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Le mariage dans le Judaïsme


Mercredi, 21-Mar-2018
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Revue de Presse

      Par le mariage Adam se reconstitue, deux êtres ne forment plus qu'une seule chaire, et le mariage consacre ces retrouvailles, quand le fiancé se réjouit avec la fiancée. Dans la tradition talmudique, la femme était acquise à son mari à qui elle devait obéissance, et le mari avait l'obligation de la nourrir, la vêtir et la satisfaire  y compris sexuellement parlant. Aujourd'hui, le mariage juif conserve les symboles antiques, que l'on peut déchiffrer à travers le rituel.
     

Au commencement

La genèse parle de la création de l'homme, et raconte deux histoires différentes, dans la première version, on peut lire « Dieu créa l'homme à son image; c'est à l'image de Dieu qu'il le créa. Mâle et femelle furent créés à la fois.  Dieu les bénit en leur disant "Croissez et multipliez ! » 
et dans la seconde   « L'Éternel-Dieu façonna l'homme, - poussière détachée du sol, - fit pénétrer dans ses narines un souffle de vie, et l'homme devint un être vivant. »   

Le lecteur aura sûrement remarqué, que Dieu a crée l'homme, "il le créa", puis "Dieu les bénit" en leur demandant de se reproduire. La bénédiction n'arrive qu'avec le pluriel.

La Torah insiste sur la séparation du féminin et du masculin, le talmud voit ceci dans la circoncision, la partie enlevée du prépuce a la forme d'un alliance, et en déduit que l'on retire ce qui symbolise la partie féminine, qui ne sera retrouvée que dans le  mariage, comme la Genèse le précise  C'est pourquoi l'homme abandonne son père et sa mère; il s'unit à sa femme, et ils deviennent une seule chair

Cette recherche de l'unité est d'ailleurs le but même du judaïsme, un s'écrit א (aleph) et cette lettre symbolise Dieu. Pour cela la thora commence par le ב (beth seconde lettre de l'alphabet), en effet Dieu était là avant la création. Le but de tout homme est de retrouver l'unité qui mène au divin. Le vrai croyant n'est pas un fanatique borné, sa certitude est relative, il cherche, l'étude est au dessus de tout dit le traité de pères.

Le couple

Les célibataires ne sont pas considérés comme des adultes à part entière, dès la genese  L'Éternel-Dieu dit: " Il n'est pas bon que l'homme soit seul; je lui ferai une aide contre lui". On ne conçoit pas de rabbin célibataire, en Alsace la tradition était plus forte, dans le règlement de la synagogue de Ribeauvillé, sous Louis XV, il était précisé que pour avoir l'honneur d'être appelé à la lecture de la torah, il fallait être marié, celui qui ne l'était pas pouvait acheter cet honneur, mais c'était le bedeau qui récitait les bénédictions à sa place.

« La tradition juive a une idée très rigide du couple idéal. Les trois valeurs qui président à la formation d'un couple traditionnel sont le yikhous (la lignée), l'étude (pour l'homme) et la richesse (principalement du côté de la femme). Donc les qualités recherchées aujourd'hui concernant l'amour romantique sont complètement absentes de l'idéal traditionnel du mariage. » ( revue Tenoua ) , mais tous les écrits et commentaires montrent aussi le contraire, on dit que la création d'un couple est oeuvre divine.

Le ou la promise existait avant la naissance, « 40 jours avant la conception de l'embryon, une voix céleste proclame, c'est la fille d'Untel qui lui est destinée » {Guemara Sanhedrine (22A). Soit Dieu les met directement en présence, soit chacun doit s'efforcer de le trouver. Il est écrit que les méfaits de l'homme l'éloigne de son autre moitié, son "zivoug".

Le mariage au temps du Talmud

La loi orale juive a été codifiée dans la Michna, entre l'an 0 et 200 de l'ère courante, et expliquée dans la Guemara entre l'an 200 et 400. Michna plus Guemara donne les six livres du talmud, dont le traité Kedouchine qui parle du mariage.

Il est écrit dans le talmud qu'une femme est acquise par un des trois moyens suivant : l'argent, le contrat, la relation sexuelle.

L'argent, le douaire, pouvait être une somme importante que le jeune homme payait au père de la mariée (Voir Jacob qui a travaillé 14 ans pour avoir Rachel). L'argent pouvait aussi être versé, ou promis à la jeune mariée. Le paiement pouvait également n'être symbolique.
Si un jeune homme offrait ostensiblement un cadeau à une jeune fille ou à son père, et si la jeune fille l'acceptait, le couple était considéré comme marié.

 

 

La bague de mariage était quelque de chose de très précieux.

Elle représentait l'argent avec lequel on achetait la jeune mariée.

Au moyen âge, les jeunes mariés avaient rarement la chance de pouvoir acheter de tels bijoux, aussi, la communauté en possédait-elle un qu'elle prêtait pour les mariages.

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Le contrat est un document signé par deux témoins, dans ce document appelé Ketouba, le jeune homme s'engage à nourir, à vêtir, et à satisfaire y compris sexuellement son épouse. Si un jeune homme donne ce document à une jeune fille, et si elle l'accepte, ils sont mariés.

La relation sexuelle, si une jeune homme s'enferme avec une jeune fille sans témoin, on suppose qu'ils ont eu une relation sexuelle, si la jeune fille ne proteste pas, on considère qu'ils sont mariés.

On est pas sûr que le mariage donnait lieu à de grande fête, et on a pas de témoignage là dessus.

La femme pouvait s'acquérir elle même, c'est à dire se libérer des obligations envers son mari et se remarier. Il fallait attendre que son mari décéde, ou qu'il lui envoie une lette de rupture, le guett. En cas de décès du mari, elle était ipso-facto promise à son beau frère qui avait l'obligation de l'épouser. Si son mari n'avait pas de frère, elle était libre.

A noter, la femme pouvait, si elle était riche, décliner l'offre de nourriture et d'habit de son mari, auquel cas elle gérait ses affaires seule sous sa propre responsabilité. Si elle acceptait la promesse de nourriture et d'habits, elle pouvait vendre sa Ketouba, et le mari avait l'obligation de payer nourriture et habits au client de son épouse. La Ketouba avait une valeur marchande.

Le mariage juif aujourd'hui

La cérémonie du mariage se fait autour du dais nuptial, la h'oupa elle symbolise le nouveau foyer que s'apprête à fonder le couple. Le mot veut dire protection, elle est ouverte des quatre côtés, incitant le couple à ne pas oublier d'être hospitalié dans sa nouvelle demeure, elle symbolise le nouveau foyer qui est appelé, selon le prophète Malachie, sanctuaire pour l'Éternel.

Avant même le mariage, les fiancés sont séparés, ils ne doivent pas se voir pendant plusieurs jours, la jeune fille prend un bain rituel dans un mikwé, ce bain est pris dans une eau de source, ou de pluie. C'est un bain purificateur. Souvent, le jeune homme aussi prend un bain.

Le jour du mariage, les fiancés ne mangent pas, et s'évitent autant que faire ce peut, tout le monde a mis ses plus beaux habits, et la jeune fille toute habillée de blanc, se cache sous un voile, et personne ne peut admirer sa coiffure, ni son maquillage pourtant exécuté avec art par une professionnelle de talent. La mariée est belle, et il est interdit de suggérer autre chose.

Avant la cérémonie, le rabbin fait signer à deux témoins la Ketouba, aujourd'hui, elle est aussi signé par le fiancé, mais pas par la fiancée, car lui seul s'engage.

En France, on installe généralement la Houpa, le dais, sur l'autel de la synagogue, et en Israël, le plus souvent dans un beau jardin, là où aura lieu la réception. Tous les invités sont là, sauf les retardataires, bien entendu.

La cérémonie

Enfin, au son de la musique, le fiancé s'avance vers la houpa au bras de sa maman, puis les tout proches suivent. Le fiancé s'asseois à côté d'un fauteuil vide, et se couvre du Talith, un grand châle blanc, avec des rayures et des franges rappelant les dix commandements. Puis, the last, but not the least, la mariée fait son apparition au bras de son papa. (Parfois les futurs mariés sont accompagnés par leurs deux parents). Elle traverse l'assemblée et va s'assoir au côté de son promis.

Sous le dais, on voit les photographes assis côte à côte les mariés, hélas en général de dos, entourés par les parents, les grands parents, et quelques autres élus,
Alors le fiancé, découvre le voile de sa promise, afin de s'assurer qu'on ne l'a pas trompé, on avait déjà fait le coup à Jacob qui croyait se marier avec Rachel, alors que c'était Léa qui était sous le voile et une erreur est si vite arrivée.

Le rabbin les accueil, et les bénit : « Que Celui qui est le Maître des bénédictions élevé au-dessus de tous bénisse le fiancé et la fiancée ! »
ensuite, il prononce une allocution, où se mélangent des principes de la torah sur la vie de couple, et des considérations personnelles à l'attention des familles des mariés.

Dans la cérémonie, il sera chanté, parfois par sept personnes différentes, les sept bénédictions traditionnelles, vous pouvez les écouter en cliquant sur ce lien, selon la version ashkenaze (rite allemand). On reconnait que Dieu est source de bénédiction, qu'il est notre Dieu, et maître du monde car

  • Il a crée le fruit de la vigne
  • Il a crée toute chose pour sa gloire
  • Il a crée Adam
  • Il a fait Adam à sa ressemblance et le répare sans cesse
  • Il réjouit la femme stérile et rassemble ses enfants dans la joie, il réjouit Sion par ses enfants
  • Il réjouit le fiancé et la fiancée
  • Il a crée la joie, et qu'on entende la joie dans les rues de Jérusalem, il réjouit le fiancé avec la fiancée.

A chaque bénédiction, l'assemblée, ou le choeur, ou le choeur et l'assemblée dit "Amen" participant ainsi à la bénédiction des jeunes épousés.

Alors, les fiancés boivent la coupe de vin... enfin une partie de la coupe seulement.

Le fiancé  est invité à passer la bague à l'index droit de sa belle,  sous l'œil vigilant des deux témoins et de toute l'assemblée, en disant "Par cet anneau tu m'es consacré". C'est en acceptant l'anneau que la jeune fille donne son consentement au mariage.  Et l'assemblée dit "Mekoudéchet ! " ce qui signifie consacrée, mariée !
La bague peut être en or, ou en toc, elle représente l'argent, "Kessef", une des trois manières de se marier décrite dans le talmud.

Les communautés moins «orthodoxes», et plus à l'écoute du droit des femmes, ont institué un échange d'alliance, la jeune mariée offre une alliance à son homme en disant cette phrase issue du cantique des cantiques : "mon fiancé est à moi, et je suis à lui".

L'assemblée assiste ensuite à la lecture de la Ketouba, l'acte où le jeune marié s'engage à nourir à habiller et à honorer son épouse, de nos jours, le fiancé signe le document, et l'offre à son épouse. En l'acceptant, la jeune mariée donne son consentement une seconde fois, c'est la seconde façon de se marier selon le talmud.

A l'issu de la cérémonie, le marié brise un verre et l'assemblée exprime alors sa joie et ses vœux de bonheur en souhaitant « mazal tov ! » (Bonne étoile : Que la chance vous accompagne !).

La coutume de briser un verre est d'origine talmudique. il est nécessaire de toujours tempérer sa joie. S'y abandonner totalement, alors même qu'on est au sommet de sa joie serait considéré comme une attitude égoïste, indifférente envers la détresse des autres. Le verre brisé évoque également la destruction du Temple de Jérusalem et le caractère inachevé du monde dans lequel il reste à œuvrer pour le rendre meilleur. Il évoque enfin la fin de la vie de célibataire, on ne retournera pas à l'enfance, on a coulé son navire, une nouvelle vie commence.

Enfin, alors que l'assistance se disperse en général vers un buffet bien garni, les jeunes mariés s'isolent un bon moment, on leur sert à l'occasion une collation, car ils n'ont pas mangé depuis la veille.  Cet isolement leur permet de faire la bête à deux dos, on considère que lorsqu'un jeune homme et une jeune fille s'isolent, ils en profite pour prendre du bon temps, c'est une présomption irréfragable selon le talmud. Donc, par l'acte sexuel ainsi présumé les jeunes gens sont mariés. La troisième façon de sa marier est également réalisée.

En un jour, les jeunes gens se sont mariés trois fois   !,

Alors que la fête commence   !   ! 

Michel Lévy

 

Voir ici des articles qui m'ont inspiré, et qui pourront expliciter certains points. .

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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