'ONU pour faire quelque chose de sérieux pour l'établissement des réfugiés, nous ne ferons que nous leurrer, car l'ONU est une organisation politique.
Richard Crossrian
En 1950, alors que le général canadien Kennedy, et Sir Henry Right, premiers responsables de l'UNRWA, devaient constater que leur travail était rendu impossible par la politisation de la crise humanitaire dont ils avaient la charge, et que leur mandat ne pourrait s'achever en un si court laps de temps, un parlementaire anglais travailliste, Richard Crossrian, fut appelé à expliquer leur échec devant la Chambre des Communes.

Sa réponse fut éloquente:

«Tant que nous compterons sur l'ONU pour faire quelque chose de sérieux pour l'établissement des réfugiés, nous ne ferons que nous leurrer, car l'ONU est une organisation politique. Il y a la ligue arabe, et toute la politique de la ligue arabe. La ligue arabe a besoin du problème des réfugiés pour maintenir la cohésion contre Israël. L'établissement des réfugiés la priverait de son sujet de plainte le plus important…»

Depuis 70 ans, la petite agence humanitaire est devenue un monstre.

L'UNRWA a aujourd'hui la charge de plus de cinq millions d'âmes, dont seulement quelques 20 000 devraient être considérés comme réfugiés selon la définition internationale des Nations unies, qui s'applique aux millions d'exilés dans le monde… Exception faite des Palestiniens.

Le statut de «réfugié» ne saurait être transmissible de génération en génération, comme c'est les cas pour les Palestiniens aujourd'hui.

Un Palestinien possédant un passeport européen, américain ou jordanien n'a donc aucune raison d'être considéré comme réfugié. Sauf pour l'UNRWA.

Que l'on compare alors quelques chiffres de la plus haute importance.

- Tous les réfugiés de la planète (à l'exception des Palestiniens) sont pris en charge par le Haut Conseil aux Réfugiés des Nations unies (UNHCR). Un staff de 10 966 cadres et employés tente de porter secours à 65,6 millions de victimes, depuis le Congo jusqu'à Myanmar.

- L'UNRWA quant à elle déploie 30 627 exécutifs et 21 571 chargés d'éducation pour s'occuper des descendants de «réfugiés» palestiniens, dont le nombre quoiqu'en inflation à cause de la nature perverse du système, reste dix fois inférieur à celui de tous les autres déplacés.

Autrement dit, chaque bénéficiaire reçoit une aide en assistance humaine et en argent environ 50 fois supérieure à celle d'un Africain ou d'un Asiatique directement victime de persécutions!

Le budget annuel de l'UNRWA avoisine le milliard de dollars. Dont, nous l'avons vu, plus d'un tiers est financé par les USA. Mais il y a plus. Contrairement aux autres agences humanitaires onusiennes, celle en charge des descendants de réfugiés palestiniens dispose d'un fonds de pension et de retraite placé en bourse dans divers pays pour un montant de plus d'un milliard et demi de dollars.

Ces chiffres astronomiques ne font que souligner et compléter plusieurs aberrations de l'UNRWA.

Tout d'abord, et non des moindres, selon l'UNRWA “un réfugié de Palestine est une personne dont le lieu de résidence habituelle était la Palestine entre juin 1946 et mai 1948 et qui a perdu à la fois son domicile et ses moyens de subsistance en raison du conflit israélo-arabe de 1948.»

Les Palestiniens se sont mis à enterrer leurs morts la nuit, sans les déclarer, afin de se partager leurs rations.

Saïd Aburish

Clairement, tout travailleur immigré ou visiteur, quelle que soit son origine, pouvait entrer dans les statistiques de l'UNRWA et transmettre ce droit, dès lors qu'il pouvait justifier avoir passé ces deux dernières années à l'intérieur de ce qui était devenu Israël.

Interrogé sur ce sujet par l'auteur de cet article, le biographe d'Arafat et ancien conseiller de Saddam Hussein, Saïd Aburish, lui-même réfugié de la région du nord d'Israël, a révélé d'autres aberrations du même ordre.

« Dès lors que l'ONU les a pris en charge, les Palestiniens se sont mis à enterrer leurs morts la nuit, sans les déclarer, afin de se partager leurs rations. Ce qui fait que pendant près de 20 ans, le taux de mortalité officiel dans les camps était proche de zéro. De plus, il y avait beaucoup de mouvements entre les camps. Mais ces déplacements étaient rarement répertoriés, de sorte qu'un Palestinien pouvait apparaître dans plusieurs camps au même moment, multipliant ainsi les aides financières auxquelles il avait droit

Mais dès qu'il s'agit de l'UNRWA, les termes employés pour décrire leur mission perdent rapidement leur sens. Par exemple, les banlieues de Djénine et de Ramallah, composées de petites maisons cossues, avoisinant quelques résidences surpeuplées, continuent d'être appelées «camps de réfugiés» alors que les tentes et les réchauds ont depuis longtemps été remplacés par des constructions en dur, le tout à l'égout et l'électricité.

Dans les années soixante, l'administration israélienne avait développé un projet humanitaire destiné à l'auto-réhabilitation des réfugiés de Gaza. L'idée était simple: il s'agissait de construire des quartiers résidentiels modernes dans les terrains encore inexploités de l'enclave. Les 160 000 Palestiniens vivant alors dans des camps auraient obtenu des prêts gratuits, leur permettant d'accéder rapidement à la propriété, tandis que nombre d'entre eux auraient participé à la construction des unités, des infrastructures, des écoles et des hôpitaux, en échange d'un salaire qui leur permettrait de rembourser le prêt. La réaction ne se fit pas attendre. Yasser Arafat en appela immédiatement à la ligue arabe qui fit aussitôt pression sur les Nations unies, entraînant l'organisation à condamner Israël une fois de plus pour son initiative, et concluant sa résolution par l'injonction suivante «Renvoyez les réfugiés dans les camps!»

Le projet fut avorté après que seulement 7 500 Palestiniens ont pu en profiter.

Les partisans de l'Agence, tel le porte-parole des Nations Unies Stéphane Dujarric, ont cependant raison de dire que, d'une certaine manière «l'UNRWA est une présence stabilisante sur le terrain». Car, si demain les plus de 30 000 employés de l'UNRWA, à 95% palestiniens, se retrouvaient sans travail, tandis que les rations, aides, et accès à l'éducation pour les personnes à charge étaient supprimées, la situation déjà explosive dans les «camps» pourrait tourner au drame, et déclencher des vagues de violence sans précédent.

Des prises de positions politiques problèmatiques

Le 12 février 2017, l'ONG «UN WATCH» a dénoncé auprès du secrétaire général des Nations unies Antonio Gutteres, la prise de position d'une quarantaine de responsables de l'UNRWA dont les pages Facebook font l'apologie du nazisme, vénèrent Hitler, appellent à l'extermination des Juifs, célèbrent le meurtre et l'enlèvement d'Israéliens, publient la propagande du Hamas à la gloire des «martyrs» et, plus généralement, refusent le droit à l'existence d'Israël, quelles que soient ses frontières.

Pendant les guerres opposant Israël aux organisations terroristes qui dirigent Gaza, des roquettes étaient couramment tirées depuis les écoles de l'UNRWA, ou à proximité de ses hôpitaux. Les accès à plusieurs tunnels ont été creusés sous ses infrastructures. Des munitions ont été retrouvées dans un collège. Évidemment, interrogés sur ce point, les responsables de l'UNRWA se sont empressés de condamner l'intolérable utilisation de leur neutralité à des fins guerrières. Ce qui n'a pas empêché l'UNRWA de rendre au Hamas les roquettes et autres mortiers trouvés dans ses infrastructures…

Plusieurs reportages vidéo conduits par le Center For Near East Policy auprès d'élèves d'écoles de l'UNRWA sont encore plus inquiétants. Aucun enfant, interrogé sur ce point, ne reconnaît le droit à l'existence d'Israël. Tous, filles comme garçons, rêvent de devenir un jour des martyrs à la cause palestinienne, certains affirment sans honte que leur plus grand souhait est de tuer des Juifs. Interrogés sur la source de leur motivation, la plupart répondent que leurs enseignants leur ont appris l'histoire de leur pays «volé par les Juifs».

Alors, que faire face à une telle situation?

Le retrait progressif des fonds alloués par les USA semble une mesure positive à condition toutefois que l'UNRWA réforme sa structure et son mode de fonctionnement.

Une première solution logique serait de fusionner l'UNRWA avec le Haut-Commissariat aux Réfugiés, mettant ainsi fin à l'exception palestinienne, tout en étalant les budgets de façon plus équitables entre les vrais réfugiés souffrant les pires misères sur cette planète.

Malheureusement, l'UNRWA dépend de l'Assemblée Générale des Nations unies, où la majorité automatique anti-israélienne conduite par la ligue arabe empêche toute modification de son statut actuel.

Le retrait progressif des fonds alloués par les USA semble une mesure positive à condition toutefois que l'UNRWA réforme sa structure et son mode de fonctionnement.

Il s'agirait alors pour l'avatar onusien de faire preuve de transparence, de s'assurer qu'aucun membre d'aucune organisation terroriste ne fasse plus désormais partie de ses employés, de changer son curriculum scolaire douteux pour une éducation engageant à la paix, de dénoncer l'entraînement paramilitaire qui se déroule parfois dans la cour de ses écoles et, en gage de bonne foi, de commencer par annuler la tournée mondiale de son «jeune ambassadeur», Muhammad Assaf, qui, lors de ses interventions ne fait qu'encourager à l'insurrection et à la violence.

Concluons par une citation du porte-parole de l'UNRWA, Chris Gunness: «L'UNRWA continuera de travailler inlassablement pour s'assurer de l'application intégrale de notre mandat, tel que défini par l'assemblée générale».

Autrement dit, dans trente ans, si rien n'est fait, l'UNRWA gérera le destin de quarante millions de réfugiés palestiniens.

La colère gronde parmi les réfugiés palestiniens privés de dollars

Sabrina Myre Palestine 22.01.2018   https://www.24heures.ch

Le gel par les États-Unis de la moitié de leurs fonds destinés à l’agence de l’ONU qui vient en aide aux Palestiniens a fait l’effet d’une bombe. Reportage.

Adeeb Shaban fait les cent pas dans son cabinet de dentiste du camp de réfugiés de Shuafat, à Jérusalem-Est. «Donald Trump fait une grave erreur», fulmine-t-il entre deux patients. Le président américain a mis sa menace à exécution, deux semaines après un tweet incendiaire reprochant aux Palestiniens de refuser de négocier la paix avec Israël. Sur une enveloppe d’aide de 125 millions de dollars destinée à l’UNRWA (l’agence onusienne chargée de l’aide aux réfugiés palestiniens), 65 millions ont été retenus jusqu’à nouvel ordre.

Une seconde gifle pour les Palestiniens, un mois après la reconnaissance américaine de Jérusalem comme capitale de l’État hébreu. «C’est insensé! Pourquoi nous infliger une punition collective alors que les conditions de vie sont déjà exécrables dans les camps?» s’indigne le père de famille en montrant un édifice en ruines par la fenêtre. Cette volte-face des États-Unis, premier pays contributeur à l’UNRWA, plonge dans l’incertitude plus de cinq millions de réfugiés et 30 000 employés dans les territoires palestiniens et les pays arabes voisins.

Déjà à court d’argent, l’organisation – dirigée par le Suisse Pierre Krähenbühl depuis 2014 – refuse de couper dans les services essentiels, comme les écoles ou les hôpitaux. Mais jusqu’à quand? «Nous sommes déterminés à trouver de nouvelles sources de financement», martèle le porte-parole, Chris Gunness, en avouant du même souffle que l’agence traverse «la pire crise financière de son histoire.» Une vaste campagne d’urgence pour recueillir des dons a été lancée, à l’heure où les États-Unis réclament une refonte de l’organisation et le partage de la facture avec d’autres pays. «L’argent doit être mieux dépensé», a indiqué la porte-parole du département d’État américain, Heather Nauert.

Trump disqualifié

Amir entre en courant dans la clinique d’Adeeb. Les pluies torrentielles d’hiver transforment les ruelles de Shuafat en ruisseaux et font déborder les égouts. Les déchets s’amoncellent au pied du mur de séparation qui isole le camp du centre de Jérusalem. «Les réfugiés palestiniens ne peuvent survivre sans l’UNRWA», plaide le comptable de 43 ans qui a fréquenté l’une des trois écoles de l’agence du camp quand il était enfant. «Les États-Unis et Israël tentent de nous imposer leur plan sans négocier mais on ne règle pas un conflit par des menaces», soutient Amir. Plus aucun Palestinien ne croit en «l’accord ultime» promis par Donald Trump.

Mike Pence boudé

Le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas,a rompu ses liens avec l’administration américaine. Pas question pour lui de s’asseoir avec le vice-président Mike Pence, en visite ces jours dans la région (lire ci-dessous). «Les Américains ne sont plus un médiateur neutre», argumente Amir, avant d’être interrompu par une énième panne d’électricité. Une femme tente d’éclairer la pièce à l’aide de son téléphone. «C’est comme ça tous les jours», souffle l’homme, résigné.

Les lignes d’électricité vieillissantes sont surexploitées. Le camp de Shuafat, construit en 1965 pour accueillir 500 familles, compte aujourd’hui 24 000 Palestiniens sur un minuscule territoire de 0,2 km carré. Le triple, évaluent les habitants, forcés de s’entasser dans des immeubles de plusieurs étages qui menacent de s’effondrer au moindre séisme.

Si ce n’est pas le luxe à Shuafat, les réfugiés sont mieux nantis que dans les 18 autres camps situés en Cisjordanie occupée et les 9 camps de Gaza, territoire sous blocus israélo-égyptien depuis dix ans. Situé à l’intérieur des limites de la Municipalité de Jérusalem, mais de l’autre côté du mur, plusieurs Palestiniens viennent y vivre pour échapper aux prix exorbitants du centre-ville et pour garder leur résidence permanente en Israël qui donne accès au système de santé et à la sécurité sociale.

Le risque de la radicalisation

En sirotant son thé à la menthe, Shaher al-Qam tente de ravaler ses craintes. «La détresse pourrait pousser les jeunes à se radicaliser», met en garde le travailleur social, membre du comité des parents du camp. L’UNRWA a toujours joué un rôle de soupape. «L’aide réduite pourrait avoir des conséquences sur la sécurité régionale», a rappelé Pierre Krähenbühl, commissaire-général de l’UNRWA. Sans la bouée de l’agence onusienne, «certains n’auront plus rien à perdre», s’agite Shaher, lui-même né dans un camp. Comme bien d’autres, ses grands-parents ont fui Beit Thoul en 1948, village aujourd’hui situé en Israël. Son seul souhait, revenir vivre sur les terres de ses ancêtres, même s’il ne se permet plus d’y croire. (24 heures)

 

Le maire de Jérusalem fait une rare visite dans un camp de réfugiés à l’Est

https://fr.timesofisrael.com/le-maire-de-jerusalem-fait-une-rare-visite-dans-un-camp-de-refugies-a-lest/

Nir Barkat s'est rendu à Shuafat et a rencontré les employés municipaux venus prendre le relais de l'UNRWA, qu'il veut expulser de la ville

Par TIMES OF ISRAEL STAFF      24 octobre 2018, 16:14  
Le maire de Jérusalem, Nir Barkat, lors d'une conférence de presse à la municipalité de Jérusalem au sujet de son différend avec le ministère des Finances sur le budget de la ville, le 1er janvier 2018 (Crédit : Flash90)

Le maire de Jérusalem Nir Barkat s’est rendu mardi dans le camp de réfugiés palestiniens de Shuafat à Jérusalem Est, dans le cadre de son initiative visant à faire quitter l’UNRWA de la capitale et à la remplacer par des services municipaux.

Barkat a rencontré les employés municipaux qui sont venus nettoyer le quartier pour la toute première fois.

Bien que le bureau du maire ait déclaré dans un communiqué que Barkat s’est rendu à Shuafat à plusieurs reprises par le passé, les résidents ont confié à Haaretz que c’était la première fois qu’ils l’y voyaient. 
La mairie de Jérusalem a déclaré mardi que 15 employés municipaux sont allés à Shuafat dans le cadre du plan de Barkat visant à expulser l’UNRWA de Jérusalem et à « mettre fin au mensonge des réfugiés ».

Cette démarche a été lancée par Barkat, qui veut empêcher l’agence onusienne pour les réfugiés palestiniens d’opérer dans la ville et de proposer des services aux résidents palestiniens du camp, qui a été fondé en 1965 et abrite quelque 20 000 personnes.

Selon la mairie, les employés municipaux ont trouvé quatre cent tonnes de déchets et de matériaux de construction. Les employés se rendront quotidiennement dans le camp pour remplacer l’UNRWA, qui, disent-ils, a fourni des « services inadéquats ».

La mairie va également fournir des services dans les secteurs de l’éducation et de la santé pour prendre le relais de l’UNRWA.

Bien qu’il soit situé dans la ville, les employés municipaux et la police ont refusé d’entrer dans le camp de réfugiés de Shuafat et dans d’autres quartiers situés au-delà de la barrière de Cisjordanie, ce qui leur a valu d’être accusés de négligences. Barkat, qui est maire depuis 2008, en attribuait la responsabilité à l’UNRWA, qui a vu son budget drastiquement réduit par les Etats-Unis, ces derniers affirmant que l’Office sert d’instrument politique contre Israël.

Cette démarche survient une semaine avant les élections municipales à Jérusalem. Barkat, qui s’est rendu à Shuafat mardi, ne se présente pas à sa réélection, et on ne sait pas encore si son successeur continuera ce genre de services.

« L’ère de l’UNRWA est révolue », a déclaré Barkat durant sa visite. « L’heure est venue de mettre fin au mensonge des réfugiés à Jérusalem. Il n’y a pas de réfugiés dans notre ville, uniquement des résidents. Ils doivent avoir accès aux services de la ville, comme tous les résidents. »

« Nous appliquons la première phase du plan de l’évacuation de l’UNRWA en endossant la responsabilité de l’entretien du camp, et dans un avenir proche, avec le gouvernement, nous fournirons des services dans les secteurs de l’éducation, du bien-être, de la santé, jusqu’à ce que la souveraineté totale soit appliquée », a-t-il ajouté. « Les Etats-Unis ne veulent pas de l’UNRWA, Israël ne veut pas de l’UNRWA et les résidents ne veulent pas de l’UNRWA. »

Au début du mois, Barkat a détaillé sa proposition, selon laquelle les sept écoles dirigées par l’UNRWA – qui comptent 1 800 élèves au total – et qui fonctionnent sans autorisation du ministère de l’Éducation seront fermées à la fin de l’année académique, et les élèves seront intégrés dans les établissements scolaires déjà en place.

La municipalité va également émettre des ordres de fermeture pour les centres médicaux de l’UNRWA qui opèrent sans l’approbation du ministère de la Santé, et construire un nouveau centre public de santé à la place, a ajouté Barkat.

Les programmes existants d’aide sociale de l’agence de l’ONU au sein du camp de réfugiés de Shuafat et de Kufr Aqeb, à proximité, seront maintenus mais ils seront transférés aux services d’aide sociale et d’emploi sous la direction de la ville, selon le plan de Barkat.

La mairie de Jérusalem a déclaré mardi que 15 employés municipaux sont allés à Shuafat dans le cadre du plan de Barkat visant à expulser l’UNRWA de Jérusalem et à « mettre fin au mensonge des réfugiés ».

Cette démarche a été lancée par Barkat, qui veut empêcher l’agence onusienne pour les réfugiés palestiniens d’opérer dans la ville et de proposer des services aux résidents palestiniens du camp, qui a été fondé en 1965 et abrite quelque 20 000 personnes.

Selon la mairie, les employés municipaux ont trouvé quatre cent tonnes de déchets et de matériaux de construction. Les employés se rendront quotidiennement dans le camp pour remplacer l’UNRWA, qui, disent-ils, a fourni des « services inadéquats ».

La mairie va également fournir des services dans les secteurs de l’éducation et de la santé pour prendre le relais de l’UNRWA.

Bien qu’il soit situé dans la ville, les employés municipaux et la police ont refusé d’entrer dans le camp de réfugiés de Shuafat et dans d’autres quartiers situés au-delà de la barrière de Cisjordanie, ce qui leur a valu d’être accusés de négligences. Barkat, qui est maire depuis 2008, en attribuait la responsabilité à l’UNRWA, qui a vu son budget drastiquement réduit par les Etats-Unis, ces derniers affirmant que l’Office sert d’instrument politique contre Israël.

Cette démarche survient une semaine avant les élections municipales à Jérusalem. Barkat, qui s’est rendu à Shuafat mardi, ne se présente pas à sa réélection, et on ne sait pas encore si son successeur continuera ce genre de services.

« L’ère de l’UNRWA est révolue », a déclaré Barkat durant sa visite. « L’heure est venue de mettre fin au mensonge des réfugiés à Jérusalem. Il n’y a pas de réfugiés dans notre ville, uniquement des résidents. Ils doivent avoir accès aux services de la ville, comme tous les résidents. »

« Nous appliquons la première phase du plan de l’évacuation de l’UNRWA en endossant la responsabilité de l’entretien du camp, et dans un avenir proche, avec le gouvernement, nous fournirons des services dans les secteurs de l’éducation, du bien-être, de la santé, jusqu’à ce que la souveraineté totale soit appliquée », a-t-il ajouté. « Les Etats-Unis ne veulent pas de l’UNRWA, Israël ne veut pas de l’UNRWA et les résidents ne veulent pas de l’UNRWA. »

Au début du mois, Barkat a détaillé sa proposition, selon laquelle les sept écoles dirigées par l’UNRWA – qui comptent 1 800 élèves au total – et qui fonctionnent sans autorisation du ministère de l’Éducation seront fermées à la fin de l’année académique, et les élèves seront intégrés dans les établissements scolaires déjà en place.

La municipalité va également émettre des ordres de fermeture pour les centres médicaux de l’UNRWA qui opèrent sans l’approbation du ministère de la Santé, et construire un nouveau centre public de santé à la place, a ajouté Barkat.

Les programmes existants d’aide sociale de l’agence de l’ONU au sein du camp de réfugiés de Shuafat et de Kufr Aqeb, à proximité, seront maintenus mais ils seront transférés aux services d’aide sociale et d’emploi sous la direction de la ville, selon le plan de Barkat.

Nir Barkat ne se représentera pas comme maire.

Au mois de mars, Barkat a annoncé qu’il ne briguerait pas un troisième mandat lors des élections municipales prévues pour le 30 octobre, et qu’il se présentera à la place à la Knesset sous l’étiquette du Likud.

Son remplacement à la tête de la municipalité ne serait pas lié au plan qui a été préparé par la commission.

Les Etats-Unis étaient le plus grand contributeur de l’agence, à hauteur de 350 millions de dollars en 2017. Le département d’État a récemment annoncé qu’il cesserait de la financer, parce qu’elle est « irrémédiablement biaisée ».

En cessant de financer de l’UNRWA, les États-Unis ont également fait savoir qu’ils rejetaient le critère selon lequel l’agence de l’ONU définit les réfugiés palestiniens. L’instance confère le statut de réfugiés non seulement aux réfugiés originaux, mais aussi à leurs millions de descendants.

L’UNRWA porte assistance à des millions de Palestiniens depuis sa création il y a près de 70 ans, au lendemain de la déclaration d’Indépendance d’Israël en 1948.

L’UNRWA a octroyé à 5 millions de Palestiniens le statut de réfugié, bien que seuls quelques milliers d’entre eux soient des réfugiés palestiniens d’origine. Le « droit au retour » est l’une des questions les plus essentielles du conflit israélo-palestinien. Les Palestiniens clament que cinq millions de personnes – des dizaines de milliers de réfugiés qui vivaient à l’origine, dans ce qui est devenu Israël ainsi que leurs millions de descendants – doivent être autorisées à s’installer au sein de l’État juif. Une demande rejetée par Israël qui considère qu’elle représente une tentative des Palestiniens de détruire l’État juif sous le poids du nombre.

Jérusalem affirme également que les autres réfugiés, au sein du Haut commissariat aux réfugiés de l’ONU (UNHCR) sont traités différemment et réinstallés bien plus rapidement.

 

   
   
   
   
  https://fr.timesofisrael.com/pourquoi-les-employes-de-lunrwa-ont-du-fuir-gaza/
  https://www.i24news.tv/fr/actu/israel/185760-181006-l-unrwa-promet-de-poursuivre-ses-activites-a-jerusalem-malgre-le-plan-de-la-municipalite
  https://infos-israel.news/l-ambassadeur-d-israel-de-lonu-danny-danon-demande-enquete-relation-entre-hamas-lunrwa/
  https://infos-israel.news/en-1966-lolp-a-declare-nous-obligerons-notre-peuple-a-rester-des-refugies-contre-son-gre-sinon-il-ny-aura-pas-de-cause-palestinienne/?fbclid=IwAR3J--ieCfybQOpdJlUDb_YZEVA0xsahjxK-HvqCJLfE8AkhRVwv2dFNqd8