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Le musée de Dijon est rénové


Mercredi, 19-Jui-2019
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Une rénovation particulièrement réussie, et le musée de Dijon vous ouvre ses portes, pour vous offrir des émotions, et des réflexions. Vous y traverserez les siècles, des portraits d'égyptiens ayant deux mille ans, des peintures abstraites, de la couleur, de l'or à foison chez les peintres des Grands Ducs d'Occident, tous les siècles se rencontrent et se racontent, et nous qui sommes leurs héritiers, nous pouvons essayer de comprendre leurs messages.
( Certaines images sont cliquables, aussi elles sont plus belles vues sur un grand écran )

 

 

Allélouya ! le musée de Dijon vient d'être ré-inauguré ! la glorification de la Bourgogne et du Grand Condé est à nouveau visible, restaurée au plafond de la salle des statues.
Cette allégorie est signée par Pierre-Paul Prud’hon, et date de 1786.
Ce plafond est situé dans le Palais où se réunissaient les «États de Bourgogne». Cette assemblée extraordinaire d'hommes de robes, représentant le clergé, la noblesse et le tiers état répartissait les impôts, gèraient le budget de la région. Ils étaient grassement payés ses heureux bourgeois ! Dijon et la Bourgogne était une des quatre régions de France, avec le Languedoc, la Bretagne et la Provence a avoir réussi à maintenir cette décentralisation.
Et c'est pour cela, que la ville est si riche, et possède de si beaux monuments.

Depuis le musée on a une vue remarquable sur la ville.

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Mais ne croyez pas que ce palais, où se trouve le musée soit si récent, le musée occupe une grande partie d'un ensemble monumental, composé de l'ancien palais des Ducs de Bourgogne, du palais des États, et de l'école des beaux arts bâtie au XIX ième siècle. A l'entrée de sa maison, Philippe le bon vous accueille.

 

 
 

L'époque glorieuse de Dijon

Les tombeaux des Grands Ducs d'Occident, ceux qui bâtissaient un empire allant du Rhône au Plat Pays ont été déplacés. A l'origine, dans la chartreuse de Champmol, ils sont depuis le XIX ièmle siècle au musée. Parmi les sculpteurs qui ont participé à ce chef d'oeuvre il y a Claus Sluter dont on voit aussi la statue dans la cour de Bar, autour dela quelle s'étend le musée. Les tombeaux monumentaux sont dans une salle immense, avec une cheminée datant du XIV ième siècle à la hauteure de la pièce.

Les tombeaux sont entourés d'une procession de pleurants, dont chacun exprime sa personnalité, chacun d'entre eux est un véritable trésor de vie et d'expression.

Il y a tout autour, des salles une collection magique de peintures de cette époque, où peintres flamands et bourguignons ont travaillés ensemble pour la plus grande gloire des Ducs, et notre plus grand plaisir

Mais tout le monde de pleurait pas, il y avait à la Cour de Bourgogne de belles fêtes, ou tout le monde devait être habillé de blanc... voici un détail, où on remarque qu'un prince accompagné de deux jolies dames se faisait déjà remarquer par un envieux qui devait se contenter de la sienne, cette dernière faisait semblant de ne pas remarquer l'attitude de son homme.

Cette partie extraordinaire du musée comprend des peintures flamandes, et bourguignones splendides, y compris des portrait d'époque des grands ducs d'occident, et des rétables dorés à l'or fin où se mêle la volonté du clergé de l'époque de faire peur avec l'enfer, et envie avec le paradis. Ces salles ont été les premières à être restaurées.

L'exposition temporaire "L'homme qui pleure" oeuvres de Yan Pei-Ming

L'inauguration du musée rénové a donné lieu à une exposition temporaire du peintre Sino-bourguignon Yan Pei-Ming, dont le nom est : « l'homme qui pleure» on peut la voir du 17 Mai au 23 Septembre 2019. L'exposition, composée d’une cinquantaine d’œuvres, explore les émotions et la révolte ressenties par Yan Pei-Ming face à la brutalité du monde et sa douleur face aux drames intimes et familiaux. 
Pour vous mettre en appétit, voici le portrait de son ami Xavier Duroux

Et celui d'un oiseau qui semble en difficulté

 

Les Statues

Comme vous pouvez vous en douter, il n'est pas possible de vous présenter tout le musée en un article, il faudrait un livre, aussi,par ce qu'on a sorti des réserves un certain nombre d'oeuvres, j'ai pu découvrir Jean Auguste Dampt, qui a vécu entre 1853 et 1946. Ces statues d'enfants sont tellement expressives qu'on a envie de les embrasser.

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L'ange du sommeil Le baiser de l'aïeul, 1892 marbre et bois
L'enfant aux cerises 1904 le lit des heures, remarquablement sculpté

Une histoire de Grand Duc

Le tombeau du Grand Duc Philippe le hardi, au dessus des pleurants, au fond, on a posé des peintures de Yan Pei Ming, qui par leur austérité noire renforce encore l'impression de puissance, et de beauté. Le peintre veille sur le repos du duc. (Image clicable pour la voir en haute définition).
Le quel des deux grands ducs préférez vous ? ? on peut les voir tous les deux au musée

 

Les formes épurées des statues de François Pompon m'ont toujours séduit. Pompon a bien rendu la noblesse des animaux, toutefois d'autres arstistes les trouvent un peu trop tristes.

Vous avez ici une autre représentation de notre vache nationale qui est nettement plus coquette.

Le riche et le pauvre

 

Comparez la noblesse de cette statue de Louis XIII adolescent, avec le visage humble de ce paysan extrait d'un tableau de Breughel que vous pouvez découvrir à Dijon

 

Le XIX ième siècle

Du réalisme à l'impressionnisme on trouve au musée Pissaro, Cisley, Cézanne, Degas.. mais d'autres moins connus et qui savent m'émouvoir


Louis Gaillac : Le glas...
Camille Pissaro : Effets de neiges à Epagny Claude Monet : Etretat, le port d'aval, bateaux de pêche sortant du port

Un peu de XX ième siècle

Le musée de Dijon s'est sensiblement enrichi avec la donnation Granville, Pierre et Cathleen Granville amateurs et collectionneurs de tableau ont fait cadeau au musée de Dijon de trésors inestimables, surtout des peintures du XIX ième et XX ième siècle. Ils ne se voulaient pas collectionneurs, seulement amateur, et je rajouterai, amateurs de bon goût. Cette donnation avait une condition : le musée devait tout exposer, ce qui a nécessité des travaux très importants dont la ville et ses visiteurs profitent tous les jours

Voici son portrait peint par son ami Aroldo Governatori, et appelé justement "l'amateur".

Il aimait l'art moderne, et a fait don à Dijon d'un grand nombre de peintures souvent contemporaines, mais aussi ancienne, en particulier "le souffleur de verre" de Georges de la Tour, datant du XVIIième siècle, des oeuvres de Millet, de Delacroix etc... Je ne peux que vous montrer une petite partie des collections, et je ne sais pourquoi, je suis tombé amoureux de portrait de Madame Tissot par Raoul Dufy,

Il a offert aussi une très belle collection de peintures de Nicolas de Staël dont voici deux exemple clicables

Et toute une série de peintures lumineuses de Charles Lapique, dont le soleil couchant sur les doges

Ou encore cet orage sur les Baux, tableau simple, harmonieux, à la limite entre la peinture et la décoration.

Certains designer font d'aussi belles choses, mais ont rarement l'honneur d'être exposé dans des musées.

Qu'est-ce que l'art ?

Je ne vous cache pas que j'ai quelques problèmes avec l'art abstrait, tout simplement, par ce que j'estime que l'art doit transmettre des émotions, et que je ne dois pas avoir assez de sensibilité pour trouver admirable une toile blanche sur laquelle on aurait collé un balais brosse. Salvador Dali, avait compris que parmi les amateurs d'art, il y avait des snobs, et en voyant certaines de ces oeuvres, je n'ai pu m'empêcher de sourire, cet artiste de géni savait aussi se moquer du monde en général et de ses clients en particulier.
Le nu, le pur peut être aussi beau que des oeuvres de maîtres ayant nécessité des années de travail, mais peut on mettre à égalité un dessin d'enfant fait en cinq seconde et l'oeuvre d'une vie d'un maître ancien ? ?

Voici deux tableaux qu'on trouve à Dijon : un chien peint par Yan Pei-ming, et la traversée du Rhin par le Grand Condé peint par Bénigne Gagnereau

La quelle des deux images vont font-elle le plus peur ? pour ma part, la peinture du chien m'a impressionnée, et je me suis dit que je n'aimerais pas trouver cette bestiole devant mon paillasson pour m'interdire d'entrer... l'autre tableau évoque la gloire du Grand Condé, tout en lumière, en couleur, il claironne la gloire militaire si joyeuse. Mais entre nous, le chien est beaucoup moins dangereux, et le grand tableau ne présente que les horreurs d'une tuerie entre des hommes qui dans d'autres circonstances auraient pus être amis.

L'art joue sur nos sentiments, et parfois nous fait admirer le laid, et détester le beau.

Ce petit tour du musée de Dijon est fini, je vous invite à venir le voir de plus près, il fait partie des musées les plus riches de France, et une seule visite ne permet généralement pas de tout voir. Alors, restez deux jours à Dijon, et voyez la ville, un peu trop minérale, mais une des plus riches de France en hôtels particuliers, vous savez, ceux que nous ont offerts les hommes de robes, parlementaires et juges dans les États de Bourgogne qui furent si riches entre le XV ième siècle et la révolution.

Dijon possède d'autres musées, le musée d'Art Sacré, le musée de la vie populaire (qui est remarquable), le musée Rude (le sculpteur de l'arc de triomphe est dijonnais), le musée archéologique, le musée d'histoire naturelle, le musée des sciences... et j'espère ne pas en avoir oublié.

Michel Lévy

 

   
   
   
   
 

Bibliographie :
https://musees.dijon.fr/exposition-yan-pei-ming-homme-pleure-17-mai-23-septembre

https://beaux-arts.dijon.fr/sites/default/files/musee/pdf/donation_granville.pdf