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Le mariage
Revue de lecture


Mercredi, 21-Mar-2018
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L'âme-soeur prédestinée et l'âme-soeur que l'on épouse.
LE ZIVOUG

 

 

Apparemment, il y a une contradiction entre ce qui est écrit dans les Pirkei Abot (les Maximes de nos Pères) : à savoir 40 jours avant la naissance d'un garçon, une voix Céleste proclame dans le ciel: 'La fille de Untel est destinée à tel garçon (prédestination) et ce qui est mentionné, dans les textes sacrés: Le Ciel dans sa Providence occupe son temps à former les couples: a tel conjoint, il attribue en fonction de ses actes,  telle conjointe

http://se-marier.org/zivoug-couple-premier-second-ame-soeur/


par Rabi.REUBEN | sept 3, 2014 |

LE COUPLE ou l'âme-soeur:  LE ZIVOUG 

 

La réunion des âmes-'soeurs' (la formation des couples) dans la Torah
Le mariage dans le langage courant c'est la réunion de deux âmes-soeurs de deux moitiés d'une même âme.
Cette idée est exprimée dans la Torah : les commentateurs expliquent qu'au départ, en premier lieu, D… créa un être unique un premier Homme et une première Femme réunis, c'est-à-dire formant une seule et même chair.
Mais D… vit la nécessité de séparer la Femme de l'Homme il prit une cote  de l'Etre Unique et en fit une Femme. C'est pour cela que revient à l'Homme le devoir de rechercher sa moitié séparée de lui. Toute l'essence de l'âme-soeur est ici.
Le Rav Nathan SHAFIR explique dans son remarquable ouvrage Le Chiddoukh (la rencontre organisée entre un jeune homme et une jeune fille susceptibles de se convenir, et de fonder une famille juive) que l'Homme la Femme naissent donc séparés l'un de l'autre, et ils ressentent alors le besoin de se retrouver.
Le mariage est, dès lors, le moyen de pouvoir faire revivre ce lien: cette proximité qui existait lors de la Création, entre l'Homme et la Femme, chacun des deux partenaires, retrouvant la partie manquante de son être.
Voir à cet effet le cours de Rav Yehia BENCHETRIT sur le Choix du Partenaire dans le mariage :

LE ZIVOUG (LE COUPLE) ET LE SERVICE DIVIN

Le RaMHaL le Rav Moche Haim Lussato écrit dans son livre מסילת ישרים    traduit en français sous le titre le sentier de rectitude que la Vie est donnée à l'Homme pour l'accomplissement des Commandements religieux et le dépassement des épreuves.
Il y a 613 commandements dans la Torah : le premier d'entre eux c'est le devoir de procréer, puisqu'il est écrit dans la Genèse, dans la première section sabbatique : Croissez et Multipliez.
Mais la procréation n'est pas la seule raison d'être du Couple. Le couple doit être aussi un des lieux privilégiés de la résidence Divine (Traite de Sota dans le Talmud Babli a la page 13a)

Nous voyons cela, à travers l'orthographe du mot Homme en Hébreu  איש (iche) et l'Orthographe du mot Femme en Hébreu אשה. (Icha)
Lorsque l'Homme et la Femme assume pleinement leur rôle, tel que prévu lors de la création du Monde alors D… est présent dans le Couple et cela est représenté par la lettre י de איש et par la lettre ה de אשה.
En effet la réunion de ces deux lettres spécifiques י  et ה  constitue le début du Tétragramme l'un des Noms de D…, la présence de ces deux lettres dans le genre des deux conjoints signifie donc la présence de D… dans le couple qui constitue alors un sanctuaire.
Inversement, la suppression des lettres  י  dans le mot איש  qui signifie Homme,  ou la suppression du ה  dans le mot אשה  Femme, ne laisserait dans chacun de ces deux noms communs (homme et femme) que les deux autres lettres à savoir אש qui signifie le feu. (Prononcer "èche")
En d'autres termes dans la vie juive.  C'est la présence Divine, provoquée  par l'accomplissement des commandements, qui préserve le couple du feu (de la désintégration)

LES CONNAISSANCES DE BASE SUR LE MARIAGE

Et D… créa la femme Ezer Kenegdo  עזר כנגדו   en traduction littéral une aide contre lui. Les Commentateurs objectent:
Si c'est une aide réelle serait-ce possible qu'elle soit contre lui ?
Réponse si  l'homme est méritant (s'il remplit ses obligations vis-à-vis de D… et vis a vis des Hommes Oui sa femme sera une aide, à contrario si l'Homme n'est pas méritant, cette aide sera contre lui.

Un autre aspect des choses est mis en relief dans la section sabbatique dénommée Parachat Ki Tavo.
Le texte parle de la remise d'un guet : Un acte écrit de divorce, quand l'homme veut se séparer de sa femme. Les commentateurs expliquent que le mariage doit correspondre à un minimum d'Idéal commun, conformément à la norme communément admise dans la Torah, pour pouvoir perdurer.
Le divorce est souvent le cas, sans pour autant être le cas exclusif, des mariages  fait en dehors de la communauté.
Il y a dans le traite de Kiddouchine (sanctification du mariage) une Michna qui dit qu'il y a 10 degrés de rang social dans la communauté les Cohanim (Cohen au pluriel) les Levy les Israël, les Guerim (Les convertis) etc etc Tout le monde ne peut pas se marier avec tout le monde: ainsi un Cohen se mariera avec une cohenette, de préférence, ou avec une jeune fille d'Israël, il pourra se marier avec une veuve, mais ne pourra pas se marier avec une divorcée.

  LA CONNAISSANCE DE SOI AVANT TOUTE CHOSE


        Le mariage est le don de soi avant toute chose. Particularité de l'hébreu le mot donner se dit NaTaN,  et en écriture h'asserah (c'est-à-dire manquante [ sans voyelles]) s'écrit נ ת ן :    notez bien que נ  et ן  sont la même lettre à savoir le  נ c'est le N écrit en début ou en milieu de mot et le ן  c'est le N Final.
Par conséquent le fait que נתן NaTaN s'écrive ainsi,  il peut être lu de gauche à droite, comme de droite à gauche : Ce qui veut dire qu'on ne reçoit que ce que l'on donne et que l'on ne donne que ce que l'on reçoit.
Avec sincérité et intensité: sans compter !  Le conjoint doit donner le meilleur de lui-même pour la construction du Lien, du Couple qui doit durer toute la Vie. ....

  C'est le Ciel qui organise la formation des Couples :


       Il est écrit dans la Torah que l'une des fonctions principales du Créateur, c'est d'organiser la formation des couples  מזווג זיווגים.
Or nous voyons que dans Pirkei Avot 'les Maximes de nos Pères', une autre idée qui est mentionnée, celle de la voix Celeste qui 40 jours avant la naissance d'un garçon proclame dans le Ciel, la fille de tel homme, sera l'épouse de ce garçon. (prédestination, pas de libre arbitre)

  1.  LE ZIVOUG RICHONE (le Couple Initialement prévu ou l'âme-soeur)

Le Zivoug Richone, correspond aux couples dont chacun des conjoints regarde son partenaire comme l'âme-sœur, ce sont des couples dont l'entente est parfaite naturellement : tout se déroule naturellement dans l'harmonie : on dit que les deux conjoints ont chacun une âme respective qui prend sa source au même endroit (nechamata mi choreche nichmato)

  •  LE ZIVOUG CHENI (LE COUPLE secondaire),

Celui qui va se réaliser, non pas comme initialement prévu (…..la voix Celeste qui 40 jours avant la naissance etc. … )  mais qui va nécessiter une Intervention Divine pour rapprocher un jeune homme et une jeune fille qui présentent tous les deux le même degré d'accomplissement dans leurs actes et le même degré d'élévation morale.

À partir de là, commencera le travail d'adaptation des conjoints, l'un vis à vis de l'autre : un couple ne se crée pas en un jour, en un mois ou en un an, mais durant toute une Vie…

Apparemment, il y aurait une contradiction entre le Zivoug Richone (le Couple Initialement prévu) et le Zivoug Cheni (Le couple secondaire)
Non, il n'y a pas de contradiction:  le Zivoug Richone le couple initialement prévu est celui qui va correspondre au cas du jeune homme et de la jeune fille dont la ligne de conduite aura été depuis leur plus tendre enfance, et jusqu'au jour de leur mariage, celle prévue dans le plan divin,en quelque sorte le parcours sans faute !  
le Zivoug Cheni ( Le Couple secondaire), c'est le couple qui se constitue par un jeune homme et par une jeune fille dont la ligne de conduite, n'est pas été tout à fait, celle prévue initialement dans le plan divin, mais plutôt une ligne de conduite, un tant soit peu spontanée, qui s'est écartée a un moment ou à un autre de celle préconisée initialement, par le plan Divin.
La prise de conscience, du jeune homme ou de la jeune fille, va les amener à corriger ou à ne pas corriger leurs actions, à s'élever ou à ne pas s'élever spirituellement. C'est le C.iel qui organise la formation des couples, le jeune homme/la jeune fille  recevra pour conjoint celle/celui  qui correspondra à son degré d'accomplissement dans ses actions, et à son degré d'élévation spirituelle, au moment où il/elle va se marier.
C'est cela que l'on appelle le Zivoug Cheni (le Couple Secondaire).

 DÉFINISSEZ-VOUS, VOUS

 

           

Une aide contre Adam

Claude Riveline, extrait de : http://www.riveline.net/amour-tradition-juive.pdf

... Cette autonomie s'exprime dès l'apparition du couple dans le récit biblique. Eve est désignée par le Créateur et par Adam lui-même par une curieuse expression hébraïque : «ézère ke-negdo» , qui signifie mot-à-mot : «une aide comme son adversaire» : l'idée d'antagonisme, de résistance est donc présente dans l'essence du couple amoureux. La racine «négued» comporte même l'idée d'une équivalence entre les adversaires (elle figure en hébreu moderne dans l'annonce d'un affrontement sportif).

Les commentateurs traditionnels, comme toujours, ont diversement interprété cette expression.
* Certains y voient une admonestation à l'intention de l'époux : si tu le mérites, elle sera une aide, sinon elle sera une adversaire.
* D'autres y voient une indication psychologique, mettant l'accent sur l'irrémédiable différence de perception entre les conjoints, et l'enrichissement que ce contraste peut apporter au mari : «C'est parce qu'elle est une adversaire qu'elle est une aide, car elle te contraint à réfléchir».

Sur ce registre, des auteurs anciens ont attribué à Adam seul le fameux péché d'Eve consommant le fruit défendu à l'instigation du serpent ; la cause en est qu'il a sous-estimé son intelligence et son jugement. Voici pourquoi.
Cette explication procède de la remarque qu'Eve n'était pas née lorsque le Créateur a interdit à Adam de manger le fruit de l'arbre de la connaissance du bien et du mal. Elle n'a donc été instruite de cet interdit que par Adam.
Or, on observe que dans son discours séducteur, le serpent ne mentionne que l'interdiction de manger le fruit alors que, dans sa réponse, Eve mentionne l'interdiction d'y toucher. Le serpent eut beau jeu de lui dire : «touche et tu verras , il ne t'arrivera rien; tu peux donc aussi bien en manger».

Selon cette lecture, c'est Adam, de sa propre initiative, qui a fait croire à Eve que toucher aussi était défendu, afin de l'éloigner du péché.

Fatale précaution ! L'homme a été puni d'avoir sous-estimé sa femme.

 

La sexualité, fondement du mariage juif

      

Note d'une conférence écoutée sur Akadem 
par Liliane Vana - docteur en sciences des religions

  • Cette conférence evoque le point de vue du judaïsme orthodoxe et non d'autres courants (libéraux ou autres).  Il s'agit du judaïsme rabbinique, car il existe plusieurs judaïsmes (Karaïte, Samaritain, Ethiopien etc... )
  • C'est une approche hallah'ique, c'est à dire en fonction de la loi.  

Lire chapitre 18-21 du Lévitique

La question de la sexualité ne gêne pas le talmud 
Je ne parlerai que la loi, et non de la hagadah
Le judaïsme se base sur le traité "Kidouchine 2 a " du talmud, les conclusions sont reprises et résumées dans le choulh'ane Arouh' qui exprime où est la loi juive :


שו''ע אבן העזר כו' ד      האשה מתקדשת בשלשה דרכים בכסף או בשטר או בביאה מן התורה אבל חכמים אסרו לקדש בביאה משום פריצות ואם עבר וקידש בביאה מכין אותו מכת מרדות והיא מקודשת ואפילו קדשה בכסף או בשטר אם לא שידך תחלה או שקידש בשוק מכין אותו מכת מרדות והיא מקודשת


Choul'han Arou'h, section Even Haezer 26 4

Un mariage se contracte avec une femme de trois manières différentes:
- par de l'argent, כסף  kessef
- par un contrat écrit  בשט  Chatar
- ou par une relation sexuelle ביאה  Biha

C'est selon la Tora mais les sages ont interdit de tisser un lien marital par le biais d'une relation sexuelle pour cause de débauche.

       S'il a transgressé et a contracté un mariage par une relation sexuelle on le sanctionne par des coups mais elle est [tout de même] mariée. Et même s'il a contracté un mariage par de l'argent ou un contrat, s'il ne s'est pas entretenu avec elle auparavant ou que cela s'est passé au marché, on le sanctionne par des coups mais elle est mariée [à lui].


Relation sexuelle et mariage : « la femme est acquise par trois manières :

  • Le talmud dit que la femme est «Achetée» par l'argent, le document et la relation sexuelle

Le mot hébreu est « kona » qu'on traduit par achetée ou acquise, a d'autres sens.
Le verbe figure et au passif et au passif    Elle est acquise et elle acquiert 
Sur le plan technique, cela signifie l'acte légal qui établit un rapport patrimonial entre l'homme et la femme.
Quand nous parlons juridique, le vocabulaire n'a pas nécessairement le même sens dans la vie courante. Si je disais que la femme est achetée, dans le sens courant, cela signifierait que l'homme pourrait la revendre, ce qui n'est pas autorisé.
       Pour dire que le mariage est brisé, le talmud dit  :
«Kona  ett atsma»   היא קונה את עצמה Elle s'achète elle même elle acquiers sa propre personne. C'est donc un terme technique « le kinian » l'acte qui permet une relation patrimoniale entre un homme et une femme

  • Aujourd'hui, la cérémonie de mariage juif réuni en une seule et même cérémonie, les trois manières de contracter un mariage, ce n'était pas le cas au temps du talmud, à l'époque c'était au moins l'une des trois.
    Au fil des siècles ont les réuni en une seule cérémonie.
  • L'argent, de kessef, כסף , le douaire, la somme que donnait l'homme au père de la fille qu'il allait épouser.
    Avec le temps l'argent est donnée à la fille elle-même.
    Soit de l'argent soit des biens.
    Ce point est  important, à partir du moment ou le douaire est remis à la fille, les femmes ont des biens propres. Le douaire est un des éléments constitutif du mariage.
    En donnant de l'argent en en disant la  phrase traditionnel, l'homme est marié à la femme. Exemple, le mariage de Rebecca.
      Il n'existe pas d'exemple de cérémonie de mariage biblique. On ne sait même pas s'il y en avait une.
             Par contre pour le douaire, on en parle quand Eliezer est venu demander Rivka pour Isaac, il apporte des boucle d'oreille, des anneaux pour le nez et les oreilles. On considère que ces cadeaux sont le douaire, sans que le mot ne soit écrit. Autre exemple, Jacob   et Rah'el et Léa, il travaille sept ans pour avoir le douaire.
  • Le document :  C'est un acte, on l'appelle Ketouba כתובה contrat écrit qui constate le mariage. Les ketouboth anciennes, sont des contrats de type particulier, l'homme parle à la femme en prenant des engagements .
    La ketouba était signée exclusivement par les témoins avant le XX ième siècle.
    Les témoins constatent que l'homme va satisfaire les besoins alimentaires, vestimentaires et sexuelles de la femme.
    L'absence de relation sexuelle met en péril le couple.
    Sans relation sexuelle, le mariage n'a plus de sens et il convient de le dissoudre.
    L'obligation alimentaire et vestimentaire est la contre partie du travail de la femme.
    La femme peut refuser d'être nourrie et vêtue, et dans ce cas, elle est dispensée de certaines tâches domestiques.
    'Echet H'aïl c'est tout sauf une femme au foyer, qui voyage loin pour ramener de l'argent à la maison, elle fait les courses etc… c'est une femme moderne.
    C'est un document qui a une valeur financière, la Ketouba vaut sur le marché, et fait partie du patrimoine que se constitue la femme. (En plus du douaire). Il s'agit d'un document où l'homme dit à la femme qu'il lui donne une certaine somme, c'est une transformation du douaire.
    Il y a deux regards : On considère que l'appartion de la ketouba est suite à la défaillance financière du marié qui ne peut payer le douaire. Cette somme est réelle et doit être remise à la femme en cas de divorce ou de veuvage.  Cette somme aurait dû être remise avant le mariage.  Il a donc une valeur financière.
    Une femme peut vendre sa Ketouba.
  • Relation sexuelle 
    Il y a mariage par relation sexuelle, c'est d'origine toraïque. C'est la méthode la plus incontesté.
    Biha  la venue  pour désigner le rapport sexuel. Il est venu rendre visite, il s'agit d'une visite sexuelle. 
    La relation sexuelle non consentie génère-t-elle des conséquences ?

la relation sexuelle, est la seule qui est biblique pour tout le monde, une présomption suffit. Pour la loi, on est fondé de dire que s'ils ont passé une heure ensemble dans une chambre fermée, alors ils sont mariés.

Le mariage aujourd'hui

Dans le mariage actuel : כסף  kessef l'argent, c'est la bague
בשט  Chatar , le ducument, c'est la ketouba le contrat de mariage donné à la mariée.
Après la cérémonie officielle, on symbolise l'acte sexuel, ביאה  Biha. On isole les mariés, la porte fermée et il passent ensemble vingt minutes. Tout le monde sait qu'il ne s'est rien passe… mais la présomption est là.   

Kessef : La somme peut être minime, le mariage est valable, même si bague est du toc, si elle veut une perouta, le mariage est scellé, la femme peut dire qu'elle a été trompée.
Pour l'école de chamail  1 Dinar suffit, ou un objet qui vaut 1 dinar
Pour l'école de Hillel un perouta suffit.   Un dinar ce n'était pas grand-chose, et la perouta c'était encore huit fois moins.
À l'époque ancienne 2 témoins suffisaient, mais depuis belle lurette il faut un mynian
Un Petouta c'est 1/8 ième d'un dinar ou un équivalent. 
Ce ne sont pas des sommes significatives.

La fin du mariage

Kona et atsma. קונה את עצמה   Elle s'achète elle-même par le guett (lettre de répudiation) ou la mort du mari. Elle retrouve sa liberté. Elle peut se lier à un autre homme.
Il n'y a que ces deux manières pour une femme de rompre le lien matrimonial.

        La loi rabbinique est défavorable aux femmes, la femmes ne peut pas donner un guett.  Toutefois, s' il existe des annulations rétroactives du mariage. le tribunal ne peut pas donner le guett.

La femme peut être acquise par la biha (acte sexuel), mais elle se libère du lien avec le yavan avec le mariage avec le frère du défunt mari. La veuve, dans le talmud, doit se marier avec le frère du mari
Le Yavane et la Yevana sont automatiquement mari et femmedès qu'ils ont couché ensemble.
Dans la procédure de rupture la femme peut se libérer avec le yavan soit en recevant la Halitsa  חליצה « déchaussement »  soit en devenant une seconde fois veuve ; La Halitsa, et une cérémonie humiliante, la femme crache sur son beau frère qui la refuse en mariage !.
Si le beau frère a une relation sexuelle avec la veuve de son frère, le lien du mariage sera définitivement scellé, il faudra à nouveau un guett pour les séparer.

La relation sexuelle est bonne pour l'âme et le corps. Mais elle est encadrée.
La preuve de la judaïté, c'était une enquête, et non des papiers, la tendance actuelle est récente. Je n'ai pas besoin de ketouba pour prouver la judaïcité. Le papier est inutile, quand on a besoin du papier, c'est la fin du judaïsme. 
Si les gens vivent ensemble, leurs enfants sont considérés comme légitimes, même sans mariage. La relation sexuelle prévaut sur les autres modes de mariage.


 

  Le terme Kidouchin : « des consécrations en mariage » vient du verbe Kideich : « consacrer, ‎marier » ; le Talmud Kidouchin explique « quand un homme prend ‎sa femme » (Dt 22, 13). Par le mariage la femme est consacrée, sanctifiée/ particularisée pour son mari, elle est rendue ‎interdite à tout autre, à la manière d'un bien voué au temple.
 

Qu'est-ce qu'un couple juif ?

David BiALE dans la revue Tenoua

http://tenoua.org/couple-ideal-et-ideal-du-couple/

CLICHÉS ET APPROXIMATIONS sur l'idée du couple sont fréquents dans la population juive. David Biale nous aide à interroger ces concepts. L'amour romantique a-t-il une place dans la tradition juive? Le judaïsme s'oppose-t-il réellement à l'ascèse sexuelle? Les mariages mixtes et les mariages homosexuels constituent-ils les nouveaux défis du judaïsme contemporain?

Comment définiriez-vous le « couple idéal » dans la tradition juive?

La tradition juive a une idée très rigide du couple idéal. Les trois valeurs qui président à la formation d'un couple traditionnel sont le yikhous (la lignée), l'étude (pour l'homme) et la richesse (principalement du côté de la femme).
Donc les qualités recherchées aujourd'hui concernant l'amour romantique sont complètement absentes de l'idéal traditionnel du mariage.

Cependant, à côté de ces valeurs rigides, il y a eu aussi, et depuis bien avant l'époque moderne, des idéaux que je qualifierais d'« idéaux populaires » concernant l'amour romantique. Cela se reflète parfois à travers les cas rapportés par les Teshouvot, (la littérature légale), qui montrent comment, dans la réalité, les gens font toutes sortes de choses qui ne coïncident pas nécessairement avec l'idéal social du mariage : en fait, les gens recherchent bien quelque chose qui ressemble à « l'amour » dans le mariage.

Pensez-vous que les critères de famille, d'étude et de richesse influencent toujours, d'une façon ou d'une autre, la vision juive moderne du couple? Sont-ils toujours pertinents pour les juifs d'aujourd'hui ou pour une partie d'entre eux ?

Assurément, ces critères font sens dans le monde orthodoxe, quoi que ce monde orthodoxe ne soit pas monolithique – même parmi ceux que l'on appelle les Haredim, il y a des variations majeures entre les différents groupes.
Dans certains cas, les futurs mariés ne se rencontrent qu'une seule fois avant leur union, (Hassidim de Gour), dans d'autres ils se voient un peu plus. Mais ils ont une idée bien définie de ce qu'ils recherchent, à commencer bien sûr par ces trois critères, mais pas uniquement : il existe aussi un idéal de compatibilité, qui veut que ces deux personnes doivent ressentir intimement qu'ils ont quelque chose en commun.
Cela me laisse à penser qu'il existe, même dans ce monde orthodoxe, une valeur supplémentaire que l'on pourrait appeler mariage d'amitié, un mariage dans lequel le conjoint est un compagnon, un partenaire, aussi bien émotionnellement que psychologiquement.
Je crois que cet idéal de compatibilité est présent depuis toujours.

Dans vos livres, vous décrivez une tension entre l'ascèse et la vie maritale dans le judaïsme. Comment une certaine attirance pour une forme d'ascétisme peut-elle être conciliée avec l'idéal d'une vie de couple ?

Il existe une idée reçue qui prétend que les chrétiens tendent vers un idéal ascétique, contrairement aux juifs. C'est absolument faux : il existe aussi une tendance forte à l'ascétisme dans le judaïsme rabbinique, que l'on peut faire remonter jusqu'au Talmud.

Le problème alors est que tous les hommes juifs sont censés se marier – on pourrait dire « également toutes les femmes » mais la prescription de procréation s'impose aux hommes. Dès lors, comment fait celui qui porte un idéal ascétique pour se réaliser dans le mariage ? Cette tension se poursuit à l'époque moderne. Le mouvement hassidique exprime, d'une certaine façon, deux pensées opposées sur ce point.

D'un côté, on trouve les enseignements attribués au Baal Shem Tov, qui célèbrent le corps. De l'autre, on entend aussi, dans le hassidisme ancien, les voix de l'ascétisme qui perdurent au XIXe siècle, au XXe siècle, et même aujourd'hui.

Certains groupes hassidiques ne sont pas spécialement ascétiques et n'ont pas de problème avec les plaisirs du corps, tandis que d'autres tendances montrent une obsession de la tsniout (la pudeur), particulièrement dans le hassidisme polonais de Menachem Mendel de Kotzk et dans le hassidisme de Gour. Un ancien rebbe de Gour, Yisral Alter, a développé les « règles de la kedousha [sainteté] » qui limitent les relations sexuelles au sein du couple à une par mois.

Plus récemment, le chef du service éducatif de Gour a émis une règle qui proscrit jusqu'à la simple poignée de mains entre hommes. Ce groupe-ci, par exemple, est extrêmement ascétique, et sans doute plus qu'il ne l'était au XIXe siècle.

On a souvent tendance à voir la question des couples mixtes comme un problème contemporain, mais vous écrivez qu'en réalité, c'est une question très ancienne.

Assurément, le mariage mixte est une longue histoire. La Bible est pleine d'exemples de couples mixtes, loin d'être toujours considérées de façon négative par les commentateurs : Joseph épouse une Égyptienne, et la Bible n'y trouve rien à redire.

Et il y a bien d'autres histoires qui suggèrent que l'Israël ancien était de facto très mélangé aux populations qui l'environnaient. L'arrière- grand-mère du Roi David était une Moabite. Bien sûr, ce que décrit le Livre de Ruth est une sorte d'exception qui confirme la règle, mais on trouve d'autres cas moins exceptionnels qui permettent de penser qu'à l'époque biblique, au moins jusqu'au VIIe siècle, ce que nous appelons aujourd'hui mariage mixte était fréquent. Ce n'est qu'avec le livre du Deutéronome que naît un interdit absolu sur ce type de mariages. Mais nous savons qu'il y en eut également à l'époque du Second Temple.

Au Moyen Âge, cela devient plus incertain, nous n'avons pas réellement autant de preuves directes. Assurément, les mariages mixtes étaient alors interdits, mais cela ne signifie pas pour autant qu'il n'y en avait pas : la génétique dit le contraire.
Il apparaît ainsi que le fondateur de la lignée de Lévites ashkénazes n'était pas juif et venait de quelque part dans le sud-est de l'Europe. Il a probablement épousé une femme issue d'une lignée de Lévites. Donc la génétique indique cette mixité, de même qu'elle montre aussi chez tous les juifs une forme de communauté génétique.

Autrement dit, les juifs sont bien génétiquement liés les uns aux autres, mais leur génome inclus également d'autres peuples. À la période moderne, le taux de mariage mixte reste relativement bas à travers le xxe siècle et ne commence à monter que dans les années soixante pour atteindre 50 % dans les années quatrevingt- dix – les dernières études parlent de 60 % aujourd'hui. Manifestement, cela augmente et se normalise. Et plus le mariage mixte se normalise, plus est facilitée la possibilité d'inclure des éléments juifs dans le mariage lui-même et dans la vie du couple. Des études récentes montrent qu'un certain nombre de couples mixtes élève leurs enfants à la fois comme juifs et comme chrétiens ; cela devient une option, une possibilité qui n'a jamais existé auparavant, lorsque nul ne le verbalisait de la sorte, et cela devient bien plus naturel que par le passé.

En France, si la question des couples mixtes peut commencer à se poser dans les synagogues, celle des couples homosexuels demeure souvent taboue. Qu'en est-il aux États- Unis ?

En Californie où je vis, à l'exception des orthodoxes, les mouvements juifs dans leur ensemble ont été particulièrement proactifs dans le soutien au mariage homosexuel. Ici, les juifs ici ont tendance à être particulièrement progressistes et politiquement libéraux ; et même parmi ceux qui ne sont pas si libéraux, le mariage gay est désormais accepté. Il n'y a donc rien de surprenant à ce que les juifs aient été à l'avant-garde du combat pour l'égalité des droits.

 

Le sens profond des Chéva Berakhot
(sept bénédictions)

Les Sept Bénédictions de la cérémonie du mariage et des septs jours suivants

par Naftali Silberberg   habad

1) Le vin

בָּרוּךְ אַתָּה יְיָ אֱ-לֹהֵינוּ מֶלֶךְ הָעוֹלָם, בּוֹרֵא פְּרִי הַגָּפֶן.

Béni sois-tu, Éternel notre D.ieu, Roi de l'univers, qui crée le fruit de la vigne.

Les sept bénédictions qui attirent des bénédictions divines pour l'ensemble de la vie conjugale du couple commencent par une bénédiction sur une coupe de vin.

Bien que chacun projette une certaine personnalité, le vin a la capacité de révéler la personne derrière la façade, les éléments cachés de cette personnalité. Après avoir bu un verre de vin, les gens ont tendance à révéler leur personnalité sous-jacente, pour le meilleur ou pour le pire. Voilà une métaphore bien appropriée au mariage, lorsque deux âmes sœurs sont chacune résolue à accepter l'autre sans conditions ; non seulement la personnalité projetée par l'autre, mais aussi les éléments cachés et inconscients de son conjoint.

En outre, le vin réjouit le cœur.1 Mais pour produire cette boisson réjouissante, un raisin doit être écrasé. La vie conjugale est pleine de moments écrasants, la clé étant de surmonter ensemble les difficultés, ce qui conduit à de nouveaux niveaux d'amour et de bonheur.

2) Le but

בָּרוּךְ אַתָּה יְיָ אֱ-לֹהֵינוּ מֶלֶךְ הָעוֹלָם, שֶׁהַכֹּל בָּרָא לִכְבוֹדוֹ.

Béni sois-tu, Éternel notre D.ieu, Roi de l'univers, qui a créé toutes choses pour sa gloire.

Le couple déclare que leur mariage a un objectif plus élevé que la satisfaction de leurs propres besoins et désirs

Le mariage est l'accomplissement de nombreux besoins humains fondamentaux. Il satisfait l'attraction naturelle que les hommes et les femmes éprouvent les uns pour les autres et confère un sentiment de stabilité. Il crée également un environnement approprié pour avoir et élever des enfants.

À ce stade, le couple déclare que leur mariage a de fait un objectif plus élevé que le but de satisfaire leurs propres besoins et désirs. « Tout a été créé pour la gloire de D.ieu », et cet événement ne fait pas exception à la règle.

« Tout a été créé pour la gloire de D.ieu», y compris – ou peut-être surtout – la maison juive. Le judaïsme ne prône pas une séparation des pouvoirs où D.ieu et la spiritualité seraient relégués à la synagogue et où la maison serait le domaine des ambitions, des loisirs et des priorités personnelles. Cette bénédiction est l'expression de l'intention du couple d'établir un foyer juif fondé sur des valeurs spirituelles. Une maison dont le but sera d'être un bastion de lumière, de Torah et de mitsvot : une maison consacrée à la gloire de D.ieu.

3) L'homme

בָּרוּךְ אַתָּה יְיָ אֱ-לֹהֵינוּ מֶלֶךְ הָעוֹלָם, יוֹצֵר הָאָדָם.

Béni sois-tu, Éternel notre D.ieu, Roi de l'univers, Créateur de l'homme.

Cette bénédiction rend grâce à D.ieu pour la création de l'homme, Adam. Elle est associée à la suivante, qui rend grâce à D.ieu pour la création d'Ève, permettant ainsi la possibilité du mariage.

Cette bénédiction, cependant, possède aussi un sens profond qui lui est propre. Avant qu'Ève soit chirurgicalement extraite de la chair d'Adam, elle et Adam n'étaient qu'une seule entité, un être unifié. Spirituellement aussi, les âmes de chaque mari et femme étaient à l'origine une entité unique dans le Jardin d'Éden, avant d'être envoyées ici-bas pour habiter les corps respectifs d'un homme et d'une femme. La capacité à fusionner physiquement et émotionnellement un être masculin et un être féminin, de faire que deux deviennent un, découle de l'état d'unité originelle de leurs âmes. Cette bénédiction, qui fait allusion au moment où l'homme et la femme étaient encore une seule entité, est destinée à évoquer la connexion de leurs âmes dans le cadre de cette union physique.

4) La femme

בָּרוּךְ אַתָּה יְיָ אֱ-לֹהֵינוּ מֶלֶךְ הָעוֹלָם, אֲשֶׁר יָצַר אֶת הָאָדָם בְּצַלְמוֹ, בְּצֶלֶם דְּמוּת תַּבְנִיתוֹ, וְהִתְקִין לוֹ מִמֶּנּוּ בִּנְיַן עֲדֵי עַד: בָּרוּךְ אַתָּה יְיָ, יוֹצֵר הָאָדָם.

Béni sois-tu, Éternel notre D.ieu, Roi de l'univers, qui a créé l'homme à son image, à l'image de Sa ressemblance [Il a façonné] sa forme, et a préparé pour lui de son propre être un édifice éternel. Béni sois-tu, Éternel, Créateur de l'homme.

Cette bénédiction rend grâce à D.ieu pour l'excitation et le mystère créés en réunissant deux personnes aux tempéraments différents

Le Créateur ne s'est pas suffi d'un androgyne Adam/Ève. Au lieu de cela, il divisa l'entité d'origine en deux, puis « prépara pour Adam de son propre être un édifice éternel ». Cette bénédiction rend grâce à D.ieu pour la dynamique du mariage qu'Il a conçu en créant deux entités, pour l'excitation et le mystère créés en réunissant deux personnes avec des tempéraments, des manières d'être et des psychés différents. La bénédiction suivante présente l'avantage de ce type d'union.

5) Jérusalem

שׂוֹשׂ תָּשִׂישׂ וְתָגֵל הָעֲקָרָה, בְּקִבּוּץ בָּנֶיהָ לְתוֹכָהּ בְּשִׂמְחָה: בָּרוּךְ אַתָּה יְיָ, מְשַׂמֵּחַ צִיּוֹן בְּבָנֶיהָ.

Puisse la stérile [Jérusalem] se réjouir et être heureuse au rassemblement de ses enfants en son sein dans la joie. Béni sois-tu, Éternel, qui égaye Sion avec ses enfants.

Dans un sens simple, nous invoquons la mémoire de Jérusalem d'après la maxime2 : « Si je t'oublie jamais, Jérusalem, que ma droite me refuse son service ! Que ma langue s'attache à mon palais si je ne me souviens pas de toi ; si je ne penserai pas à Jérusalem lors de ma plus grande joie. »

En outre, après avoir exprimé l'intention du couple d'établir une maison dédiée à accroître la gloire de D.ieu et de permettre à la connexion de leurs âmes d'imprégner leur union, nous mentionnons le corollaire de leur engagement. Chaque foyer juif est un point de lumière éblouissante. Tous ces points de lumière se combinent pour chasser toutes les forces des ténèbres, ouvrant la voie à la Rédemption, lorsque Jérusalem se réjouira du rassemblement de ses enfants.

Sur le plan mystique, la référence à Jérusalem comme étant « stérile », suivie de la mention de ses enfants est une métaphore pour les différentes étapes de la relation d'un couple.

À l'origine, les deux étaient un, apparemment un état idéal. Et « ils » étaient stériles. Le potentiel d'avoir des enfants est seulement arrivé après qu'Ève fut séparée d'Adam. Notre capacité à produire et à accomplir est le résultat de notre aliénation et des luttes liées à l'effort d'imprégner deux opposés de leur unité sous-jacente cachée.

6) La joie

שַׂמַּח תְּשַׂמַּח רֵעִים הָאֲהוּבִים, כְּשַׂמֵּחֲךָ יְצִירְךָ בְּגַן עֵֽדֶן מִקֶּֽדֶם: בָּרוּךְ אַתָּה יְיָ, מְשַׂמֵּֽחַ חָתָן וְכַלָּה.

Accorde une joie abondante à ces amis aimants, comme Tu accordas la joie à Ton être créé dans le jardin d'Éden des origines. Béni sois-tu, Éternel, qui réjouit le marié et la mariée.

Un mariage juif crée un lien entre toutes les générations passées et toutes les générations futures

Les émotions ne peuvent pas être ressenties par les sens physiques, mais elles ont certainement un impact sur le comportement physique des gens et se retrouvent exprimées à travers celui-ci. Ce sont elles qui déterminent si les gens marchent d'un pas leste et enlevé ou misérablement courbés. Les émotions joyeuses sont exprimées par la danse ; une personne naturellement heureuse « danse de joie ».

Il existe deux sortes générales de danses, chacune exprimant un niveau de joie différent. Il y a la danse chorégraphiée qui se compose de différentes pas et mouvements. Tous les participants suivent un même rythme et leurs pas sont déterminés par les règles particulières à cette danse.

Et puis il y a la danse qui n'est pas du tout chorégraphiée. Lorsque le roi David amena pour la première fois l'Arche de l'Alliance à Jérusalem, il est décrit comme « sautant et dansant » joyeusement.3 La joie débridée qui le pénétrait à ce moment ne lui permettait pas de limiter ses mouvements aux pas orchestrés d'une danse donnée. Tout son être dansait et sautait.

Si les danses chorégraphiées sont aussi belles qu'agréables, et sont un élément de base de tous les mariages, la joie intense ressentie lors d'un mariage est exprimée dans les cercles de « danse libre » qui caractérisent les mariages juifs traditionnels.

Toute personne juive est une partie du grand corps juif, un corps qui comprend toute les âmes juives à travers les générations. Un mariage juif crée un lien entre toutes les générations passées et toutes les générations futures. Ainsi, chaque mariage juif est un événement historique et mémorable, non seulement pour le couple et leurs familles, mais aussi pour la communauté en général. Ceci est démontré par la participation de tous les invités dans la danse et le chant : chaque individu se ressentant à juste titre comme faisant intégralement partie de cette occasion mémorable.

7) La complétude et au-delà

בָּרוּךְ אַתָּה יְיָ אֱ-לֹהֵינוּ מֶלֶךְ הָעוֹלָם, אֲשֶׁר בָּרָא שָׂשׂוֹן וְשִׂמְחָה, חָתָן וְכַלָּה, גִּילָה רִנָּה דִּיצָה וְחֶדְוָה, אַהֲבָה וְאַחֲוָה שָׁלוֹם וְרֵעוּת, מְהֵרָה יְיָ אֱ-לֹהֵינוּ יִשָּׁמַע בְּעָרֵי יְהוּדָה וּבְחוּצוֹת יְרוּשָׁלָיִם, קוֹל שָׂשׂוֹן וְקוֹל שִׂמְחָה, קוֹל חָתָן וְקוֹל כַּלָּה, קוֹל מִצְהֲלוֹת חֲתָנִים מֵחֻפָּתָם, וּנְעָרִים מִמִּשְׁתֵּה נְגִינָתָם: בָּרוּךְ אַתָּה יְיָ, מְשַׂמֵּחַ חָתָן עִם הַכַּלָּה.

Béni sois-Tu, Éternel notre D.ieu, Roi de l'univers, qui a créé la joie et le bonheur, le marié et la mariée, la félicité, la jubilation, l'allégresse et le plaisir, l'amour et la fraternité, l'harmonie et l'amitié. Éternel notre D.ieu, que l'on entende rapidement dans les villes de Juda et dans les rues de Jérusalem le son de la joie et le son du bonheur, le son d'un jeune marié et le son d'une jeune mariée, le son de l'exultation des jeunes mariés de sous leur dais nuptial, et des jeunes gens de leurs joyeux banquets, béni sois-Tu, Éternel, qui réjouit le marié avec la mariée.

Cette bénédiction est caractérisée par deux nombres : dix et cinq.

La bénédiction emploie dix adjectifs pour décrire l'atmosphère qui, nous l'espérons, pénétrera le foyer des jeunes mariés : 1) Joie, 2) Bonheur, 3) Félicité, 4) Jubilation, 5) Allégresse, 6) Plaisir, 7) Amour, 8) Fraternité, 9) Harmonie, 10) Amitié.

Dix est un numéro complet. Le plan de la création est la Torah, dont l'essence est contenue dans les Dix Commandements. En conséquence, le monde a été créé avec dix blocs de construction : les dix attributs divins (sefirot) - qui se sont manifestés dans les Dix Paroles avec lesquelles D.ieu a créé le monde.4

La bénédiction de clôture des Chéva Berakhot souhaite à la mariée et au marié une vie de bonheur parfait. Un bonheur qui imprègne tous les aspects de leurs êtres.

Le nombre cinq représente le divin qui transcende totalement la création

Mais la complétude ne suffit pas. La bénédiction se poursuit avec l'énumération des cinq « sons » ; cinq étant un nombre qui symbolise la transcendance de la perfection.

Le monde a été formé en utilisant quatre éléments de base : le feu, l'air, l'eau et la terre. La création est subdivisée en quatre catégories : la race humaine, le joyau de la couronne de la création ; le règne animal ; le monde végétal ; toutes les créatures inanimées. La nature quadruple de la création se manifeste aussi dans de nombreux autres domaines, comme les quatre saisons et les quatre directions. Ce thème numérique est le résultat de la force qui maintient le monde : les quatre lettres du Tétragramme.5

Le numéro cinq représente le divin qui transcende totalement la création.6 L'âme juive est le reflet de cette idée, contenant quatre niveaux qui expriment sa propre identité, puis un cinquième niveau, la Yé'hida, qui est le noyau divin de l'âme.

Le mariage est lorsque les âmes de la mariée et du marié atteignent finalement la complétude – dix –et ensuite utilisent cet accomplissement comme un tremplin pour puiser dans l'essence divine de leurs âmes et du monde en général – cinq – qui est infiniment plus élevée que toute complétude que de simples créatures peuvent atteindre par leurs propres moyens.

NOTES
1. Psaumes 104,15.
2.  Psaumes 137, 5-6.
3. Samuel II 6,16.
4. Maximes de nos Pères 5:1.
5. Cela ne contredit pas l'affirmation précédente que dix est le nombre parfait. Selon la Kabbalah, les dix sefirot se répartissent en quatre divisions (voir Tanya, 3ème partie, ch. 5).
6.Le kots (point) qui dépasse du haut de la première lettre (le youd) du Tétragramme est une référence à ce niveau transcendant.

  Rabbin Rivon Krygier - mouvement Massorti (traditionnaliste)

Une description d'un mariage juif, pour mieux comprendre la cérémonie...

Sommaire  

Les hommes ont la coutume de porter un couvre-chef lors des cérémonies religieuses.
Une kippa (calotte) leur est proposée.

L'engagement du fiancé

Avant même la cérémonie, le rabbinfait signer au fiancé ou hatan les différents documents liés au contrat de mariage (la ketouba) en présence des témoins, et de la famille proche. À cette occasion, le hatansoulève un mouchoir tout en tenant la ketouba. Cet acte symbolique appelé kinyan constituait à l'époque talmudique une forme de signature visuelle devant témoins de l'approbation des conditions du contrat. Les documents qui engagent le hatan envers son épouse lui seront remis sous le dais nuptial. C'est la raison pour laquelle, elle n'a pas à le signer.

 L'approche des fiancés 

La cérémonie commence avec l'arrivée de la fiancée, appelée kala. Après quelques jours de séparation, les mariés vont se retrouver sous le dais nuptial ou houppa. Celui-ci symbolise le foyer où l'époux accueillera son épouse, comme ce fut le cas pour le premier couple humain, Adam et Eve, ainsi qu'il est écrit : 
« Et Dieu présenta la femme à Adam » (Genèse 2:22).
C'est jusqu'au seuil de la houppa que la kala est accompagnée par ses parents, avant qu'ils ne s'en séparent pour lui permettre d'engager sa nouvelle vie. Le hatan, vient l'y accueillir. Avant de l'inviter sous le dais, il s'assure de son identité en soulevant délicatement son voile. Cette coutume porte le nom de « bedecken* ». Elle fait référence à la mésaventure de Jacob : celui-ci, après sept années de labeur pour gagner la main de Rachel, s'aperçut un peu tard qu'il avait été uni à son insu à Léa, la sœur de sa promise... Plus fondamentalement, il s'agit d'aller à la rencontre « du visage de la fiancée », kabbalat panim, par l'accueil le plu personnalisé qui soit : celui de l'âme reflétée par le regard et le visage. Le hatan invite alors la kala à le rejoindre sous la houppa. Il est une coutume achkénaze qui veut que la kala tourne alors sept fois autour du hatan, pour marquer les différentes étapes spirituelles de l'approche et de l'union des âmes. 

 L'union des fiancés sous la houppa : kiddouchin

Une fois les mariés installés, le rabbin accueille les fiancés et appelle la bénédiction divine sur eux :
Que Celui qui est le Maître des bénédictions élevé au-dessus de tous bénisse le fiancé et la fiancée !

Le rabbin adresse son discours aux fiancés en présence de toute l'assemblée pour célébrer l'événement. Il récite ensuite la bénédiction sur le vin ainsi que la bénédiction nuptiale (Birkat ha-iroussin) qui correspondait jadis aux fiançailles :

  • Tu es source de bénédiction, Éternel notre Dieu, Souverain du monde, créateur du fruit de la vigne.
  • Tu es source de bénédiction, Éternel, notre Dieu, Souverain du monde, qui nous as sanctifiés par Tes commandements, as réglementé la sexualité (interdisant les unions illicites mais autorisant l'union conjugale), en proscrivant l'union à celle qui n'est encore que promise et en prescrivant l'union à celle avec qui l'on se marie sous un dais nuptial selon la loi. 
  • Tu es source de bénédiction, qui sanctifies Israël par le dais nuptial et la loi conjugale.
    Lors de la récitation des bénédictions, il est de coutume que l'assemblée dise « baroukh hou baroukh chemo » (Que Dieu et Son nom soient bénis) en entendant le nom de Dieu, puis « amèn » à la fin de chaque bénédiction. De la sorte, l'assemblée contribue elle-même à la bénédiction des mariés.

Les fiancés boivent ensuite à la coupe. Après quoi, le hatan est invité à passer la bague à l'index droit de la kala sous l'œil vigilant des deux témoins et de toute l'assemblée. Comme pour le kinyan, la remise de l'alliance est un acte symbolique qui scelle l'union juridique des époux. Juste avant d'accomplir ce geste, le fiancé s'adresse à sa fiancée en récitant la formule consacrée : 
« Par cet anneau, te voici accordée à moi, selon la loi de Moïse et d'Israël » 

L'assemblée s'exclame alors : « mekoudéchet ! », reconnaissant la consécration de la fiancée à son mari, appelée « kiddouchin ». L'index de la main droite est le doigt qui doit accueillir l'alliance car il a une fonction indicative et volontaire. En effet, c'est en acceptant volontairement l'anneau que la fiancée exprime son consentement à cette union, sans lequel le mariage ne saurait être valide.


 Lecture de la KETOUBA

La lecture de la Ketouba, le contrat de mariage, décline les devoirs de protection, de satisfaction et de respect du marié envers la mariée ainsi que la proclamation de l'inaliénabilité de ses biens personnels. Cet engagement instaure par réciprocité les devoirs de l'épouse envers son mari. Ce contrat est rédigé principalement en araméen. Le rabbin en fait un résumé en français :


En ce ... jour du mois de ... 57.., correspondant dans le calendrier civil au ..., ...ème jour du mois de ... de l'année ..., dans la ville de ..., en France, le fiancé ... fils de ... et de ..., de son nom hébraïque, ..., s'est engagé devant les témoins mentionnés dans la Ketouba à prendre pour épouse ... fille de ... et de ..., de son nom hébraïque, ..., selon la loi de Moïse et du peuple d'Israël, et selon les conditions édictées ci-dessous : 
Il s'engage publiquement à la servir, à la chérir et à satisfaire à tous ses besoins, conformément aux règles édictées par notre Tradition exigeant des maris juifs de se comporter envers leur épouse avec le dévouement et le respect les plus intègres. Les devoirs de l'épouse envers son mari s'instaurent en conséquence par réciprocité. La fiancée et le fiancé apporteront de part et d'autre les moyens de subsistance qu'ils mettront en commun pour l'édification de leur foyer, conformément à ce qui est énoncé dans la Ketouba
Si, à Dieu ne plaise, les liens de leur mariage devaient prendre fin, selon les lois du divorce édictées par notre Tradition, le fiancé, s'engage publiquement à respecter scrupuleusement tous ses engagements envers la fiancée. 
Que l'Éternel, Souverain de l'univers, qui a créé l'homme et la femme, à Son image, bénisse et réjouisse le fiancé, ..., et la fiancée, .... Que leur union soit, tout au long de leur vie commune, empreinte de joie et de bonheur, de liesse et d'allégresse, de chant, d'amitié et de fraternité, d'amour et de paix !

Le document est ensuite signé par le marié qui le remet solennellement à la mariée. 
Après la lecture, il est de coutume de procéder à une quête destinée aux nécessiteux. Les mariés veulent ainsi les associer à leur joie. Le mariage ne doit pas être une réjouissance égoïste oublieuse de la détresse des autres. Une autre coutume plus moderne est qu'ensuite la fiancée offre à son tour une alliance à son mari marquant ainsi la réciprocité de leurs liens. En tendant la bague, la fiancée récite un verset du Cantique des Cantique (6:3) : 
Je suis à mon bien-aimé et mon bien-aimé est à moi !

 Les sept bénédictions du mariage : Nissouïn

Le rabbin ou d'autres personnes associées récite les sept bénédictions ou chévâ berakhot. Il s'agit de bénir et de célébrer l'union effective des mariés devant Dieu et l'assemblée d'Israël. À l'époque talmudique, cette étape se produisait le plus souvent un an après l'engagement scellé par les kiddouchin. L'année était alors consacrée tant aux préparatifs de la seconde cérémonie qu'à l'édification du foyer conjugal. Les chévâ berakhot sont dites sur une seconde coupe de vin :

  • 1. Tu es source de bénédiction, Éternel notre Dieu, Souverain du monde, créateur du fruit de la vigne.
  • 2. Tu es source de bénédiction, Éternel, notre Dieu, Souverain du monde, qui as tout créé pour Ta propre gloire.
  • 3. Tu es source de bénédiction, Éternel, notre Dieu, qui formes l'homme.
  • 4. Tu es source de bénédiction, Éternel, notre Dieu, qui a formé l'homme à Ton image et à la ressemblance de Ton modèle en l'édifiant pour l'éternité. Tu es source de bénédiction, Toi qui crées l'homme.
  • 5. Que la femme qui était stérile se réjouisse et exulte lorsqu'elle verra sa progéniture enfin réunie autour d'elle dans l'allégresse. Tu es source de bénédiction, Toi qui combles Sion de bonheur par la présence de ses enfants.
  • 6. Réjouis ce couple qui s'aime comme Tu T'es Toi-même réjouis en créant le premier couple humain dans le jardin d'Eden. Tu es source de bénédiction, Toi qui réjouis le fiancée et la fiancée.
  • 7. Tu es source de bénédiction, Éternel notre Dieu, Souverain du monde, qui as créé la liesse et l'allégresse, le fiancé et la fiancée, l'éclat de la joie, l'amour et la fraternité, la paix et l'amitié. Ô Éternel notre Dieu, que bientôt dans les villes de Juda et dans les rues de Jérusalem, on entende à nouveau les voix de l'exaltation et de l'allégresse, les voix du fiancé et de la fiancée, les voix de la procession des mariés quittant le dais nuptial et celles des jeunes gens accompagnant la musique des festins. Tu es source de bénédiction, Toi qui célèbre l'union du fiancé et de la fiancée.


La coupe est à nouveau présentée au marié puis à la mariée, ainsi qu'à la famille proche qui tous en boivent. Pendant les sept jours de réjouissance qui prennent effet à partir du mariage, les chevâ berakhot seront récitées à tout repas festif incluant les mariés et au moins dix adultes juifs.

  Chevirot Koss

À l'issue de la cérémonie, il est de tradition d'évoquer le souvenir de Jérusalem. Il s'agit de s'inscrire dans le projet de la rédemption future qui verra la ville sainte reconstruite et le Temple rebâti en maison de prière pour toutes les Nations. Le fiancé, ainsi que la fiancée si elle le souhaite, récite un verset tiré des Psaumes (137:5-6) :
Si je t'oublie, Jérusalem, oublie ma main droite, que ma langue s'attache à mon palais, si je ne me souviens plus de toi, si je ne t'élève pas, Jérusalem, au sommet de ma joie !
Ensuite, le marié brise un verre et l'assemblée exprime alors sa joie et ses vœux de bonheur en souhaitant « mazal tov ! » (Bonne étoile : Que la chance vous accompagne !). La coutume de briser un verre est d'origine talmudique. La première raison de ce geste est qu'il est nécessaire de toujours tempérer sa joie. S'y abandonner totalement, alors même qu'on est au sommet de sa joie serait considéré comme une attitude égoïste, indifférente envers la détresse des autres. Le verre brisé évoque également la destruction du Temple de Jérusalem et le caractère inachevé du monde dans lequel il reste à œuvrer pour le rendre meilleur.

  Yihoud : Isolement du couple
Après la cérémonie du mariage, le couple s'isole quelques instants, le temps de se retrouver hors de l'agitation et de se remettre de ses émotions. Il s'agit en quelque sorte de concrétiser leur union du fait de se trouver ne situation d'intimité. Ne vous inquiétez pas, ils ne tarderont pas à rejoindre leurs invités pour commencer les festivités du repas nuptial .
Mazal tov !

 

 

Autres liens

Le mariage juif par Claude RIVELINE
Deux cérémonies distinctes : Erroussin et Nessouin - Contrat civil et entrée dans la vie commune-Plaisir du corps, joie sociale et bonheur métaphysique - Trois dimensions sanctifiées-Les affinités naturelles ne suffisent pas - La fabrication d'une nouvelle cellule humaine
http://www.akadem.org/sommaire/them...

http://manitou.over-blog.com/article-haye-sara-1995-2eme-partie-39147063.html